Gouvernement du Québec

Premier ministre

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Conférence #Can2020

La version prononcée fait foi.

Madame la Première Ministre Kathleen Wynne,

Distingués invités,

Mesdames, Messieurs,

C’est un plaisir pour moi d’être avec vous, ce matin.

C’est avec grand plaisir que je partage ce moment avec mon amie Kathleen Wynne. 

Depuis que Kathleen et moi avons été élus, les liens entre le Québec et l’Ontario se sont resserrés. 

Nous travaillons ensemble sur plusieurs dossiers et nous obtenons des résultats concrets.

Cela démontre que lorsque la région centrale du Canada se mobilise, notre population et de notre pays en ressortent plus forts.

***

Ma dernière visite à la Conférence remonte à 2011 : enjeux touchant la santé.

Le Québec a un rôle crucial à jouer au Canada, parce que les Québécoises et les Québécois ont contribué à fonder ce pays.

Depuis son élection, mon gouvernement s’est donné pour mission de redonner au Québec son rôle de partenaire et de leader au sein de la Fédération.

C’est en collaborant, en tissant des liens et en prenant part à des enjeux communs que le Québec a renouvelé son engagement avec le reste du pays. C’est une excellente nouvelle en soi. 

La démonstration de cet engagement renouvelé se retrouve également dans les résultats des dernières élections fédérales.

Quatre-vingts pour cent des électeurs québécois qui ont exercé leur droit de vote l’ont fait pour un parti pouvant former le gouvernement. À la suite de ces élections, les trois principaux partis fédéraux sont maintenant bien représentés au Québec. 
 
Un signe évident du désir de la population d’être à la table des décisions et de se réengager dans la Fédération.

Notre patrie : le Québec. Notre pays : le Canada. 

Être des Québécoises et des Québécois forts et fiers, c’est notre façon d’être canadiens. 

La question de la reconnaissance officielle du Québec ne disparaîtra pas. C’est en formant des alliances solides qu’il sera possible de la résoudre, et non en nous isolant et en étant absents de la table des discussions.

Citons, par exemple, notre alliance renouvelée avec l’Ontario, déjà riche en initiatives partagées et consolidée par des réunions communes des conseils des ministres. Je souhaite féliciter la première ministre Kathleen Wynne, qui a agi de main de maître dans ce dossier.

Nous créons des alliances avec nos partenaires tels que l’Ontario. 

Après tout, notre histoire a toujours fait de nous des alliés naturels :

  • Baldwin et Lafontaine, qui ont introduit un gouvernement responsable au Canada, en 1849;
  • Macdonald et Cartier, à la conférence de Québec, en 1864;
  • Le premier ministre Robert Bourassa et les premiers ministres Bill Davis et David Peterson;
  • Le premier ministre Jean Charest et le premier ministre Dalton McGuinty. 

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Le Québec a un rôle à jouer au Canada, et partout dans le monde. 

Comme le dit la doctrine Gérin-Lajoie, « pour nous, ce qui est de compétence québécoise chez nous (exclusive ou partagée) est de compétence québécoise partout ».

Ainsi, en plus de la langue, de la culture et du commerce, les changements climatiques représentent maintenant une part importante de notre action internationale. 

Au Québec, nous sommes choyés sur le plan géographique et nous disposons des ressources nécessaires pour agir concrètement : 

  • Nous avons l’eau (3 % des réserves mondiales en eau potable);
  • Nous sommes au 4e rang des producteurs d’hydroélectricité au monde, avec des installations de 40 000 mégawatts;
  • Nous produisons 99 % de notre électricité au moyen de sources renouvelables;
  • Notre taux d’émission gaz à effet de serre par personne est faible (9,6 t/hab./a);
  • Nous avons un marché du carbone, depuis 2007 : d'abord avec la Californie, et bientôt, avec l’Ontario, encore une fois, grâce à la vision et à la volonté politique de la première ministre Kathleen Wynne. C’est de loin l’un des plus grands marchés du carbone au monde, et certainement le lien le plus important entre des États fédérés de deux pays différents.

Nos objectifs sont clairs :

  • Nous avons déjà atteint les objectifs de Kyoto; nous les avons même dépassés;
  • Nous nous sommes engagés à réduire nos émissions de 20 %, d’ici 2020, et de 37,5 %, d’ici 2030.

À l’instar de l’Ontario, nous avons également signé le Protocole d’accord sur le leadership climatique mondial (Under 2 MOU) et nous nous sommes engagés à réduire nos émissions de gaz à effet de serre de 85 %, d’ici 2050, soit 2 t/hab./a.

Grâce au marché du carbone, les revenus de la vente d’unités d’émission de gaz à effet de serre auront généré plus de 3 milliards de dollars, en 2020. Nous avons déjà accumulé des centaines de millions de dollars dans notre Fonds vert.

Cet argent est réinvesti et continuera à l’être, en vue de construire une économie faible en carbone, grâce au financement de la transition vers des sources d’énergie propres, comme le gaz naturel liquéfié, ce qui atténuera les répercussions des changements climatiques ou favorisera les transports en commun, ou encore l’électrification des transports (45 % de nos émissions proviennent du secteur des transports). 

Le Québec forme des alliances pour lutter contre les changements climatiques.

En avril dernier, nous avons réuni tous les premiers et premières ministres à Québec, afin de discuter des façons de réduire notre empreinte carbone. Cette rencontre a été suivie d’une déclaration endossée par toutes les provinces et les territoires. Je propose que nous commencions notre collaboration sur les bases que nous offre cette déclaration historique.

Dans les faits, près de 70 % de la population canadienne vit ou vivra bientôt dans un État qui, par l’entremise d’un marché ou d’une taxe à revenu neutre, envoie un signal fort quant à la modulation du prix du carbone. Le Canada est à la fois un important producteur de pétrole et un chef de file en matière d’énergie renouvelable (au 3e rang en hydroélectricité) : voilà ce que devrait être notre message, à Paris. Permettez-moi de vous poser une question : Qui, dans le monde, en est conscient? Comment se fait-il que cette situation ne soit pas universellement reconnue et qu’elle ne fasse pas l’envie de tous?

Pour que nous soyons perçus comme un meneur en matière d’environnement et un acteur important dans le secteur de l’énergie, il est crucial de renouveler notre discours dans ce domaine. Commençons à nous considérer comme un concurrent de la Norvège plutôt que de l’Arabie saoudite!

Nous sommes membre à part entière du Climate Group; nous assurons la vice-présidence des États qui le composent et des alliances régionales, aux côtés de l’Ontario, de la Colombie-Britannique, du Vermont et d’autres partenaires.

Nous mettons également en place des initiatives visant à faciliter le changement, de concert avec l’Organisation internationale de la Francophonie.

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La Conférence de Paris est à nos portes.

Nous avons, tous et toutes, une responsabilité… le monde a une responsabilité, soit celle de réussir. 

Pour nous, pour nos enfants et nos petits-enfants.

Les États fédérés comme le Québec et l’Ontario agissent déjà et continueront à le faire avec leurs partenaires de la Fédération et, nous l'espérons… nous le sentons, avec le soutien du nouveau gouvernement du Canada.

Dans cette lutte pour préserver notre planète, les États fédérés ont des responsabilités propres qui leur incombent. Ils sont aux premières loges pour constater les impacts du changement climatique et disposent de la majorité des leviers pour agir.

Nous constatons avec plaisir que notre partenaire fédéral croit, tout comme nous, en l’importance d’agir devant les changements climatiques.

Des efforts communs, oui, mais en respectant nos propres initiatives actuelles et en bâtissant sur celles-ci, au lieu de tenter de reconstruire ce qui fonctionne déjà bien.

Nous sommes donc impatients de travailler ensemble, avant Paris, à Paris et dans les mois et les années à venir.

Les enjeux sont élevés pour tout le monde. Nous ne pouvons pas nous permettre d’échouer.

Nous avons la responsabilité de livrer des résultats non seulement pour nous-mêmes, mais également pour les prochaines générations et pour toute l’humanité.

C’est ce que nous ferons ensemble.


Mise en ligne : 20 novembre 2015


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