Gouvernement du Québec

Premier ministre

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Londres, le 15 janvier 2015 Allocution du premier ministre du Québec, Philippe Couillard, à l’occasion du déjeuner-conférence de la Chambre de commerce Canada-Royaume-Uni.

La version prononcée fait foi.

« Québec-Royaume-Uni : accélérer les relations commerciales entre partenaires établis. »

Monsieur Robert Brant,

Monsieur Gordon Campbell, haut-commissaire du Canada,

Monsieur Mark Kenber, président-directeur général du Climate Group

Monsieur Christos Sirros, délégué général du Québec à Londres,

Mesdames et Messieurs, distingués invités,

C’est un plaisir et un honneur de me trouver ici pour la première fois comme premier ministre du Québec, compte tenu des liens historiques, économiques et culturels exceptionnels qui lient les Québécois au peuple britannique.

Plus de 400 ans pour notre dynamique communauté de langue française, distincte dans le contexte nord-américain.

C’est toujours un plaisir de reprendre contact avec Londres, ses citoyens ainsi que ses institutions financières et culturelles.

Je souhaite remercier la Chambre de commerce Canada-Royaume-Uni, et particulièrement son président, M. Robert Brant, de m’accueillir.

Je transmets aussi mes salutations aux membres de la table d’honneur, y compris aux membres du conseil d’administration de la Chambre de commerce et aux représentants des commanditaires grâce à qui cet événement a lieu. Cet organisme dynamique entretient une relation privilégiée avec le Québec depuis près d’un siècle.

Je suis également honoré d’être ici dans un endroit exceptionnel qui reflète la tradition commerciale et industrielle de longue date du pays.

Le Royaume-Uni est un partenaire commercial stratégique, au même titre que les États-Unis et la Chine, et une priorité en matière de diplomatie québécoise.

La diversité de nos échanges, qui nous permet de transcender les aléas conjoncturels, et les relations stables entre les établissements et les entreprises du Québec et ceux du Royaume-Uni sous-tendent le caractère pérenne de nos liens économiques.

Le Royaume-Uni, après les États-Unis et la Chine, est l’un de nos partenaires commerciaux les plus importants.

Quelque 150 entreprises britanniques ont des activités au Québec, alors que plus d’une centaine d’entreprises québécoises, dont Bombardier, CGI et la Banque Nationale, sont actives en Grande-Bretagne.

Les exportations du Québec en direction du Royaume-Uni sont variées. Chaque année, nos échanges représentent un peu plus de trois milliards de livres, et la tendance se veut extrêmement positive.

Au cours des six premiers mois de l’année 2014, nos échanges ont bondi de 65 %; voilà qui prouve la force renouvelée de l’économie britannique.

Par conséquent, nos ventes d’instruments de navigation aérienne, d’équipements et de papier journal, entre autres, ont considérablement augmenté.

Nos liens économiques et commerciaux ne pourront que prendre de l’ampleur avec la mise en œuvre progressive de l’Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne.

Mon gouvernement, au pouvoir depuis 10 mois maintenant, a fait de la croissance économique et du contrôle des finances publiques les principaux axes de ses actions. Pour nous, la responsabilité fiscale est un tremplin vers la prospérité. Seul un milieu financier, économique et politique sain et stable nous permettra de continuer à combattre les inégalités.

À cet égard, le plan d’action responsable de mon gouvernement s’est fait remarquer, comme le prouve l’émission récente la plus importante d’obligations en euros qui ont été vendues à un taux favorable.

Un gouvernement responsable sur le plan fiscal doit aussi prendre des mesures qui favorisent la croissance. Mon gouvernement s’est investi de la mission de libérer le potentiel économique du Québec. Notre présence à l’étranger correspond en tous points à cet objectif.

Nous nous efforçons de stimuler l’entrepreneuriat chez nous et d’y attirer les meilleures compagnies au monde. 

Notre argument de vente est simple : nous proposons des avantages sur mesure. Nous offrons ce qu’il y a de mieux.

Notre main-d’œuvre est compétente, bilingue, voire polyglotte. Compte tenu de son excellente formation, notre main-d’œuvre est capable de suivre le rythme des avancées techniques. Voilà un avantage stratégique pour les entreprises européennes désireuses d’établir une présence en Amérique du Nord.

Les entreprises au Québec peuvent compter sur un système fiscal avantageux. Toutes les entreprises exploitées au Québec peuvent se fier à une énergie propre et renouvelable à prix remarquablement bas.

Qui plus est, les industries peuvent tirer avantage de notre situation géographique stratégique qui fait du Québec une porte d’entrée pour l’Amérique. Le fleuve Saint-Laurent, le point le plus près des ports européens, est un véritable accès au cœur industriel du continent.

La population étudiante du Québec, soit la deuxième population étudiante en importance en Amérique du Nord après Boston, constitue un atout précieux. Elle encourage une vaste gamme de chercheurs issus de milieux géographiques et de disciplines très variés et elle soutient une forte tradition pour l’innovation. Elle fait du Québec un biotope de créativité, quoiqu’il soit difficile de rivaliser avec Londres en la matière.

Le Québec possède les infrastructures, une main-d’œuvre qualifiée, les établissements d’enseignement et la créativité nécessaires pour être un partenaire d’affaires idéal de vos entreprises.

Le « Davos de la créativité » est un excellent exemple de ce tourbillon d’innovations, et il a lieu tous les ans à Montréal. On y explore d’une manière très originale les innombrables liens entre le commerce et la créativité.

C2-MTL a pour but de stimuler les gestionnaires curieux et perspicaces de tous les secteurs de l’économie mondiale en leur offrant un milieu d’immersion qui fait la promotion de l’émergence de nouvelles solutions d’affaires.

La profusion d’activités culturelles alimente cette créativité.

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Reconnue pour sa vitalité, son avant-gardisme et sa diversité, la scène culturelle et artistique anglaise accueille toujours chaleureusement les artistes du Québec.

L’an dernier, plus de 1 250 performances et projets de collaboration ont eu lieu au Royaume-Uni avec des créateurs québécois; ces projets ont été réalisés, pour la plupart, à Londres.

Au cours des derniers mois, le festival international d’animation (London International Animation Festival) et le festival de films (London Film Festival) de Londres ont présenté des courts et des longs métrages variés du Québec, dont certains prenaient part à la compétition officielle.

Il convient aussi de souligner que les échanges se sont multipliés entre la communauté culturelle québécoise et le Festival international d’Édimbourg.

Non seulement le nombre d’entreprises du Québec qui y présentent des spectacles augmente-t-il, mais Montréal a eu l’occasion d’accueillir une délégation de cinq directeurs du Festival international d’Édimbourg.

D’une part le Québec est un exportateur de culture, et d’autre part créateurs et présentateurs étrangers participent à nos nombreux événements, notamment :

  •  à la Conférence internationale des arts de la scène à Montréal,
  •  aux Rencontres internationales du documentaire de Montréal;
  •  et au M pour Montréal, le rendez-vous musical.

Les liens culturels du Royaume-Uni avec le Québec sont nombreux, et la variété de nos échanges démontre notre intérêt commun à poursuivre cette relation.

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Le Québec détient aussi un excellent réseau d’universités. Deux d’entre elles se classent parmi les 100 meilleures universités au monde. Aux côtés de Hong Kong, Montréal est la seule ville où deux telles universités utilisent une langue principale différente.

Ce riche milieu culturel, universitaire et scientifique fait du Québec un centre de l’innovation favorable à la croissance des industries de haute technologie :

  •  aérospatiale;
  •  technologie médicale;
  •  technologie de l’information et des communications;
  •  technologies propres;
  •  écosystèmes numériques du divertissement.

Plus de 200 entreprises, 43 500 employés et des ventes qui dépassent 6,7 milliards de livres, dont 80 % de cette somme est liée aux exportations, font de Montréal l’un des trois centres d’importance au monde en aérospatiale, ce qui lui accorde aussi une place de choix dans la chaîne de valeur mondiale au sein de cette industrie.

Grâce à des entreprises telles que Pratt & Whitney Canada, Bombardier et CAE, Montréal abrite près des trois quarts de la recherche et du développement dans le secteur aérospatial du Canada et représente 55 % des ventes canadiennes.

Le CSeries de Bombardier, une nouvelle gamme d’avions écologiques et éconergétiques, a été conçu et construit au Québec.

L’usine de Belfast en Irlande du Nord est responsable de concevoir et de fabriquer les ailes des nouveaux appareils. Nous savons que Bombardier Transport produit aussi des trains à Derby.

De plus, CAE participe à de nombreux programmes de défense au Royaume-Uni, particulièrement à la formation des équipages d’hélicoptères.

En 2013, environ 30 % de nos échanges commerciaux étaient liés à l’aéronautique. Un certain nombre d’entreprises québécoises dans ce secteur, notamment Bombardier, CAE, Héroux-Devtek, Innotech-Execaire, Aeromag 2000 et CanRep, maintiennent des activités ici.

Un certain nombre de leaders britanniques, comme Rolls-Royce, BAE Systems, Cobham, AJ Walter and Babcock, ont choisi le Québec pour lancer leurs activités nord-américaines.

Le gouvernement du Québec et notre industrie aérospatiale participent régulièrement à l’événement biennal d’envergure qu’est le Farnborough Airshow.

Lors de cet événement l’an dernier, Bombardier, avec Exportation et développement Canada, UK Export Finance et Investissement Québec, a établi un modèle de financement pour que les clients puissent acheter des avions CSeries.

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La créativité et la qualité de notre recherche nous procurent expertise et entreprises en orthopédie, en médecine régénérative, en cardiologie, en photonique, en imagerie, en télémédecine et en médecine personnalisée, particulièrement dans le développement de biomarqueurs et de tests diagnostiques.

Les entreprises du Québec peuvent se fier sur les centres de recherche publique de renommée internationale, comme l’Institut de cardiologie de Montréal.

Les installations de Glaxo Smith Kline à Québec jouent un rôle important dans la stratégie nord-américaine de l’entreprise. Elles représentent un investissement de 166 millions de livres et elles regroupent d’excellentes connaissances sur les vaccins antigrippaux.

Le partenariat en neuroscience entre l’University of Oxford et McGill University, selon leurs compétences complémentaires respectives et une longue tradition de collaboration entre les chercheurs, fait que la recherche dans ce secteur a atteint de nouveaux sommets.

Le travail conjoint entre l’Université d’Oxford et l’Université Laval en génomique forestière portera sur la durabilité et la productivité forestière et il doit tenir compte des changements climatiques ainsi que des marchés en évolution.

Je souhaite reconnaître les partenaires de cette entente récente; ils sont ici aujourd’hui pour lancer leurs activités de coopération.

  • Robert Beauregard, doyen de la Faculté de foresterie, de géographie et de géomatique de l’Université Laval;
  • Marc Lepage, P.-D.G. de Génome Québec;
  • John MacKay, professeur du Département des sciences du bois et de la forêt de l’Université Laval et professeur à l’Université d’Oxford.

Le Québec est le berceau de CGI, une compagnie indépendante qui occupe le cinquième rang des entreprises les plus grandes du monde. Elle se spécialise dans les services liés aux technologies de l’information et aux processus de gestion des affaires.

En octobre, CGI a ouvert un centre des opérations de sécurité avancées au Pays de Galles du Sud, que j’aurai l’immense plaisir de visiter demain. Les nouvelles installations fournissent une surveillance de protection et des services analytiques des cybermenaces. On s’attend à ce que l’investissement crée 620 emplois.

À l’instar de la Grande-Bretagne, le Québec est un centre mondial pour les industries créatives.

Le nom de « Montréal » est un argument de vente à lui seul, et la présence d’Eidos, de Cinesite et de Framestore en témoigne.

Framestore Montréal a travaillé sur les effets visuels du film Paddington, qui se déroule à Londres. Il s’agit du premier long métrage sur la série de livres pour enfants de l’auteur britannique Michael Bond.

Lumenpulse, le concepteur et fabricant montréalais d’éclairage aux diodes émettrices de lumières (DEL), a réalisé des projets ici, notamment au Victoria and Albert Museum, au Wellesley Hotel et à la Royal Society of Arts.

Cette synergie entre le Québec et le Royaume-Uni se reflète dans le spectacle « The Beatles LOVE » du Cirque du Soleil.

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Je tiens également à souligner que le Québec deviendra sous peu une importante plaque tournante de l’énergie verte.

Nous y travaillons en ce moment, et l’industrie de la construction au Québec intègre de nouveaux matériaux et produits écologiques et éconergétiques.

Le Royaume-Uni nous a inspirés dans ce domaine. Il a adopté la Climate Change Act en 2008, et ce faisant, il est devenu le premier pays au monde à avoir fixé des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre et à les accompagner de règlements.

Votre politique ferme sur les immeubles verts a forcé l’industrie à emboîter le pas.

Le Québec peut favoriser le développement environnemental responsable, d’une part grâce à l’expertise de ses centres de recherche, de ses architectes et de ses fabricants de matériaux, et d’autre part grâce à ses programmes novateurs et à son leadership dans l’établissement d’une économie aux faibles émissions de carbone.

Le Québec a intégré à son économie un prix du carbone en 2007; il a créé une taxe sur les combustibles fossiles.

Par la suite, en 2013, il a établi un système lié de plafonnement et d’échange du Québec et de la Californie sur les quotas d’émission. Il s’agit d’une première mondiale en vigueur depuis déjà une année.

La toute première enchère conjointe de quotas d’émissions de gaz à effet de serre (GES), tenue dans l’État de la Californie en novembre, a généré des revenus d’environ 33 millions de dollars pour le Québec.

Notre objectif est d’inciter les autres provinces et États à se joindre à nous. Nous travaillons avec plusieurs organismes afin de déployer des systèmes de ce genre partout dans le monde. Nous voulons en faire davantage, particulièrement en misant sur l’électrification des transports.

Nous cherchons à étendre notre collaboration et le partage d’expertise, et nous savons que la Grande-Bretagne est avancée dans ce domaine.

Avec l’hydroélectricité propre et renouvelable de grande envergure, un robuste réseau d’électricité, des coûts d’énergie abordables, une expertise et des centres de recherche spécialisés en piles, en équipement, en moteurs et en assemblage, le Québec est un leader en électrification du transport. Le Québec représente déjà 50 % du marché canadien des véhicules électriques et il détient quatre réseaux de recharge.

Le Québec s’est donné l’objectif de réduire ses émissions de GES de 20 % sous les niveaux de 1990 d’ici 2020, et il a fait de la lutte contre les changements climatiques l’une de ses priorités.

Le Québec espère qu’une nouvelle entente juridiquement contraignante pour la période après 2020 et pour tous les grands émetteurs sera adoptée à la conférence de Paris l’an prochain.

Afin de parler de cet important enjeu, j’ai invité les premiers ministres des provinces canadiennes à tenir une séance à Québec au printemps. Notre objectif est de partager solutions et expériences pour lutter contre les changements climatiques.

***

La prospérité du Québec est également liée à un ambitieux projet : le Plan Nord. Vous le connaissez peut-être déjà.

Le projet est axé sur le développement planifié et intégré des mines, de l’énergie, des forêts, de l’alimentation biologique et du potentiel touristique, culturel et social du territoire au nord du 49e parallèle, une étendue de plus de 460 000 miles carrés.

Ce territoire représente près de cinq fois la superficie du Royaume-Uni.

Le secteur minier est déjà bien présent, et nous sommes à la recherche de partenariats.

Par exemple, les éléments des terres rares constituent une ressource stratégique cruciale pour bien des produits que nous tenons pour acquis, comme les téléphones intelligents et les appareils médicaux, mais aussi, et il est important de le souligner, pour les technologies vertes dont notre monde a besoin aujourd’hui.

Au Québec, nous aurons bientôt la chance d’avoir des projets sur les terres rares, comme le projet de Quest Rare Minerals, qui possède de grandes quantités d’éléments lourds de terres rares.

Si nous voulons des voitures hybrides, électriques et éconergétiques ainsi que des éoliennes de nouvelle génération, alors l’industrie a besoin des éléments de terres rares.

Mon gouvernement a compris et il est enthousiaste à l’idée que les utilisateurs finaux et les partenaires stratégiques puissent travailler dans le cadre de ces projets afin d’obtenir les ressources stratégiques au Québec.

Les pratiques responsables, novatrices et soucieuses de l’environnement en matière d’exploitation minière constituent la norme au Québec.

Nous exportons notre expertise à ce sujet partout dans le monde. Et ceux qui réussissent à développer avec nous le potentiel minier du Plan Nord, aujourd’hui et dans un avenir rapproché, savent très bien que les meilleures pratiques environnementales sont non seulement exigées et attendues, mais aussi viables économiquement pour leurs projets, surtout lorsqu’elles y sont intégrées aussitôt que possible.

Certes, nous connaissons une accalmie dans la demande mondiale de certains métaux et minéraux. Le Plan Nord est le cadre qui créera les conditions pour faire la promotion du potentiel minier du Québec en vue du prochain cycle favorable.

Nous établissons un cadre clair et prévisible pour les investisseurs; nous avons créé la Société du Plan Nord qui coordonnera le développement du territoire.

L’intégration de différents modes de transport dans un réseau cohérent multiutilisateur permettra de partager les coûts liés à l’infrastructure requise.

L’exploitation de notre vaste territoire nordique exige que nous bâtissions une infrastructure stratégique.

Le Plan Nord est le cadre grâce auquel nous évaluons les besoins et les occasions sur les plans social, environnemental et économique partout sur l’ensemble du territoire, qui représente deux fois la superficie de la France.

Récemment, nous avons annoncé des investissements sur les routes construites qui relient les collectivités nordiques qui forment un axe socioéconomique crucial du Plan Nord.

Afin de libérer une partie du potentiel minier du Plan Nord, nous avons annoncé un investissement de 20 millions de dollars en partenariat avec des entreprises minières pour réaliser des études de faisabilité.

L’étude a pour but de prolonger une voie ferrée vers la frontière nordique et d’optimiser l’infrastructure actuelle afin de bien stimuler le développement économique du Nord.

Évidemment, les investisseurs internationaux sont les bienvenus.

Le territoire nordique compte plus de 75 000 miles carrés de forêts qui peuvent être exploités de façon durable. Les eaux froides et pures créent un milieu propice pour l’aquaculture.

De plus, les voies navigables du territoire, les caractéristiques géophysiques et la nature à l’état sauvage offrent un potentiel écotouristique exceptionnel; zones protégées et possibilités d’observation de la faune, de visites guidées de centrales hydroélectriques et de croisières.

Le Plan Nord s’appuie sur la volonté d’écoute, le respect mutuel, l’ouverture, le dialogue et la solidarité. Il a été conçu en étroite collaboration continue avec les peuples qui occupent le territoire depuis des milliers d’années, et il sera réalisé ainsi.

Le Plan Nord exclut des parties du territoire des activités industrielles et il crée un réseau de zones protégées. Il combine la conservation au développement dans l’un des projets de développement durable les plus vastes du monde.

Puisque le Plan Nord a tout à gagner de l’innovation technique et de la collaboration scientifique internationale, nous avons créé l’Institut nordique du Québec.

L’Institut fournira aux collectivités, aux gouvernements et au secteur privé les connaissances scientifiques et techniques dont ils auront besoin. Il servira de carrefour pour les projets de recherche que les universités membres y mèneront.

L’Institut rassemble des équipes des sciences sociales, naturelles, de la santé et du génie. Toutes ces disciplines fourniront un apport précieux.

***

Il est peut-être mieux connu ici qu’ailleurs que l’histoire du Québec est liée à la mer. Et si une partie de notre toponymie s’inspire du fleuve, c’est parce que ce dernier forme l’axe économique et démographique du Québec.

Le Saint-Laurent a un estuaire de 40 miles de large. Il relie les Grands Lacs et il donne accès au cœur industriel du continent.

Les mises en œuvre de l’Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne et du Partenariat transatlantique de commerce et d'investissement entre l’Union européenne et les États-Unis stimuleront vraisemblablement le commerce transatlantique.

De nouvelles écluses à Panama et la possible construction d’un nouveau canal au Nicaragua donneront un élan au commerce entre l’Asie et la côte Est.

Avec le temps, le passage du Nord-Ouest, lequel reliera les océans Atlantique et Pacifique par le passage entre les îles arctiques du Grand Nord canadien, raccourcira de près de 4 500 miles la route entre l’Asie et l’Europe.

Un certain nombre de navires commerciaux transitent déjà par le passage du Nord-Ouest associé au souvenir de l’expédition de John Franklin, dont le bateau, l’Erebus de la Royal Navy, a été découvert cette année.

Ces nouveaux facteurs font partie des raisons pour lesquelles mon gouvernement a proposé la toute première Stratégie maritime du Québec.

La systématisation de la chaîne logistique et la coordination du développement de nos ports et de l’infrastructure des routes et voies ferrées feront diminuer les frais de transport.

Le projet crée un corridor qui relie la voie navigable du Saint-Laurent aux réseaux de routes et de chemins de fer. Il créera des conditions favorables pour générer les investissements privés qui stimuleront l’activité portuaire de Montréal et de Québec.

La Stratégie maritime sera l’occasion de faire du Québec un pôle logistique de manutention de marchandises. Elle sera aussi axée sur la pêche et l’aquaculture durables, sur la biotechnologie marine, les croisières touristiques et la formation des professionnels maritimes de demain.

Puisque la Stratégie maritime propose une vision intégrée des activités économiques issues du fleuve et de la mer, elle nous permettra de mieux tirer profit de nos atouts dans un contexte mondial inconcevable sans transport maritime.

Si le commerce et l’investissement entre les deux rives de l’Atlantique représentent une proportion croissante de nos échanges, la tendance est là pour rester, ne serait-ce qu’en raison de l’Accord économique et commercial global.

Il s’agit de l’accord de libre-échange le plus important entrepris par le Canada depuis l’Accord de libre-échange nord-américain, l’ALÉNA.  

Je vous invite donc à saisir cette occasion, ainsi que celles offertes par les grands projets que nous développons au Québec, pour augmenter nos échanges dans tous les secteurs.

L’AECG éliminera les tarifs douaniers du Royaume-Uni sur 98 % des lignes tarifaires dès qu’il entrera en vigueur.

Les produits actuellement exportés au Royaume-Uni, susceptibles de l’être davantage si les tarifs douaniers sont éliminés, comprennent entre autres les alliages d’aluminium, le sirop d’érable, les crevettes nordiques, les vêtements, les robinets et les valves, ainsi que les instruments de navigation aérienne et spatiale.

Ultimement, toutes les exportations de produits industriels devraient entrer dans nos marchés respectifs libres de tarifs, ce qui créerait davantage d’occasions d’affaires.

À l’instar de l’ALENA, l’AECG présente les principales règles de protection des investissements grâce à un mécanisme de recours bien défini.

L’AECG prévoit des mesures pour simplifier l’entrée des gens d’affaires sur l’autre territoire. Il établit aussi une procédure pour guider la reconnaissance par les ordres professionnels des compétences et des titres des candidats des professions et métiers réglementés.

Nous devons tirer parti de cette occasion pour nos marchés et commencer à préparer nos entreprises respectives pour profiter de l’AECG dès qu’il entrera en vigueur.

Grâce au fleuve Saint-Laurent, à son vaste réseau de voies navigables et à sa tradition culturelle originaire d’Europe, le Québec est une destination idéale pour les entreprises européennes désireuses d’exploiter d’abord le marché canadien à l’aide de l’AECG et ensuite le marché américain en profitant de l’ALENA.

Mesdames et Messieurs, distingués invités,

Je ne saurais trop insister sur les occasions d’affaires accrues que permet l’AECG à la fois pour les entreprises du Québec et celles du Royaume-Uni.

Je ne saurais trop insister non plus sur les nouvelles occasions d’affaires que génèrent nos secteurs d’excellence complémentaires comme l’aérospatiale, les TIC, les sciences de la vie, les technologies propres et l’agroalimentaire.

Et je ne saurais trop insister sur les nouvelles occasions d’affaires qui découlent du lancement de projets d’envergure, comme le Plan Nord et la Stratégie maritime, qui créent des emplois et génèrent des investissements.

L’histoire lie nos économies et nos institutions politiques depuis plus de deux siècles.

Je suis convaincu que nos relations, lesquelles ont de toute évidence évolué au fil du temps, continueront de s’approfondir de façon considérable au cours des années à venir.

Le Québec constitue un milieu attrayant, dynamique et florissant, propice aux affaires. Je vous invite cordialement à prendre part à notre développement et à nos réussites.

Merci.


Mise en ligne : 15 janvier 2015


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