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Québec, le 10 juin 2015 Déclaration ministérielle du premier ministre du Québec, Philippe Couillard, à l'Assemblée nationale

La version prononcée fait foi.

M. le Président, cette déclaration revêt pour moi une importance toute particulière. Étant moi-même profondément attaché aux valeurs de respect, d'ouverture et d’égalité, je présente ce matin à l'Assemblée nationale l'ensemble des gestes que le gouvernement entend poser ou proposer afin de défendre et de promouvoir les droits et libertés fondamentales, le principe d’égalité entre les femmes et les hommes tout en assurant, parallèlement, la sécurité des Québécoises et des Québécois.

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M. le Président, nous avons tous en mémoire des événements tragiques récents, comme ceux de Saint-Jean-sur-Richelieu. Ces attentats, motivés par la haine, ont brisé irrémédiablement des vies et marqué notre histoire.

Face à la menace réelle de la radicalisation, de la violence, des discours haineux et du terrorisme, il faut savoir être vigilants, mais surtout unis. La crainte de l'autre, les stéréotypes et le rejet des différences n’ont jamais fait avancer la cause de la liberté et de la paix. Ces attitudes ont donné des armes nouvelles aux criminels qui veulent s'attaquer aux fondements mêmes de nos sociétés.

Notre défi est donc de mieux vivre ensemble et de rejeter, d’une seule voix, les atteintes aux valeurs de respect, d’ouverture et d’inclusion, des valeurs universelles qui sont aussi les nôtres.

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Le phénomène de la radicalisation est mondial, mais il est d’abord et avant tout un drame humain avec, aux premières loges, les familles et les proches. Ces derniers ont un rôle primordial à jouer, notamment pour reconnaître et détecter les premiers signes de radicalisation d’un des leurs.

À la suite des événements de l’automne dernier, j’avais mandaté la ministre de l'Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion, ainsi que la vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique pour élaborer des actions basées sur l'engagement communautaire, la prévention et la détection précoce des comportements à risque.

Elles présenteront ainsi le plan gouvernemental qui visera à:

  • Dresser un portrait des actions à poser, en collaboration avec les différents corps policiers, afin de mieux détecter, neutraliser et ultimement sanctionner celles et ceux qui veulent profiter de nos libertés pour mieux les détruire.
  • Faciliter l’accès à l’information et aux ressources pour les familles et les proches des gens sujets à se radicaliser.
  • Outiller davantage les intervenants du milieu scolaire, qui contribuent à faire de nos jeunes des adultes et des citoyens ouverts aux autres et sur le monde, pour qu’ils puissent perpétuer ces valeurs d’ouverture et d’inclusion.
  • Et, à mieux former les intervenants du milieu de la santé et des services sociaux, les policiers et les intervenants en milieu carcéral, pour les aider à détecter les personnes radicalisées ou à risque, et pour les aider à mieux intervenir auprès de ces dernières.

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Aussi, comme je l’ai affirmé à maintes reprises, notamment dans le cadre de nos travaux sur l’intimidation, le Québec ne peut accepter des comportements qui compromettent la sécurité et la dignité des personnes.

C’est ainsi que la ministre de la Justice présentera, si les membres de l’Assemblée acceptent d’en être saisis, un projet de loi qui visera à lutter contre les discours haineux et incitant à la violence. Il comportera des mesures afin de protéger les victimes et faciliter les interventions.

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Mieux vivre ensemble repose sur l’ouverture à l’autre, plutôt que sur le désir de l'effacer. Ainsi, nous souhaitons également présenter un projet de loi qui définirait et encadrerait le devoir de neutralité religieuse qui incombe à celles et ceux qui œuvrent au sein des organismes publics. Notre démarche ne vise pas à nier l’identité religieuse de ces personnes, mais bien de veiller à ce que dans le cadre de leurs fonctions nul ne soit favorisé ni défavorisé en raison de l'appartenance ou non à une religion.

De plus, le projet de loi proposera d’encadrer les décisions portant sur les accommodements, qui ne pourraient alors être accordés sans le respect strict du principe d’égalité entre les femmes et les hommes. Il indiquerait également qu'au Québec, les services publics doivent être donnés et être reçus à visage découvert.  

Finalement le projet de loi qui sera proposé n'affecterait en rien la protection du patrimoine culturel et religieux du Québec qui témoigne de son parcours historique.

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La diversité, au Québec comme ailleurs, devrait être considérée comme une richesse, et non pas comme une menace. Les dernières années nous auront toutefois appris que conjuguer une identité d'accueil forte avec une diversité à la fois croissante, nécessaire et bénéfique peut s’avérer être un grand, mais très noble défi.

Très noble parce qu’il n’y a, à mon sens, pas de plus bel hommage à notre démocratie qu’une société dont tous les membres s’unissent dans leur différence pour bâtir l’avenir.

En tant que premier ministre, c’est en puisant dans mes propres valeurs que je mettrai tout en œuvre afin que les Québécois, incluant celles et ceux qui sont venus d'ailleurs pour faire avancer le Québec avec nous, s’allient pour construire un monde meilleur, basé sur notre humanité partagée.

Je vous remercie.


Mise en ligne : 10 juin 2015


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