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Déclaration conjointe de la première ministre de l’Ontario et du premier ministre du Québec

Nous sommes à l’avant-plan de la lutte contre les changements climatiques et nous voulons que le Canada soit un chef de file en ce qui a trait à cet enjeu d’une importance capitale.

La semaine dernière, en présence de dirigeants et d’experts internationaux, dont Mme Christiana Figueres, secrétaire exécutive de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, nous avons participé au Sommet de Québec sur les changements climatiques où étaient représentés toutes les provinces et tous les territoires du Canada. Onze premiers ministres, représentant plus de 85 % de la population canadienne, ont fait une déclaration commune énonçant que « l’établissement du prix du carbone est une approche qui est adoptée par un nombre croissant de gouvernements » et que « le fait d’investir dans la lutte contre les changements climatiques, particulièrement dans des secteurs comme ceux des énergies renouvelables, de l’efficacité énergétique et de la production d’énergies plus propres, s’avère très prometteur pour un développement économique durable et la création d’emplois à long terme. »  

Clairement, la déclaration de jeudi dernier du premier ministre Stephen Harper voulant que les plans de réduction des émissions soient « conçus pour enrichir les gouvernements » ne reflète pas la déclaration faite lors du Sommet de Québec.

Partout au Canada et dans le monde, les gens s’inquiètent des changements climatiques. Ils se préoccupent des coûts associés à ces changements et de leurs effets négatifs sur l’environnement. Comme le mentionne la déclaration, le premier ministre devrait reconnaître que « les États arctiques comme le Canada sont particulièrement vulnérables aux effets des changements climatiques et touchés de manière disproportionnée par ceux-ci, et que l’adaptation doit servir de complément à d’importantes mesures destinées à atténuer les effets des changements climatiques sur les régions nordiques du Canada. »

Les changements climatiques ont déjà des conséquences néfastes sur l’environnement, causant des événements météorologiques extrêmes comme des inondations et des sécheresses, et nuisant à la capacité de production de denrées alimentaires dans certaines régions. À court terme, ces changements augmenteront le coût des aliments et des assurances, nuiront à la faune et à la nature, et rendront à la longue le monde inhospitalier pour nos enfants et nos petits-enfants.
Les gouvernements du Québec et de l’Ontario sont fiers des travaux qu’ils ont déjà entrepris pour lutter contre les changements climatiques. L’an dernier, l’Ontario a fermé définitivement ses centrales thermiques alimentées au charbon — la plus importante mesure individuelle jamais prise en Amérique du Nord pour réduire les émissions de GES. Au Québec, un marché du carbone (système de plafonnement et d’échange) est au centre de la stratégie de lutte contre les changements climatiques du gouvernement. L’an dernier, le Québec a lié son marché du carbone à celui de la Californie par l’intermédiaire de la Western Climate Initiative (WCI), créant ainsi le plus important marché du carbone régional en Amérique du Nord. Comme il a été annoncé la semaine dernière, l’Ontario mettra bientôt en œuvre un système de plafonnement et d’échange dans l’intention de lier ce système au marché du carbone conjoint du Québec et de la Californie, une fois que les mécanismes de compatibilité et de cohérence nécessaires auront été créés.

Cette initiative accroîtra la stabilité du marché du carbone, réduira les coûts de mise en œuvre du système et fournira une approche cohérente face aux  émetteurs de GHS du Québec et de l’Ontario qui représentent une grande part de l’économie canadienne. Le gouvernement de l’Ontario réinvestira les sommes recueillies grâce au système de plafonnement et d’échange de manière transparente dans des projets visant à réduire la pollution causée par les gaz à effet de serre et à aider les entreprises à demeurer concurrentielles. Le Québec a déjà réinvesti les revenus tirés du marché du carbone dans des initiatives visant à réduire davantage les émissions de GES et à aider les résidents de cette province à s’adapter aux effets des changements climatiques. Le Québec investira plus de 3,3 milliards de dollars dans la réalisation de cet objectif d’ici 2020, contribuant à la croissance de son économie.

Contrairement à ce que croit le premier ministre, une bonne politique environnementale est une bonne politique économique. Mais, à ce jour, la plupart des progrès réalisés par le Canada en matière de changements climatiques sont le résultat d’initiatives provinciales.
Lorsque le nouveau système de l’Ontario aura été mis en œuvre, plus de 75 pour cent de la population du Canada sera couverte par une forme quelconque de système d’établissement du prix du carbone, en Ontario, au Québec, en Colombie-Britannique et en Alberta.

Les plans de réduction des émissions sont très avantageux pour l’environnement, pour notre économie et pour les Canadiennes et les Canadiens. Nous profitons de l’occasion aujourd’hui, comme l’ont fait 11 premiers ministres la semaine dernière avec la déclaration de Québec, pour inviter le gouvernement fédéral à s’associer à nous « dans un effort concerté d’élaborer une contribution ambitieuse du Canada à la 21e session de la Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. » Faisons de réels progrès en matière de lutte contre les changements climatiques!

L’Ontario et le Québec représentent 62 pour cent de la population du Canada. Ensemble, nous formons la quatrième plus importante zone économique en Amérique du Nord, avec un produit national brut de plus de mille milliards de dollars. Lorsque nous travaillons ensemble, nous accomplissons de grandes choses.

Tout le monde tire parti des efforts déployés pour lutter contre les changements climatiques. Avec ou sans la collaboration du gouvernement fédéral, les dirigeants des provinces canadiennes, et l’association Ontario-Québec, continueront à transformer le pays — pour le mieux.

Kathleen Wynne est première ministre de l’Ontario et Philippe Couillard est premier ministre du Québec.

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Online as of: July 16, 2015


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