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Québec, le 4 juin 2015 Allocution du premier ministre du Québec, Philippe Couillard, à l'occasion de la XXIXe journée annuelle d’information des chefs de poste consulaire

La version prononcée fait foi.

Madame la Ministre des Relations internationales et de la Francophonie,
Madame la Doyenne du corps consulaire et Consule générale de Chine (ZHAO Jiangping),
Mesdames, Messieurs les Chefs de poste consulaire,
Mesdames, Messieurs les Consuls honoraires,
Chers amis,

C’est toujours un plaisir de rencontrer les membres du corps consulaire, d’abord parce que vous êtes des interlocuteurs informés et ensuite, bien évidemment, parce que vous représentez un lien direct avec nos principaux partenaires.

Les défis que le Québec doit relever sont similaires à ceux que partagent la plupart des sociétés d’Occident.

On peut notamment penser à :

  • la démographie;
  • la concurrence mondiale;
  • la productivité;
  • la dette du Québec – les sommes investies pour payer les intérêts sur la dette (11 G$ / année – 30 M$ / jour);
  • Un déficit appréhendé de plus de 7 milliards de dollars à notre arrivée au gouvernement il y a un peu plus d’un an.

Mon gouvernement s’est donc vu confier le mandat de corriger la situation pour préserver, à long terme, nos institutions et les choix fondamentaux qui font du Québec ce qu’il est.

Bref, de procéder à un virage historique.

***

Depuis un an, nous avons déposé deux budgets et une mise à jour économique avec l’objectif de créer un environnement propice et stable à la création d’emplois et à l’investissement.

Nous avons mis le cap sur la prospérité du Québec.

Nous avons récemment présenté notre Plan économique pour le Québec.

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Pour libérer l’énergie et le talent et faire en sorte que le Québec constitue un terreau qui favorise l’investissement et l’entrepreneuriat, nous misons notamment sur de grands projets : le Plan Nord et la Stratégie maritime.

Ces projets mettent en relief l’importance de nos relations internationales. Le succès du Plan Nord, que M. Robert Sauvé vient de vous décrire, dépendra de notre capacité à susciter des investissements et des partenariats internationaux.

Il en va de même de notre Stratégie maritime, qui permettra de faire du Québec la porte d’entrée internationale de l’est de l’Amérique du Nord.

Enfin, le Québec doit prendre part à la gouvernance mondiale par l’exercice de ses responsabilités, et c’est ce que nous faisons.

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La lutte contre les changements climatiques en est un exemple.

Les questions environnementales sont passées de la périphérie au centre des relations internationales.

Elles sont liées à la sécurité des États, aux relations Nord‑Sud, au système international d’exploitation des ressources, à la sécurité alimentaire, à la négociation des accords commerciaux, à la gouvernance mondiale.

Et s’agissant de diplomatie climatique, les États fédérés sont très actifs. Ils sont responsables des lois, politiques, stratégies, normes, programmes et mécanismes fiscaux dans les domaines qui influencent les niveaux d’émissions. Ils gèrent sur leur territoire l’essentiel des conséquences des crises possiblement liées au changement climatique.

C’est pourquoi il importe que la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques reconnaisse, explicitement et juridiquement, le rôle des États fédérés dans la lutte contre les changements climatiques.

En avril dernier, à mon initiative, les premiers ministres des provinces et territoires du Canada se sont réunis à Québec. Le Sommet de Québec s’inscrivait dans ce travail de mobilisation que nous avons entrepris dès notre élection, à la veille de ce très important rendez-vous de la Conférence des parties qui se tiendra à Paris en 2015.

  • Conseil de la fédération – participation du Québec aux travaux et ajout du volet changement climatique dans la stratégie canadienne de l’énergie sur laquelle les provinces travaillent – août 2014;
  • Climate week New York -  septembre 2014;
  • Visite du président de la République française au Québec – novembre 2014;
  • Conseil des ministres conjoint avec l’Ontario – ententes sur plusieurs sujets dont les changements climatiques – novembre 2014;
  • Participation du Québec à la conférence des Nations Unies à Lima;
  • Davos – discours à un atelier en compagnie d’Al Gore – janvier 2015;
  • 18e Rencontre alternée des premiers ministres (France-Québec) – mars 2015;
  • Adhésion de l’Ontario au marché du carbone – avril 2015 - Aujourd’hui, avec le Québec, l’Ontario et la Colombie-Britannique, plus de 70 % de la population canadienne donne très concrètement une valeur au carbone;
  • Fonds vert - 350 millions de dollars déjà déployés pour accompagner les entreprises dans leurs efforts pour réduire leur empreinte carbone. Ce soutien se poursuivra, puisque nous estimons qu’en 2020, ce sont 3 G$ qui auront été accumulés et investis;
  • Le Sommet de Québec  - avril 2015;
  • Visite en France – rencontre avec le gouvernement français (Tubiana) – mai 2015.

La lutte contre les changements climatiques est un élément de croissance économique. L’expertise québécoise dans plusieurs domaines peut et doit aider vos juridictions à s’adapter aux changements nécessaires que nous devons tous faire pour préserver notre planète.

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Qu’il s’agisse de nos grands projets, comme le Plan Nord et la Stratégie maritime, qu’il s’agisse de nos grands défis, comme les changements climatiques, le gouvernement est conscient que nos ambitions, comme État, ne sauraient se réaliser sans prendre appui sur le développement et le maintien de relations avec l’étranger.

Nous avançons aujourd’hui dans cette voie tracée depuis les années 1960 par la doctrine Gérin-Lajoie, tout en étant animés par un souci d’optimiser les investissements publics. Le repositionnement récent de notre diplomatie prend en compte les priorités du gouvernement, mais aussi une géographie mondiale qui change.

Ces changements se traduisent dans nos choix, qu’il s’agisse de missions ou du déploiement des postes du réseau.

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Par ailleurs, le Québec ne peut être actif sur la scène internationale sans assumer une responsabilité de solidarité.

Notre Programme québécois de développement international dispose d’un volet d’aide d’urgence qui permet d’appuyer des interventions d’urgence menées par des Organismes de coopération internationale capables de répondre à des besoins fondamentaux en contexte de catastrophe naturelle ou de crise humanitaire.

Ce volet de l’action du ministère des Relations internationales et de la Francophonie a notamment été mis à contribution à la suite du séisme survenu au Népal en avril, aux intempéries qui sont survenues à Madagascar en mars, et dans le cadre des efforts internationaux de lutte contre le virus Ebola en Afrique de l’Ouest l’automne dernier.

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J’ai, un peu plus tôt, évoqué le Plan Nord et la Stratégie maritime pour faire ressortir, concrètement, l’importance des relations que nous menons notamment avec les États que vous représentez.

Permettez-moi d’y revenir, d’autant que ces deux projets québécois se situent dans des contextes plus globaux.

Ainsi, le Plan Nord s’inscrit dans un intérêt international pour le Nord.

Outre que le Nord est une des dernières frontières, ses ressources, la technologie et, il faut bien l’admettre, les effets du changement climatique le rendent plus fréquenté.

Un Nord plus accessible. Un Nord universel. Un Nord qui est à la fois habitat, réserve écologique et lieu d’extraction de ressources.

Un espace où s’expriment de manière forte les enjeux climatiques. Un espace maritime qui ouvrira de nouvelles routes commerciales. Et un lieu de coopération et de compétition internationale. Le Nord, en somme, intègre l’économie mondiale et la géopolitique.

D’ailleurs, j’ai participé, il y a quelques mois, à l’Arctic Circle, en Islande, afin de faciliter les échanges entre les acteurs – multiples – concernés par les enjeux de la région arctique.

Qu’il s’agisse de commerce international, de changement climatique, de biodiversité, de sécurité énergétique, de santé et d’éducation des communautés qui y vivent, le Nord est un microcosme. S’y projettent les grandes préoccupations contemporaines, que dans certains cas il intensifie.

Tant dans les pays scandinaves qu’au Canada et au Québec, les effets des changements climatiques y sont plus manifestes, la gestion du risque plus complexe, les questions de main-d’œuvre, d’infrastructures, de logement et de transport, de santé et d’éducation, plus aigües. On trouve des cultures qu’il importe de protéger, et des populations qu’il importe d’associer au développement.

Les régions nordiques participent au vaste effort international d’inventaire de la biodiversité.

Enfin, c’est peut-être au Nord que se joue le climat, le dégel du pergélisol étant source de gaz à effet de serre, tout autant que la capacité de stockage de carbone de la forêt boréale est un mécanisme de régulation du climat.

Le Nord est un formidable objet de recherche qui requiert une importante collaboration internationale, et le Québec entend être à l’avant-garde sur ce plan.

Un réseau d’institutions québécoises a créé l’Institut nordique du Québec, qui rassemble des équipes des sciences sociales, naturelles, de la santé et du génie. C’est ainsi que nous voulons faire du Québec le centre de la recherche nordique pour l’Amérique du Nord.

Qu’il s’agisse du Nord ou du fleuve Saint-Laurent, le Québec n’a pas suffisamment misé, jusqu’à présent, sur les atouts que lui confère la géographie. Car le Saint-Laurent offre une entrée vers le cœur industriel du continent nord-américain.

Aussi, mon gouvernement publiera sous peu une Stratégie maritime, la première de l’histoire du Québec. Une approche intégrée de l’activité économique liée au littoral et aux milieux fluvial et marin.

Cette stratégie nous fera mieux tirer parti d’un commerce mondial qui ne saurait se concevoir sans transport maritime.

De la même façon que le Plan Nord, la Stratégie maritime s’inscrit dans un cadre global. De nombreux accords économiques sont en cours de négociation, dont la mise en œuvre aura pour effet d’intensifier le commerce mondial.

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Un autre sujet d’intérêt pour mon gouvernement est l’Accord économique et commercial globalentre le Canada et l’Union européenne, mais aussi le Partenariat transatlantique de commerce et d'investissement prévoyant la création d’un grand marché transatlantique.

Le commerce mondial, en somme, pourrait bien connaître une forte expansion. Or, une part de cette croissance devra, de notre point de vue, transiter par le fleuve Saint-Laurent en raison de notre emplacement, de la diversité et de la spécialisation de nos infrastructures portuaires, de notre réseau intermodal, de notre industrie des croisières, de nos ressources marines, de l’expertise de nos centres de recherche et de l’apport de nos universités.

Aussi, des améliorations seront-elles apportées à nos infrastructures portuaires, à nos entreprises et à nos façons de faire.

Le développement coordonné de nos ports et de nos infrastructures terrestres abaissera le coût du transport et nous aidera à tirer profit de l’Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne.

La Stratégie propose des pôles logistiques pour améliorer les liens intermodaux entre le port de Montréal, les aéroports et les réseaux routier et ferroviaire. Ils auront pour effet d’accroître la capacité de manutention, mais aussi le développement de zones industrialo-portuaires, les entreprises manufacturières et industrielles cherchant à s’implanter là où il y a fluidité du transport.

L’ensemble de la zone maritime québécoise offre par ailleurs des sites d’une beauté exceptionnelle, qui consituent des destinations recherchées par les touristes.

Ce développement sera mené dans le respect des communautés riveraines et de l’environnement. Le Québec entend s’inscrire dans la cible internationale de conservation des milieux marins. Nous ferons en outre une place importante à la recherche.

La signature de l’Accord économique et commercial globalentre le Canada et l’Union européenne, conjugué à l’Accord de libre-échange nord-américain, permet au Québec de se positionner comme un pôle logistique majeur des activités commerciales entre l’Europe et l’Amérique. Elle permettra, de part et d’autre, la croissance de nos exportations.

Autant le Plan Nord puise dans l’intérêt du Québec pour le Nord, part de son identité, autant la Stratégie maritime s’ancre dans son histoire.

Les débuts historiques du Québec sont liés à la mer. Et si une part de notre toponymie est inspirée par le fleuve, c’est qu’il est l’axe économique et démographique du Québec.

Ce plan du Québec pour la prospérité, je le présente à travers le monde.

Nous sommes allés à Asie, en Europe, en Afrique et aux États-Unis. J’entends poursuivre cette présence internationale pour bâtir des partenariats avec vos juridictions.

Je veux bâtir une francophonie économique, numérique, innovante et entrepreneuriale.

Nos ministres, particulièrement la ministre des Relations internationales et de la Francophonie, font un excellent travail.

Mme Christine St-Pierre a ma pleine confiance pour mener à terme nos discussions dans tous les secteurs.

Je veillerai également à renforcer la fédération canadienne et à faire du Québec un leader au Canada et dans le monde.

Nous avons bâti une alliance forte avec l’Ontario. L’Ontario et le Québec représentent la majorité de la population canadienne et du PIB canadien.

Un Québec qui prend sa place dans une fédération qui respecte les compétences et l’autonomie de chacun.

Un Québec qui affirme ses principes, ses idéaux, et qui présente ses projets sur la scène internationale.

Un Québec qui s’affirme et se renforce chaque jour. Voilà le mandat que mon gouvernement s’est donné et que nous allons réaliser.

Merci.


Mise en ligne : 4 juin 2015


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