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Bourses du millénaire :Le gouvernement du Québec appuie les étudiants et interpelle les sénateurs

Montréal, le lundi 1er juin 1998 - Le premier ministre du Québec, monsieur Lucien Bouchard, et la ministre de l’Éducation, madame Pauline Marois, appuient avec vigueur l’action entreprise aujourd’hui par les fédérations étudiantes collégiale et universitaire du Québec et réclament des sénateurs des amendements à la loi créant la Fondation canadienne des bourses d’études du millénaire.

« La Coalition pour l’Éducation, les associations d’affaires, les représentants des trois partis politiques du Québec, par la voie d’une résolution unanime de l’Assemblée nationale le 14 mai dernier, ont tous décrié ce projet. Il est clair, contrairement à ce que prétend le gouvernement fédéral, qu’il ne s’agit pas d’une simple querelle fédérale-provinciale, mais bien d’une volonté ferme de la part de monsieur Chrétien d’ignorer les compétences du Québec en matière d’éducation. Les sénateurs doivent saisir l’occasion d’entendre aujourd’hui le message des jeunes et de réparer l’injustice commise envers le Québec en amendant le projet de loi C-36 de manière à prévoir un droit de retrait avec pleine compensation pour le Québec. Nous exhortons en particulier les 23 sénatrices et sénateurs du Québec d’assurer le respect par le gouvernement de Jean Chrétien de la Constitution de 1867 », de déclarer le premier ministre Lucien Bouchard.

« Afin d’éviter une intervention dans un champ de compétence exclusive au Québec, nous avons déposé, le 5 avril dernier, une proposition d’entente tout à fait respectueuse des objectifs de visibilité poursuivis par le gouvernement fédéral. Nous avons négocié de bonne foi jusqu’à ce que, candidement, le ministre Pierre Pettigrew m’avoue que ni lui, ni les négociateurs fédéraux n’avaient le mandat de monsieur Chrétien de trouver un arrangement législatif convenant aux deux parties. Il était clair, dès ce moment, que le fédéral n’avait jamais eu l’intention de négocier. Les jeunes posent ici un geste extrêmement significatif en entreprenant cette « croisade » », a souligné madame Marois.

La ministre de l’Éducation a affirmé que le programme des bourses du millénaire appliqué par une fondation privée au Québec aura des effets pervers sur le coût du régime d’aide financière aux études en plus de créer désordre, inefficacité, confusion et iniquité pour les étudiantes et les étudiants du Québec.

« Le plus odieux de toute cette histoire, c’est que, pour créer cette fondation, le fédéral a saisi plus de 625 millions de dollars dans les poches des contribuables québécois, au moment où nous en avons le plus besoin. Le fédéral met sur pied une fondation non-imputable, non-élue, non experte pour gérer des millions et offrir un programme de visibilité à monsieur Chrétien. L’action des fédérations étudiantes démontre à quel point les jeunes comprennent l’urgence de corriger cette aberration », a poursuivi monsieur Bouchard.

Soulignons que le système d’éducation au Québec est conçu de façon à permettre à tous les jeunes d’y avoir accès peu importe leur situation financière ou celle de leurs parents. À cet égard, le Québec possède un régime d’aide financière qui est, sans contredit, le plus généreux au Canada, de l’aveu même du gouvernement fédéral. Le gouvernement du Québec gère depuis plus de trente ans un régime d’aide financière très accessible et les contribuables du Québec consacrent annuellement à ce régime plus de 250 millions de dollars, uniquement en bourses, au bénéfice de 72 000 étudiants. De plus, le Québec maintient pour ses étudiantes et ses étudiants l’application d’une politique d’accessibilité à l’université par des frais de scolarité peu élevés. Ceci fait de ce programme un des programmes les plus transparents et les plus avant-gardistes en Amérique du Nord.

« Le gouvernement du Québec considère que ses politiques demeurent essentielles au développement de la société québécoise et à sa progression dans l’économie du savoir. Et bien que, comparativement à l’endettement des étudiants canadiens, l’endettement des étudiants du Québec soit plus raisonnable, il demeure préoccupant. C’est pourquoi nous avons introduit, dans notre régime d’aide financière, un programme de remise de dette qui sera appliqué dès l’an prochain. Ce programme pourrait bien sûr être amélioré, si nous obtenions notre juste part du Fonds des bourses du millénaire. Lors de notre rencontre du 30 mars dernier à Ottawa, j’ai eu l’occasion d’expliquer le programme de bourses du Québec au premier ministre Chrétien. J’ai été estomaquée de ses propos à l’effet qu’il ignorait tout de ce programme, même son existence. C’est assez aberrant pour quelqu’un qui prétend vouloir investir dans l’accès à l’éducation postsecondaire. Et aujourd’hui, il voudrait que le gouvernement du Québec cède la place pour faire ce que nous faisons déjà depuis 1964. Ça n’a pas de bon sens », a conclu madame Marois.


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Mise en ligne : 1er juin 1998


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