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Assumer le leadership du Québec au sein du Canada, la meilleure façon de garantir l’avenir et d’atteindre la prospérité.

Par Jean Charest, premier ministre du Québec.

Le Québec possède les moyens de choisir son destin et il est libre de le faire mais il n’est pas dans l’intérêt des Québécois de tourner le dos au Canada pour devenir un état séparé. Voilà toute l’essence des propos que j’ai tenus à l’occasion d’une entrevue d’une heure à TV5 France, entrevue réalisée dans le cadre de ma visite officielle en France et qui sera diffusée dimanche le 9 juillet à 17H30.

Devant l’ardeur suspecte du chef du Parti québécois, M. André Boisclair à déformer mes propos, à les sortir de leur contexte et à n’en retenir que ce qui fait son affaire, je crois qu’il est indispensable d’apporter les précisions et les nuances qui s’imposent.

Ceux et celles qui écouteront intégralement cette entrevue auront l’occasion de réaliser que j’ai énuméré non seulement, et de manière non exhaustive, les motifs qui militent en faveur de notre appartenance au Canada, mais également les conséquences négatives rattachées au choix de la séparation.

Bien des choses sont faisables sans être souhaitables. De nombreux pays sont juridiquement indépendants et économiquement dépendants. De nombreux pays indépendants n’arrivent pas à la cheville du Québec en termes d’économie, de développement et de progrès social. Un grand nombre de pays indépendants cherchent à rejoindre les grands ensembles pour améliorer leur niveau de vie et prendre une meilleure place dans le monde. De nombreux pays se tournent vers des modes d’organisation fédéralistes pour mieux tirer leur épingle du jeu comme c’est le cas en Europe.

Les avantages d’un Québec dans le Canada
Comme homme politique, comme chef du Parti libéral du Québec, comme premier ministre et comme mes prédécesseurs, j’ai toujours soutenu que bien qu’il s’agisse d’un choix légitime, la séparation du Québec du reste du Canada n’est pas une option qui sert l’intérêt des Québécois. À deux reprises, au cours des 25 dernières années, les Québécois ont démocratiquement et majoritairement rejeté cette option et ce, peu importe la façon dont elle leur a été présentée.

Jouer pleinement notre rôle au sein de la fédération canadienne, assumer entièrement notre leadership comme nous le faisons dans le cadre du Conseil de la Fédération, proposer et négocier des ententes qui respectent nos compétences et répondent aux attentes de la population, voilà des moyens concrets de servir les intérêts des Québécois. Le fédéralisme unit plus qu’il ne divise. Dans un contexte de mondialisation des échanges, le fédéralisme canadien renforce notre position et notre influence dans le monde à travers le G8 et l’Alena, entre autres. Il permet l’expression de notre différence, encourage le partage des expériences et des richesses de l’ensemble du Canada.

Les actions de ce gouvernement, les engagements du Parti libéral du Québec convergent tous vers la conviction profonde que notre appartenance au Canada, ce pays que les Québécois ont eux-mêmes fondé, sert mieux leurs intérêts et leur bien-être que l’aventure risquée de la séparation. Nous avons toujours reconnu que les Québécois pouvaient et devaient exercer librement leur droit de se prononcer démocratiquement sur la question du statut politique du Québec. Par contre, qu’il s’agisse de Robert Bourassa ou de moi-même nous n’avons jamais reconnu la pertinence de la séparation tant du point de vue économique que politique. Nous savons ce que nous avons à perdre, nous ne savons pas ce que nous avons à gagner ni le prix qu’il faudrait payer. Nous avons toujours eu et nous avons encore la certitude que le Québec dispose dans le cadre actuel des outils nécessaires à son épanouissement. Le fédéralisme est un de ces outils.

Nos entrepreneurs, nos chercheurs, nos inventeurs, nos créateurs ont cent fois démontré que la voie de la réussite pouvait être empruntée sans qu’il soit nécessaire de rompre nos liens avec le Canada. En fait, nos entreprises, nos universités, nos institutions se servent de notre appartenance au Canada comme d’un tremplin pour aller plus loin et affirmer avec plus de force notre vitalité, notre originalité et notre génie.

La preuve est faite que le Québec comme société, réussit très bien au sein du Canada. La preuve que le Québec pourrait gagner quoi que ce soit en se séparant du Canada n’a, elle, jamais été faite. Le fardeau de cette preuve repose totalement sur les épaules des souverainistes. Jusqu’à présent, le Parti Québécois, incluant son chef actuel, n’a jamais été capable de convaincre les Québécois du bien fondé de son option car il n’a jamais pu dire pourquoi le Québec devrait se séparer du Canada.

L’incertitude
Les innombrables scénarios et astuces imaginés au fil des ans par le Parti Québécois débouchent tous sur l’incertitude économique, sociale et politique. Ce n’est certainement pas la série d’études Le Hir réalisée en 1995 qui auront permis aux Québécois de se sentir rassurés sur les risques de la séparation. En 2002, le gouvernement du Parti Québécois effectuait une mise à jour des études de la Commission Bélanger-Campeau réalisées sous un gouvernement libéral en 1991. Là encore, les auteurs de cette mise à jour concluaient que le changement de statut politique du Québec s’accompagnerait d’un manque à gagner se situant entre 6 et 8 milliards de dollars pour financer les services offerts aux Québécois.

Dans la présentation de son budget de l’An 1 de l’indépendance, l’ancien ministre péquiste François Legault établissait à 250 milliards de dollars la dette d’un Québec séparé. Pendant la dernière course à la chefferie du Parti Québécois, Pauline Marois avouait avec franchise qu’elle entrevoyait au moins cinq années de perturbations après un référendum favorable à la séparation. On constate donc que même chez les partisans de la souveraineté, ils sont de plus en plus nombreux à reconnaître les inconvénients et les conséquences de cette option.

À l’heure actuelle, le statut politique du Québec n’est pas la principale préoccupation des Québécois. Ils ont déjà la capacité de rayonner partout dans le monde tout en jouissant des avantages de la fédération canadienne. Leurs priorités et leurs ambitions consistent à rehausser la qualité de nos services de santé et d’éducation, à protéger notre environnement, à développer encore davantage notre économie, à améliorer notre niveau de vie en réunissant toutes les conditions pour favoriser une plus grande prospérité. C’est ce que mon gouvernement s’emploie à faire depuis plus de trois ans. En effet, nous venons collectivement de consacrer trois ans d’efforts soutenus et déterminés afin de redresser la situation budgétaire du Québec. Trois ans d’efforts qui ont été reconnus de manière concrète par le rehaussement de la cote de crédit du Québec! Loin de ces préoccupations, le Parti Québécois concocte un autre scénario de référendum. Sa priorité consiste à remettre à l’eau la cage à homard de Jacques Parizeau.

Les Québécois ne sont pas dupes. La déformation de mes propos par André Boisclair, son empressement pathétique à les travestir et à les récupérer pour servir sa cause sont des signes qui trahissent son désarroi devant l’impasse que représente son obsession pour la séparation et un référendum. Je l’invite à regarder l’avenir avec lucidité, à lever le brouillard entourant ses intentions référendaires et à réaliser que le peuple québécois forme déjà une des sociétés les plus libres et les plus démocratiques de la planète. Le Québec a atteint un niveau de développement et une qualité de vie que plusieurs pays du monde nous envient et nous y sommes arrivés dans le cadre de la fédération canadienne.


Mise en ligne : 10 juillet 2006


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