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Québec, le 6 septembre 2014 Allocution du premier ministre du Québec, Philippe Couillard, à l’occasion de la cérémonie soulignant le 200e anniversaire de naissance de George-Étienne Cartier

La version prononcée fait foi.

M. Stephen Harper, premier ministre du Canada,
M. Régis Labeaume, maire de Québec,
M. Hale Van Koughnett, consul général des États-Unis,
Chers collègues de l’Assemblée nationale,
Élus de la Chambre des communes,
Mesdames et Messieurs,

(100e anniversaire de la Maîtrise des petits chanteurs de Québec sous la direction de madame Binet, en 2015)

La semaine dernière, le Conseil de la fédération se réunissait à Charlottetown. À cette occasion, mes collègues premiers ministres et moi-même avons visité et tenu notre première rencontre officielle du Conseil à Province House.

Cet édifice chargé d’histoire nous a rappelé les échanges déterminants qui ont eu lieu en septembre 1864 dans le but de former la Confédération. 150 ans plus tard, les premiers ministres des provinces et des Territoires se réunissaient à nouveau au même endroit.

Connaissant le rôle et la contribution de George-Étienne Cartier à la formation du Canada, mais surtout à la protection du Québec et des Canadiens français de l’époque, c’est avec plaisir que je me joins à vous pour souligner son 200e anniversaire de naissance.

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L’histoire familiale des Cartier est similaire à celle de milliers de familles qui ont traversé l’Atlantique pour s’établir en Nouvelle-France. Tout comme mon ancêtre Guillaume Couillard arrivé à Québec en provenance de Bretagne en 1613, Jacques Cartier, l’arrière-grand-père de George-Étienne Cartier (pas l’explorateur) décida également de traverser la mer pour se rendre à Québec vers 1735.

Les Canadiens-français de l’époque, tout comme les Québécois d’aujourd’hui, étaient attachés à leur langue, à leur culture et à la spécificité de leur territoire, et à l’époque, à leur religion, alors un élément marquant de leur identité.

Participant aux rebellions de 1837-1838, puis bâtisseur de la fédération, George-Étienne Cartier témoigne par sa vie de la coexistence d’un sentiment national fort et du désir d’appartenance à un pays plus vaste.

En 2014, cette recherche d’équilibre demeure d’actualité.

Cartier conclut que l’isolement n’était pas la solution pour assurer la prospérité et l’épanouissement du seul peuple francophone en Amérique du Nord.

Pour lui, l’annexion aux États-Unis n’était également pas le meilleur moyen d’assurer la survie des Canadiens français.

Son alliance avec John A. Macdonald lui permit de jeter les bases de notre fédération, mais également de mettre en place des mesures assurant la promotion et la protection du caractère français et distinct du Québec.

On peut penser notamment aux travaux menant à la promulgation du Code civil, aux réformes liées au système d’éducation dont la création d’un Conseil de l’instruction publique et d’écoles normales pour la formation des maîtres. Rappelons qu’à cette époque, à peine 12 % de la population francophone dans les campagnes savait lire et écrire.

Qu’il fût à Québec, à Montréal, à Ottawa ou à Londres, Cartier a défendu notre peuple.
Pour lui, l’union des provinces pour former un pays allait servir les intérêts des Québécois parce qu’un grand nombre de responsabilités seraient exercées par le gouvernement local, soit celui du Québec.

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Depuis cette époque, plusieurs événements sont venus influencer le cours de notre histoire collective. Mais à travers ces changements, une chose demeure indéniable : deux peuples fondateurs ont décidé de créer le Canada… et l’un de ces peuples, c’était le peuple québécois, principale représentation francophone en Amérique du Nord.
Les armoiries du Canada en témoignent.

D’ailleurs, si nous devions revisiter l’histoire de la naissance du Canada aujourd’hui, nous aurions à nos côtés les grands absents de 1867, les Premières Nations.

Depuis Pierre-Joseph-Olivier Chauveau, premier premier ministre du Québec en 1867, c’est le devoir de chaque premier ministre de défendre la spécificité québécoise, notre caractère distinct, et de promouvoir et de protéger notre langue au Québec, ailleurs au Canada et partout en Amérique du Nord.

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En cette journée, je reconnais que le premier ministre Harper a fait adopter une importante motion à la Chambre des communes en 2006, reconnaissant que les Québécoises et les Québécois forment une nation au sein du Canada.

Je salue ce geste important.

La construction d’un pays n’est jamais terminée.

Les Québécois croient que leur nature spécifique et le Canada s’enrichissent mutuellement.

Les bénéfices économiques, sociaux et politiques sont réels pour le Québec.

À l’aube du 150e anniversaire du Canada, les Québécois souhaitent que le pacte qui lui a donné naissance soit réaffirmé.

Et contrairement à ceux qui croient que la fuite, le déni et l’isolement sont une solution valable, je vous dirai que nous devons nous inspirer de la vision de George-Étienne Cartier.

Celle d’un partage, unique et envié, d’une destinée commune dont l’identité québécoise, forte et affirmée, fait partie.

Aujourd’hui, comme il y a plus de 150 ans, l’essor de la nation québécoise passe par une association respectueuse et mutuellement bénéfique avec toutes les régions qui forment le Canada. Je crois fermement au progrès du Québec au sein d’un Canada uni, mais pas à un État unitaire.

Je peux vous assurer qu’à travers l’entretien de relations harmonieuses avec nos partenaires de la fédération, des alliances et un leadership positif au sein de celle-ci, nous honorerons la mémoire de George-Étienne Cartier.

Ensemble, nous continuerons à démontrer que le Québec peut progresser, peut s’épanouir et peut se développer sur tous les plans lorsqu’il s’unit plutôt que lorsqu’il se divise, lorsqu’il participe au lieu de s’exclure, et lorsqu’il assume entièrement son rôle au sein du Canada et prend la place qui lui revient.

Je remercie le premier ministre Harper d’être présent afin de souligner l’apport de George-Étienne Cartier à la création de notre pays. J’invite aujourd’hui tous les Québécois à s’inspirer de l’esprit de ce grand bâtisseur et à poursuivre leur contribution à la notoriété, à la crédibilité et à l’image du Québec et du Canada partout sur la planète.

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Mise en ligne : 6 septembre 2014


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