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Le statut d’Oujé-Bougoumou régularisé dans une convention complémentaire à la convention de la Baie-James et du Nord québécois

Oujé-Bougoumou, le 7 novembre 2011 – Le premier ministre du Québec, M. Jean Charest, était à Oujé-Bougoumou aujourd’hui afin d’être témoin de la signature d’une entente majeure avec la communauté crie d’Oujé-Bougoumou. Le grand chef du Grand Conseil des Cris, Dr Matthew Coon Come (à titre de président de l’Administration régionale crie – accompagné par son vice-président, Ashley Iserhoff), le chef de la communauté d’Oujé-Bougoumou, M. Reggie Neeposh, le ministre des Affaires autochtones et du développement du Nord canadien, l’honorable John Duncan, et le ministre responsable des Affaires autochtones, M. Geoffrey Kelley, ont en effet entériné la Convention complémentaire no 22. Cette convention intègre officiellement la communauté crie d’Oujé-Bougoumou au sein de la Convention de la Baie-James et du Nord québécois (CBJNQ). Le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation et ministre responsable de la région du Nord-du-Québec, M. Pierre Corbeil, était également présent.

« La Convention de la Baie-James et du Nord québécois avait défini les termes d’une relation durable entre les Cris et le Québec. Plusieurs années plus tard, la Paix des braves était venue activer la mise en œuvre des derniers engagements de cette entente novatrice. Aujourd’hui, la convention complémentaire régularisant le statut des Cris d’Oujé-Bougoumou permet de boucler la boucle. Ainsi renforcée, la relation de partenariat entre les nations québécoise et crie n’en est que plus prometteuse. Nous pouvons maintenant plus facilement faire converger nos efforts dans une vision concertée du développement du Nord du Québec », a indiqué le premier ministre.

« La journée d’aujourd’hui est un moment historique non seulement pour la communauté d’Oujé-Bougoumou, mais aussi pour l’ensemble de la nation crie. C’est aussi un moment historique pour l’ensemble de la région. La journée d’aujourd’hui représente le point culminant de nos efforts soutenus visant à redresser une injustice et finalement corriger une situation que la communauté d’Oujé-Bougoumou n’aurait jamais dû avoir à vivre. Aujourd’hui, il y a lieu de souligner la volonté du Canada et du Québec d’arranger les choses », a par ailleurs déclaré le grand chef du Grand Conseil des Cris, Matthew Coon Come.

Après avoir été déplacé à plusieurs reprises au cours de son histoire, Oujé-Bougoumou, avec le soutien de la nation crie, avait négocié de précédents accords tant avec le gouvernement du Québec (en 1989) qu’avec le gouvernement du Canada (en 1992), assurant ainsi le financement de la communauté afin de construire un nouveau village et prévoyant des négociations afin d’amender la CBJNQ pour inclure Oujé-Bougoumou.

Au moment de signer la Paix des braves en 2002, et l’Entente concernant une nouvelle relation entre le gouvernement du Canada et les Cris d'Eeyou Istchee en 2008, le Québec et le Canada ont réitéré leur intention d’ajouter une convention complémentaire à la CBJNQ afin d’y reconnaître officiellement la communauté d’Oujé-Bougoumou. C’est cet engagement que vient concrétiser la Convention complémentaire no 22.

En vertu de cette convention complémentaire, le Québec transférera 100 km2 de terres au gouvernement du Canada qui devra les réserver à l’usage exclusif des Cris d’Oujé-Bougoumou, et il transférera 67 km2 de terres supplémentaires à leur disposition. Cette allocation, ainsi qu’une superficie contigüe de 2 145 km2 sur laquelle les Cris pourront exercer des droits exclusifs de chasse et de pêche, permettra la création d’une assise territoriale comparable à celle des autres communautés conventionnées pour assurer la pratique de leurs activités traditionnelles.

Le ministre Duncan a rappelé que la reconnaissance de la communauté d’Oujé-Bougoumou était un problème demeuré en suspens trop longtemps. « Ceci marque un grand moment pour la communauté et nous félicitons Oujé Bougoumou et la nation crie », a-t-il ajouté.

« Cette convention met fin aux mesures d’exception et favorise une gestion plus harmonieuse de l’environnement pour toute la population du territoire de la Baie-James. Pleinement et officiellement reconnue, Oujé-Bougoumou sera désormais traitée sur les mêmes bases que les autres communautés cries. Je me réjouis de ce moment historique qui se vit aujourd’hui pour la communauté d’Oujé-Bougoumou », a précisé le ministre Kelley.

Pour Reggie Neeposh, chef d’Oujé Bougoumou, cette journée marque aussi un tournant de l’Histoire. « Nous sommes très heureux de voir enfin se réaliser le rêve de nos aînés. Certains nous ont malheureusement quittés, mais d’autres sont encore à nos côtés pour voir que nous avons un territoire permanent bien à nous et qu’Oujé Bougoumou peut prendre la place qui lui revient dans le paysage social, politique et économique de la région. Aujourd’hui, nous saluons nos ancêtres qui nous ont guidés tout au long de cette aventure et nous célébrons ensemble, en tant que communauté, et avec nos amis », a-t-il mentionné.

Au milieu des années 1990, la communauté d’Oujé-Bougoumou a construit son nouveau village à quelque 30 kilomètres au nord de Chapais. Plus de 750 Cris y vivent aujourd’hui.

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Mise en ligne : 16 juillet 2015


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