Première ministre
Raccourcis
Québec, le 20 septembre 2010
La version prononcée fait foi.
L'honorable Pierre Duchesne, Lieutenant-gouverneur du Québec et madame Ginette Lamoureux, son épouse,
Le très honorable Martial Asselin, ancien Lieutenant-gouverneur du Québec et madame Ginette D'Auteuil, son épouse,
Monsieur Daniel Johnson, ancien premier ministre,
Madame Nathalie Normandeau, vice-première ministre,
Monsieur Jean-Paul L'Allier, ancien maire de la ville de Québec et président du comité d'honneur du 50ième anniversaire de la Révolution tranquille,
Chers collègues de l'Assemblée nationale,
Distingués invités,
Au cours de la Révolution tranquille, des femmes et des hommes ont construit brique par brique un État moderne et, ce faisant, ils ont construit le Québec.
Ils ont notamment :
Ils ont construit notre maison.
C'est la maison de tous les Québécois : celle qui résonne de nos éclats de voix.
Celle qui vibre en français.
Celle que nous devons entretenir, rénover, agrandir pour qu'elle soit toujours le terreau de nos espoirs car ce n'est surtout pas un musée dans lequel on entre en murmurant.
Pendant que nous, nous faisions notre Révolution tranquille, d'autres sociétés vivaient des transformations similaires dans ce qu'on appelle aujourd'hui « le monde développé ».
Toutefois, au Québec, cette accélération du progrès a pris la forme d'un affranchissement.
Elle a été faite par un peuple qui était, jusque-là, une déclinaison et les « Canadiens français » se sont alors eux-mêmes reconnus « Québécois ».
Dans le contexte de notre histoire, de ses méandres et de ses imprévus, notre Révolution tranquille a été une double naissance : celle d'un État moderne, comme ailleurs, mais aussi celle d'un peuple.
Depuis, portés par ce vent de progrès et d'affirmation, confiants en nos moyens, les Québécois sont devenus, comme le disait Gaston Miron : « les bêtes féroces de l'espoir ».
Ce soir, nous honorons des femmes et des hommes qui ont fait la Révolution tranquille. Certains sont connus, d'autres moins, mais tous ont fait la différence.
De ces pères et mères de notre nation, nous aurons le bonheur d'en célébrer plusieurs qui sont soit parmi nous ou représentés par un proche.
Je les appellerai par ordre alphabétique.
***
Votre père, économiste de formation, était professeur à HEC Montréal. Surtout, il était préoccupé par la défense des droits, de la langue et de l'identité des Canadiens français. Entre les années 60 et 70, il a présidé la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal et la Fondation Ludger-Duvernay. Il compte parmi les précurseurs du mouvement indépendantiste.
En hommage à votre père François-Albert Angers, et avec la gratitude du peuple québécois, recevez cette médaille de Grand Artisan de la Révolution tranquille.
Votre père, économiste, a entrepris sa carrière dans la fonction publique fédérale. Entre 1961 et 1966, il a été conseiller auprès de René Lévesque et sous-ministre dans plusieurs ministères, dont celui des Ressources naturelles. Il a préparé et dirigé la nationalisation de l'électricité.
En hommage à votre père Michel Bélanger, et avec la gratitude du peuple québécois, recevez cette médaille de Grand Artisan de la Révolution tranquille.
Vous avez étudié le droit à l'Université Laval et l'administration publique à l'Université de Chicago. Vous êtes entré dans la fonction publique québécoise en 1954 et avez travaillé dans plusieurs ministères et commissions, occupant notamment le poste de sous-ministre au ministère de la Fonction publique avant d'accéder au poste de Secrétaire du Conseil exécutif. Vous avez été parmi les premiers grands fonctionnaires de l'État québécois moderne.
Roch Bolduc, avec la gratitude du peuple québécois, je vous décore de cette médaille de Grand Artisan de la Révolution tranquille.
Votre père, diplômé de l'École polytechnique de Montréal a été, en 1944, le premier ingénieur francophone embauché par la toute nouvelle société Hydro-Québec. 28 ans plus tard, en 1972, il prend les rênes de la Société d'énergie de la Baie James et dirige ce projet géant d'aménagement hydroélectrique. Il revient chez Hydro-Québec comme président, en 1977. Votre père a fait du Québec une terre d'énergie.
En hommage à votre père Robert Boyd, et avec la gratitude du peuple québécois, recevez cette médaille de Grand Artisan de la Révolution tranquille.
Vous êtes un scientifique doublé d'un actuaire. Vous aurez mis ces deux formations et votre talent au service du Québec. Dans les années 60, vous travaillez à la mise sur pied du régime de pension du Québec. Plus tard, vous coprésidez la Commission d'enquête sur la santé et le bien-être social. Puis, vous devenez ministre de la Famille et du Bien-être social et ministre des Affaires sociales dans le cabinet Bourassa. Vous êtes le père de l'assurance-maladie. Votre contribution au développement de notre État social est immense.
Claude Castonguay, avec la gratitude du peuple québécois, je vous décore de cette médaille de Grand Artisan de la Révolution tranquille.
Votre mari a étudié en sciences sociales à Québec et à Chicago. Au début des années 60, il est promoteur au sein du Bureau d'aménagement de l'Est-du-Québec, puis directeur du développement régional au sein de l'Office de planification et de développement du Québec.
En 1970, il est nommé secrétaire du Conseil du trésor et, plus tard, secrétaire général du conseil exécutif dans le gouvernement Lévesque.
Votre mari est de ces fonctionnaires de très haut niveau, qu'on appelle les « mandarins ». En hommage à votre mari, Guy Coulombe, et avec la gratitude du peuple québécois, recevez cette médaille de Grand Artisan de la Révolution tranquille.
En 1961, André Laurendeau du Devoir, invite votre frère, enseignant chez les Frères Maristes, à se vider le cœur. Il signe un livre enflammé, Les insolences du frère Untel, qui dénonce le joual et la piètre qualité de l'éducation au Québec. Après 3 ans en Suisse, il revient au Québec titulaire d'un doctorat de philosophie. Il entre au ministère de l'Éducation où il développe les programmes de l'enseignement secondaire et collégial jusqu'en 1970.
Il est un déclencheur de la Révolution tranquille. En hommage à votre frère, Jean-Paul Desbiens, et avec la gratitude du peuple québécois, recevez cette médaille de Grand Artisan de la Révolution tranquille.
Administrateur, haut fonctionnaire et professeur, vous avez d'abord enseigné à l'École des hautes études commerciales. Vous y avez été chef du Département des sciences administratives et directeur des cours de perfectionnement en administration pour chefs d'entreprise. En 1963, vous êtes nommé sous-ministre au ministère de l'Industrie et du Commerce. Puis, en 1966 vous devenez président et directeur général de la SGF.
Grâce à vous, des Québécois francophones sont devenus gens d'affaires et leur État est devenu développeur économique. Jean Deschamps, avec la gratitude du peuple québécois, je vous décore de cette médaille de Grand Artisan de la Révolution tranquille.
Vous êtes comptable et titulaire d'une maîtrise en administration des affaires. Vous devenez sous-ministre du Revenu en 1965. Puis, en 1969, vous devenez président fondateur et directeur général de la Régie de l'Assurance-maladie du Québec. Vous devenez ensuite président de l'Université du Québec. Votre carrière de plus de 40 ans dans les secteurs public et privé est éclatante.
Vous êtes parmi les fondateurs de notre État moderne. Robert Despré, avec la gratitude du peuple québécois, je vous décore de cette médaille de Grand Artisan de la Révolution tranquille.
Votre frère était prêtre. Il a combattu pour la démocratisation et la modernisation de notre société allant ainsi à l'encontre d'un courant plus conservateur parmi le clergé. Il a notamment milité en faveur de la déconfessionnalisation de la Confédération des travailleurs catholiques du Canada, ancêtre de la CSN, de la réforme du système scolaire québécois, de l'établissement du Code du travail en 1964, et du droit de grève pour les travailleurs.
Votre frère a été un pionnier d'un climat de travail sain, juste et respectueux de la classe ouvrière. En hommage à votre frère, Gérard Dion, et avec la gratitude du peuple québécois, recevez cette médaille de Grand Artisan de la Révolution tranquille.
Votre père était sociologue, écrivain et professeur. Il a été professeur et chercheur à l'Université Laval. Il a notamment été directeur du Département de sociologie et d'anthropologie. Il a fondé l'Institut supérieur de recherches en sciences humaines à l'Université Laval et l'Institut québécois de recherche sur la culture.
Il a été un des grands intellectuels de ce Québec qui émergeait. En hommage à votre père, Fernand Dumont, et avec la gratitude du peuple québécois, recevez cette médaille de Grand Artisan de la Révolution tranquille.
Sociologue et professeur, votre père a enseigné à l'Université Laval à partir de 1949. Il occupe également de prestigieuses fonctions, notamment la présidence du Conseil canadien de recherche en sciences sociales, la direction du Département de sociologie de la Faculté des sciences sociales de l'Université Laval et la présidence du Conseil des arts du Québec.
Il a été un des penseurs de l'identité québécoise moderne. En hommage à votre père, Jean-Charles Falardeau, et avec la gratitude du peuple québécois, recevez cette médaille de Grand Artisan de la Révolution tranquille.
Diplômé de l'École des Hautes Études commerciales en 1934, votre père œuvre d'abord à l'Union catholique des cultivateurs pendant douze ans. Il devient directeur du Devoir en 1947 et à ce titre un des critiques les plus sévères du gouvernement de Maurice Duplessis jusqu'à son décès en 1959.
En 1960, il est vice-président de la Commission royale d'enquête sur l'enseignement, la Commission Parent. Et en 1963, il est le premier président de la SGF.
Votre père aura été un des éclaireurs de la conscience des Québécois. En hommage à votre père, Gérard Fillion, et avec la gratitude du peuple québécois, recevez cette médaille de Grand Artisan de la Révolution tranquille.
Militante des droits des femmes, votre belle-mère a été élue présidente de la Ligue des droits de la femme en 1929.
Grâce à son travail, et à celui de nombreuses autres « suffragettes », les Québécoises obtiennent le droit de vote et d'éligibilité en 1940. En 1961, elle fonde la section québécoise de la Voix des femmes. Elle milite aussi pour la paix. En 1966, elle fonde la Fédération des femmes du Québec et est nommée au Sénat en 1970.
Elle a été une des instigatrices du long combat des femmes pour l'égalité. En hommage à votre belle-mère, Thérèse Forget-Casgrain, et avec la gratitude du peuple québécois, recevez cette médaille de Grande Artisane de la Révolution tranquille.
Votre père était historien. Il fait d'abord carrière dans le milieu universitaire à Montréal, où il sera vice-doyen de la Faculté des lettres et professeur titulaire jusqu'à son départ en 1959. En 1961, il entre dans la fonction publique comme premier sous-ministre du tout nouveau ministère des Affaires culturelles du Québec, fonction qu'il occupera jusqu'en 1966, puis à nouveau de 1970 à 1975.
Il a imaginé le rôle crucial de l'État québécois en matière de défense et de promotion de notre culture. En hommage à votre père, Guy Frégault, et avec la gratitude du peuple québécois, recevez cette médaille de Grand Artisan de la Révolution tranquille.
Votre père était un surdoué. Son ascension dans les cercles de la finance débute dès l'âge de 17 ans et sa réputation le précédera à travers le Canada et les États-Unis. Il devient conseiller de 6 premiers ministres, de Paul Sauvé à René Lévesque. En 1966, il est l'un des cinq commissaires de la Commission hydroélectrique du Québec. En 1969, il devient le 5e président d'Hydro-Québec. Sous sa gouverne sont lancés les travaux de la Baie-James.
Il a été un de ces financiers de génie qui ont permis le développement du Québec moderne. En hommage à votre père, Roland Giroux, et avec la gratitude du peuple québécois, recevez cette médaille de Grand Artisan de la Révolution tranquille.
Vous êtes ingénieur forestier et économiste. De 1961 à 1963, vous avez été conseiller auprès de René Lévesque, alors ministre des Ressources hydrauliques. Vous avez joué un rôle de premier plan dans la nationalisation des compagnies d'électricité et dans la planification de la mise en valeur des ressources naturelles. De 1964 à 1968, vous avez été le premier directeur de la Direction générale du Nouveau-Québec.
Vous êtes de ceux qui ont donné vie au « Maîtres chez nous ». Éric Gourdeau, avec la gratitude du peuple québécois, je vous décore de cette médaille de Grand Artisan de la Révolution tranquille.
Votre père était avocat. Il a été élu député de l'Union nationale en 1946 et réélu lors des 6 élections suivantes. Il devient premier ministre en 1966, et également ministre des Richesses naturelles et ministre des Affaires fédérales-provinciales. En 1965, il signe l'ouvrage Égalité ou indépendance, portant sur la Constitution canadienne et la place qu'y tient le Québec; il s'efforce de faire adopter le principe fondamental de l'égalité des deux peuples fondateurs et s'investit pour donner une voix au Québec à l'échelle internationale.
Il symbolise entre autres l'affirmation du Québec. En hommage à votre père, Daniel Johnson, et avec la gratitude du peuple québécois, recevez cette médaille de Grand Artisan de la Révolution tranquille.
Diplômé en économie de McGill, votre père est président de la Bourse de Montréal et de la Bourse canadienne en 1960. Il donne à la langue française droit de cité sur le parquet. En 1963, il devient ministre du Revenu, puis ministre de la Santé en 1965. Avec Paul Gérin-Lajoie et René Lévesque, il forme un trio surnommé « les enfants terribles » du gouvernement Lesage.
Politicien énergique et forte tête, il aura aussi prôné la solidarité des anglophones envers le destin d'un Québec français. En hommage à votre père, Eric William Kierans, et avec la gratitude du peuple québécois, recevez cette médaille de Grand Artisan de la Révolution tranquille.
Titulaire d'une licence en droit de McGill, votre mère est admise au Barreau en 1952. Elle devient en 1961 la première femme élue à l'Assemblée législative du Québec puis, l'année suivante, première femme membre du Conseil des ministres. On lui doit notamment : la loi 16, qui établit la capacité juridique de la femme mariée; la loi concernant les régimes matrimoniaux et l'établissement de la société d'acquêts et la loi établissant un Conseil du statut de la femme.
Elle a bouleversé l'ordre établi pour changer à jamais le destin des femmes du Québec. En hommage à votre mère, Marie-Claire Kirkland, et avec la gratitude du peuple québécois, recevez cette médaille de Grande Artisane de la Révolution tranquille.
Votre mari était ouvrier qualifié, assembleur et mécanicien aéronautique de son métier. Dès l'âge de 20 ans, il embrasse la cause du syndicalisme et de la défense de ses compagnons de travail.
Il gravit les échelons rapidement et devient président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec en 1964. Il occupera ce poste pendant 27 ans, étant de toutes les batailles, de toutes les manifestations et de tous les débats pour l'amélioration des droits des travailleurs et des conditions de travail.
Il a incarné la fierté des travailleurs. En hommage à votre mari, Louis Laberge, et avec la gratitude du peuple québécois, recevez cette médaille de Grand Artisan de la Révolution tranquille.
D'abord avocat, à Joliette, puis député sur la scène fédérale, votre père devient chef du Parti libéral du Québec et chef de l'opposition officielle à l'Assemblée législative de Québec de 1953 à 1960. Complice de Jean Lesage, il sera le principal concepteur et auteur du programme de « l'équipe du tonnerre ». Il occupe les fonctions de vice-premier ministre de 1960 à 1964 et celle de procureur général dans le cabinet Lesage de 1960 à 1963. Il contribue à créer le ministère des Affaires culturelles dont il sera le premier titulaire.
Il a été l'un des principaux penseurs de la Révolution tranquille. En hommage à votre père, Georges-Émile Lapalme, et avec la gratitude du peuple québécois, recevez cette médaille de Grand Artisan de la Révolution tranquille.
D'abord avocat en pratique privée, votre père est élu au parlement fédéral en 1945. Treize ans plus tard, il traverse l'Outaouais et devient premier ministre en 1960 à la tête de « l'Équipe du tonnerre ». Avec des slogans tels « C'est le temps que ça change » et « Maîtres chez nous », il enclenche un train de réformes qui redéfinissent le rôle de l'État, refondent le système d'éducation, affirment notre langue et notre culture, stimulent notre développement économique et démocratisent les services de santé et le développement social.
Pivot de notre histoire, il a été l'accoucheur du Québec moderne. En hommage à votre père, Jean Lesage, et avec la gratitude du peuple québécois, recevez cette médaille de Grand Artisan de la Révolution tranquille.
Homme d'Église formé chez les Dominicains, votre oncle a aussi fait des études de génie à Lille, en France, puis a été ordonné prêtre en 1928. Il obtient en 1933 l'équivalent d'un doctorat en sciences sociales. Il fonde, en 1938, l'École des sciences sociales de l'Université Laval. Esprit libéral, prêtre réformiste, il est réputé avoir formé plusieurs des grands acteurs de la Révolution tranquille.
Il est de ceux qui ont semé les germes du Québec moderne. En hommage à votre oncle, Georges-Henri Lévesque, et avec la gratitude du peuple québécois, recevez cette médaille de Grand Artisan de la Révolution tranquille.
Fils de la Gaspésie, votre père fait des études de droit à Québec avant de devenir journaliste. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, il est correspondant de guerre pour l'armée américaine. Il entre à Radio-Canada en 1945 et atteint la célébrité avec la populaire émission Point de mire. En 1960, élu dans Montréal-Laurier, il devient ministre des Ressources hydrauliques. Il pilote la nationalisation de l'électricité. Député indépendant à partir de 1967, il fonde le Parti québécois, qui fait élire ses premiers députés en 1970.
Monument de la Révolution tranquille, il a fait du mouvement souverainiste une option démocratique. Son apport à l'affirmation du Québec et des Québécois est incommensurable. En hommage à votre père, René Lévesque, et avec la gratitude du peuple québécois, recevez cette médaille de Grand Artisan de la Révolution tranquille.
Diplômé de l'École des sciences sociales de l'Université Laval, votre père devient secrétaire général de la Confédération des travailleurs catholiques du Canada en 1947. Il combat le gouvernement Duplessis et ses politiques conservatrices. Il mène la laïcisation du mouvement syndical.
Sous son leadership, la Confédération des travailleurs catholiques devient la CSN qui comptera rapidement de très nombreux membres dans la nouvelle fonction publique québécoise. Il soutiendra activement les réformes du gouvernement Lesage avant d'entreprendre une carrière politique fédérale.
Il a contribué à l'installation d'une fonction publique compétente et indépendante. En hommage à votre père, Jean Marchand, et avec la gratitude du peuple québécois, recevez cette médaille de Grand Artisan de la Révolution tranquille.
Vous êtes économiste, diplômé des universités Laval et McGill. Vous avez mené une carrière de haut fonctionnaire consacrée au développement économique du Québec.
À la fin des années 50, vous dirigez un groupe de travail qui conclut à la nécessité d'intégrer à Hydro-Québec les compagnies d'électricité privées, une idée qui allait changer la trajectoire du Québec. Aux côtés de votre confrère économiste Jacques Parizeau, vous êtes de nombreuses autres réformes : sécurité de la vieillesse, mise sur pied de la Régie des rentes, création de la Caisse de dépôt et placement du Québec, et l'exploitation de nos ressources naturelles.
Vous êtes un des détonateurs de la Révolution tranquille. André Marier, avec la gratitude du peuple québécois, je vous décore de cette médaille de Grand Artisan de la Révolution tranquille.
Formé en droit et en travail social, votre père enseigne d'abord aux universités Laval et McGill pendant 15 ans. Il est nommé vice-président à la Société centrale d'hypothèques et de logement en 1958, puis occupe les fonctions de sous-ministre du Bien-être social et de la Famille de 1962 à 1970. Il sert sous quatre ministres, dans quatre gouvernements.
Il a mis en œuvre d'innombrables mesures sociales qui forment la base de notre société de compassion et d'entraide. En hommage à votre père, Roger Marier, et avec la gratitude du peuple québécois, recevez cette médaille de Grand Artisan de la Révolution tranquille.
Diplômé en droit de l'Université de Montréal, votre mari entreprend en 1960 une carrière dans la fonction publique dans le domaine de l'éducation. De 1966 à 1969, il s'occupe de plusieurs dossiers importants au ministère de l'Éducation. Il participe notamment au groupe de travail qui a pour mandat de définir les grandes lignes du niveau collégial qui donnera naissance aux cégeps. Il participe à un groupe de réflexion du ministère de l'Éducation sur l'accessibilité et l'expansion de la formation universitaire qui conduira, en 1968, à la création de l'Université du Québec.
Il a démocratisé l'accès à l'éducation supérieure. En hommage à votre père, Pierre Martin, et avec la gratitude du peuple québécois, recevez cette médaille de Grand Artisan de la Révolution tranquille.
Vous êtes diplômé en sociologie de l'Université Laval. Vous y avez enseigné pendant 8 ans et avez fondé, en 1960, la revue Recherches sociographiques, qui est toujours publiée aujourd'hui. En 1964, vous entrez dans la fonction publique. Vous devenez sous-ministre adjoint à l'Éducation en 1966, puis sous-ministre en titre en 1969. En 1973, vous devenez directeur général de la Régie de l'assurance maladie du Québec. Puis, deux ans plus tard, vous devenez recteur de l'Université de Sherbrooke où en 1980, vous avez apposé votre signature sur le diplôme de Droit du premier ministre actuel du Québec.
À travers votre parcours prestigieux, vous avez renforcé les deux missions les plus essentielles de l'État, l'éducation et la santé. Yves Martin, avec la gratitude du peuple québécois, je vous décore de cette médaille de Grand Artisan de la Révolution tranquille.
Votre père était diplômé en sciences pures de l'Université de Montréal. En 1966, il est membre et ensuite président de la Commission d'enquête sur la santé et le bien-être social. En 1967, cette Commission propose la mise en place d'un régime d'assurance maladie complet et universel pour tous les résidants du Québec. La Régie de l'assurance maladie du Québec est créée le 13 juin 1969. Par la suite, votre père, à titre de sous-ministre adjoint aux Affaires sociales mettra en en place le réseau des CLSC.
Il est de ceux qui ont construit notre système public de santé. En hommage à votre père, Gérard Nepveu, et avec la gratitude du peuple québécois, recevez cette médaille de Grand Artisan de la Révolution tranquille.
Vous êtes notamment, licencié en droit de l'Université de Sherbrooke et diplômé de l'Institut d'études politiques de l'Université de Paris. En 1964, vous pilotez la mise à jour des lois-cadres, mieux connues sous le nom des Statuts refondus, et participez directement à la rédaction des projets de loi qui ont notamment donné naissance au ministère de l'Éducation, à l'Université du Québec, aux cégeps et à l'aide sociale. Vous avez été sous-ministre en titre, pendant 18 ans dans 3 ministères.
Juriste d'exception, vous avez en partie conçu l'architecture légale de notre État moderne. Robert Normand, avec la gratitude du peuple québécois, je vous décore de cette médaille de Grand Artisan de la Révolution tranquille.
Diplômé en droit de l'Université Laval, votre père a été président-directeur général de la Société des artisans canadiens-français de 1942 à 1974, président du Conseil de la coopération du Québec, de 1947 à 1953, et président de l'Imprimerie populaire, qui imprimait notamment Le Devoir, de 1953 à 1977.
Il a aussi présidé les destinées de la Chambre de commerce du Québec, de la Chambre de commerce de Montréal et du Conseil d'orientation économique du Québec. En 1961, il devient président -fondateur de la SGF puis, en 1965, il fonde SIDBEC.
Il a été un développeur économique infatigable et un des plus ardents promoteurs de l'émergence de gens d'affaires francophones. En hommage à votre père, René Paré, et avec la gratitude du peuple québécois, recevez cette médaille de Grand Artisan de la Révolution tranquille.
Votre frère est ordonné prêtre en 1929. Il obtient son doctorat en philosophie à l'Université catholique de Louvain en Belgique. De 1954 à 1960, il est recteur de l'Université Laval. De 1961 à 1966, il préside la Commission d'enquête sur l'enseignement au Québec.
Le rapport qui en découle, le Rapport Parent, établit les bases d'une réforme historique de l'éducation visant entre autres choses : la régionalisation scolaire, la démocratisation de l'enseignement secondaire et la création d'un nouveau réseau d'institutions collégiales et universitaires.
Il a forgé l'assise de notre système d'éducation. En hommage à votre frère, Alphonse-Marie Parent, et avec la gratitude du peuple québécois, recevez cette médaille de Grand Artisan de la Révolution tranquille.
Votre père était diplômé en Sciences commerciales de HEC Montréal, en sciences économiques de la Faculté de droit de Paris et de l'Institut d'études politiques de Paris. Il a été membre puis directeur général du Conseil d'orientation économique du Québec de 1961 à 1968. Puis, il a été directeur-fondateur de l'Office de planification du Québec en 1968 et 1969. C'est cette année-là qu'il fonde l'École nationale d'administration publique, où il a aussi enseigné pendant 17 ans.
Son legs est substantiel : il a mis sur pied une université tournée vers l'excellence de l'État. En hommage à votre père, Roland Parenteau, et avec la gratitude du peuple québécois, recevez cette médaille de Grand Artisan de la Révolution tranquille.
Après des études à l'Université de Montréal, votre père devient journaliste au Devoir puis, en 1961, rédacteur en chef de La Presse. En 1964, après une longue grève, il est congédié à cause de ses idées jugées trop radicales.
Ce contestataire, défenseur des plus humbles, pourfendeur du clergé et adversaire acharné de Duplessis est l'un des fondateurs de la revue Cité Libre en 1950. Par le biais de cette revue et de la Société Radio-Canada, Pelletier et ses camarades contribuent à secouer les consciences. En 1965, il fait le saut en politique fédérale.
Il a favorisé l'éveil des Québécois et l'avènement d'une société plus juste. En hommage à votre père, Gérard Pelletier, et avec la gratitude du peuple québécois, recevez cette médaille de Grand Artisan de la Révolution tranquille.
Votre père était diplômé en droit de l'Université Laval. Il a mené une brillante carrière d'avocat. Il est devenu conseiller juridique auprès du premier ministre Jean Lesage, de 1960 à 1966.
Homme de confiance de Lesage, il est associé à toute la législation engendrée par la Révolution tranquille. En 1967, il devient juge à la Cour suprême du Canada, jusqu'à sa retraite en 1980. Il a d'ailleurs donné son nom au journal de la faculté de droit de l'Université de Montréal : Le Pigeon dissident, délicieux clin d'œil à cet esprit lumineux qui n'a jamais hésité à aller à l'encontre des idées reçues.
Il a été l'une des éminences juridiques de la Révolution tranquille. En hommage à votre père, Louis-Philippe Pigeon, et avec la gratitude du peuple québécois, recevez cette médaille de Grand Artisan de la Révolution tranquille.
Diplômé de l'Université de Paris en sciences politiques et sociales, votre père a été président de l'Institut canadien des affaires publiques. Sociologue réputé, il préside de 1966 à 1968 la Commission sur l'enseignement des arts au Québec. Ses travaux ont porté sur les communautés rurales et urbaines et sur la jeunesse québécoise.
Il était un sociologue très engagé; pionnier de la philosophie souverainiste, il a écrit plusieurs ouvrages sur l'identité québécoise, dont La question du Québec, en 1969, appelant les Québécois à prendre conscience d'eux-mêmes à s'émanciper.
Il a été un intellectuel déterminant dans l'émergence du mouvement souverainiste. En hommage à votre père, Marcel Rioux, et avec la gratitude du peuple québécois, recevez cette médaille de Grand Artisan de la Révolution tranquille.
Secrétaire national de l'Action catholique canadienne de 1945 à 1962, votre père devient éditorialiste au Devoir. Deux ans plus tard, il est nommé directeur du quotidien et demeurera en poste jusqu'en 1978. Pendant 16 ans, il aura été un des maîtres à penser du Québec. La finesse de son analyse, sa vaste culture et la fermeté de ses principes démocratiques ont fait de lui un des conseillers les plus sollicités à cette époque effervescente où le Québec redéfinissait ses repères.
En 1978, il a quitté le journalisme pour continuer de contribuer au développement du Québec sur la scène politique.
Il a été comme un phare dans la tempête. En hommage à votre père, Claude Ryan, et avec la gratitude du peuple québécois, recevez cette médaille de Grand Artisan de la Révolution tranquille.
Avocat de formation, votre père a joué un rôle actif dans la création de l'Union nationale et a été élu sous cette bannière en 1936 et réélu 5 fois, toujours dans la circonscription de Deux-Montagnes.
Membre de la force de réserve de l'Armée canadienne, il participe au débarquement de Normandie en 1944 comme commandant en second les Fusiliers du Mont-Royal.
Il est ministre du Bien-être social et de la Jeunesse lorsque survient, en 1959, le décès de Maurice Duplessis. Il lui succède au poste de premier ministre. Il ne sera en poste que 100 jours avant de mourir subitement, mais son célèbre « Désormais », était annonciateur d'un virage majeur.
Il a été le premier à ouvrir les vannes du changement. En hommage à votre père, Paul Sauvé, et avec la gratitude du peuple québécois, recevez cette médaille de Grand Artisan de la Révolution tranquille.
Diplômé en sciences sociales de l'Université Laval et en éducation de l'Université Harvard, votre mari est nommé, en 1960, chef de cabinet du ministre de la Jeunesse, Paul Gérin-Lajoie.
De 1960 à 1964, il est le bras droit du ministre, puis conseiller technique dans ce ministère et enfin directeur de la recherche et de la planification. En 1964, il est sous-ministre de l'Éducation. Il a aussi présidé le Comité d'étude sur l'enseignement technique et professionnel et est devenu, en 1961, membre adjoint de la Commission royale d'enquête sur l'enseignement.
Il est de ces intellectuels immenses qui ont inventé notre système d'éducation. En hommage à votre mari, Arthur Tremblay, et avec la gratitude du peuple québécois, recevez cette médaille de Grand Artisan de la Révolution tranquille.
***
Mesdames, Messieurs,
La Révolution tranquille a marqué une double naissance : celle de notre État moderne et aussi celle du peuple québécois.
Le mouvement perpétuel qui a alors été lancé continue d'entraîner notre marche.
Les défis changent.
Les débats changent.
Les manières de faire changent.
Mais l'acquis le plus fondamental de cette époque est inaliénable : car depuis lors et plus que jamais, nous sommes fiers d'être Québécois.
Bonne fin de soirée.
Mise en ligne : 22 septembre 2010