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Le gouvernement a osé et il a agiLe Québec récolte aujourd’hui les fruits des efforts collectifs consentis par sa population

Québec, le vendredi 20 juin 1997 - « La dernière session parlementaire a vu nos efforts de l’an dernier récompensés : les Québécoises et les Québécois récoltent aujourd’hui les fruits des décisions difficiles que le gouvernement a pris depuis le début de son mandat. Nous sommes fiers d’avoir su à la fois mater le monstre du déficit, préserver les acquis sociaux du Québec et trouver des solutions de compromis acceptables avec les employés de l’État », a déclaré le premier ministre du Québec, M. Lucien Bouchard, lors de la présentation du bilan gouvernemental de la session parlementaire qui a pris fin aujourd’hui à Québec.

Bilan économique : 100 000 emplois créés depuis juillet 1996

M. Bouchard qualifie « de très encourageants » les résultats atteints en matière d’emploi depuis les douze derniers mois. « Cent mille emplois ont été créés depuis juillet dernier, dont 67 500 depuis la tenue du Sommet économique de l’automne, dit-il. Mais les bonnes nouvelles ne s’arrêtent pas là », a poursuivi le premier ministre.

Depuis le début de l’année, les indicateurs économiques montrent une nette amélioration de la situation au Québec. En 1997, la hausse des ventes au détail a atteint 10 %, celle des livraisons manufacturières 7 % et les mises en chantier sont en hausse de 41 %. « Et par dessus tout cela , a déclaré M. Bouchard, les exportations québécoises, après avoir connu une année record de 49 milliards de dollars en 1996, sont en hausse de 8 %, en termes réels, cette année. »

Depuis le Sommet sur l’emploi, 54 projets ont été réalisés ou sont sur le point de l’être. Ce sont des investissements de plus de 600 millions de dollars pour cette année et la création de 8 500 emplois. Les retombées économiques du Sommet se feront ainsi sentir sur plusieurs mois.

Un plan d’investissements privés et publics de 5,3 milliards de dollars

Dans son dernier budget, le gouvernement a créé un plan d’investissements privés et publics de 5,3 milliards de dollars dont un Fonds pour l’accroissement de l’investissement privé et la relance de l’emploi (FAIRE) où seront investis 2,2 milliards de dollars dans des projets créateurs d’emplois ; il a accordé un soutien financier de 90 millions de dollars pour créer 7 000 emplois en économie sociale et il a ajouté 43 millions de dollars par année pour 1 820 nouveaux logements sociaux, dont 1 200 qui profiteront aux ménages à faible revenu.

Il a de plus créé une allocation-logement élargie qui permet à 106 000 familles d’avoir une aide au logement augmentée.

Pour les jeunes, le gouvernement versera 100 millions de dollars pour l’appui aux études et à l’emploi dont 32 millions pour des stages et des emplois d’été pour étudiants, 30 millions pour l’adaptation de la formation aux besoins des entreprises et 22 millions pour l’embauche de jeunes dans les secteurs de pointe.

Le gouvernement met de l’avant une réforme fiscale en faveur de l’emploi en réduisant, notamment, de 850 millions de dollars l’impôt sur le revenu des contribuables ; en abaissant de 15 % l’impôt des ménages gagnant 50 000 dollars ou moins annuellement et; en abolissant tout impôt pour 200 000 contribuables additionnels qui ont un faible revenu.

« Le déficit zéro dans 21 mois »

Concernant son engagement d’éliminer rapidement le déficit et d’assainir les finances publiques, le premier ministre estime que son gouvernement « livre la marchandise ».

« Nous l’avions dit l’an dernier, l’année en cours est la plus difficile, notamment parce que les coupures fédérales atteignent, en 1997, un sommet inégalé, a rappelé M. Bouchard. Mais nous avions fait le pari de continuer de réduire les dépenses du gouvernement, et de demander à tous les employés de l’État de contribuer à l’effort collectif. Nous pouvons dire aujourd’hui que la plus grande partie du chemin a été franchie, dit-il. Que ce soit les juges, les médecins, les députés et les ministres, les cadres, les employés des secteurs public et parapublic, chacun a fait sa part d’une manière absolument exemplaire. Nous allons nous entendre aujourd’hui même avec les médecins spécialistes. »

Selon le premier ministre, le programme des départs volontaires à la retraite, réalisé grâce au concours et à la contribution financière des syndicats du secteur public, dépasse les objectifs fixés de 15 000 départs. En date d’hier, 16 640 départs étaient confirmés. Des demandes supplémentaires sont toujours en traitement, ce qui pourrait porter ce total à plus de 20 000 départs.

« Comme nous l’avons toujours dit, les départs effectués au-delà de la cible seront remplacés, ce qui permettra un rajeunissement et un renouvellement de la fonction publique, notamment dans la santé et dans l’éducation », a déclaré M. Bouchard qui a rappelé que les grandes entreprises, concernant la lutte au déficit, sont mises à contribution à hauteur de 500 millions de dollars par an, par le non-remboursement d’une partie de la TVQ. Les banques paient une surtaxe de 5 % versée au fonds de lutte contre la pauvreté et la lutte au travail au noir a permis de recueillir 800 millions de dollars supplémentaires.

« Un des derniers gros morceaux de l’élimination du déficit est le 500 millions de dollars demandé aux municipalités, ce qui représente 6 % de leur budget total de 8,5 milliards de dollars », a précisé M. Bouchard. Il estime qu’il est possible d’amortir cette somme dans les budgets de fonctionnement et dans les coûts de main-d’oeuvre des municipalités sans alourdir le fardeau fiscal des Québécois, par la voie de la négociation : « C’est un exercice d’équité pour les travailleurs du secteur municipal, un exercice de rigueur et de responsabilité pour les élus et les gestionnaires municipaux. »

Le premier ministre a également rappelé la mise en vigueur de la Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles, « une pièce maîtresse de notre politique de développement durable en matière agricole. Elle assure la compétitivité du secteur et la sauvegarde de l’environnement et des ressources naturelles. »

Selon M. Bouchard, « grâce aux efforts collectifs réalisés cette année, nous pouvons affirmer sereinement que le déficit des Québécois sera éliminé dans 21 mois. Et nous pourrons dire à nos jeunes et à nos enfants que nous avons cessé de les endetter », a-t-il déclaré.

Un bilan social dont le Québec peut être fier

Le premier ministre du Québec a rappelé les diverses mesures sociales prises par le gouvernement du Parti Québécois depuis janvier 1996 (assurance-médicaments ; élargissement de l’accessibilité à l’aide juridique ; hausse du salaire minimum ; lois sur l’équité salariale et sur la perception des pensions alimentaires).

« Nous avons également bonifié le régime assurance-médicaments qui offrait une assurance à un million de Québécois dont 300 000 enfants qui n’en étaient pas pourvus. Maintenant, avec la mensualisation des frais, l’assurance devient plus abordable pour les plus démunis », a rappelé M. Bouchard qui a également souligné l’adoption de la réforme de la Régie des rentes qui, selon lui, assure à toutes les générations de Québécois l’assurance d’une rente juste et équitable. « Il s’agit ici d’un important effort d’équité intergénérationnelle », a-t-il dit.

Le premier ministre a également insisté sur les mesures sociales prises au cours des six derniers mois. La nouvelle politique familiale du gouvernement du Parti Québécois apporte une aide financière accrue pour plus de 23 % des familles grâce à la mise sur pied d’une allocation unifiée pour enfant ; elle instaure progressivement des services de garde à coûts minimes, la maternelle à temps plein pour les jeunes de cinq ans qui souhaitent s’en prévaloir et la garde des enfants de quatre ans qui vivent en milieu défavorisé. Précisons que cette nouvelle politique familiale crée 4 000 emplois supplémentaires, dès cette année.

« En adoptant la politique familiale la plus généreuse en Amérique du Nord, nous investissons massivement dans l’enfance et dans la famille », a déclaré le premier ministre. Cette politique aura pour effet d’améliorer substantiellement le revenu disponible pour les travailleurs à faible revenu. Cette augmentation pourra atteindre plus de 10 % du revenu annuel disponible. Cela profitera en particulier aux familles de salariés en bas de l’échelle.

M. Bouchard a tenu à souligner que 278 femmes ont été nommées à des postes dans des organismes et ministères sur les 815 nominations effectuées par son gouvernement, au 31 mars dernier. La proportion des femmes nommées représente 34,1 % de l’ensemble des nominations gouvernementales.

Au niveau de la solidarité sociale, le financement aux organismes communautaires est passé de 98 millions de dollars en 1994-1995 à 137 millions en 1996-1997, soit une augmentation de 40 %. Près de 30 % de cette aide est destiné aux femmes en difficulté, 25 % pour des services à la jeunesse et 13 % pour des services dans le domaine de la santé.

Des mesures favorisant la protection et l’épanouissement de notre langue

« Cette année, nous avons aussi franchi un énorme pas dans le dossier des commissions scolaires linguistiques, a souligné le premier ministre. Ici, l’enjeu est simple, dit-il : mettre un terme à un système scolaire qui continuait à favoriser l’intégration des nouveaux arrivants dans la communauté anglophone, notamment à Montréal. La réforme adoptée aujourd’hui à l’unanimité marque un point tournant dans l’évolution de notre système scolaire et dans nos efforts d’intégration des nouveaux arrivants à la majorité », a déclaré M. Bouchard. C’est pourquoi l’Assemblée nationale a voté à l’unanimité une phrase qui ne se trouvait jusqu’ici dans aucun texte de loi du Québec : « l’intégration des immigrants à la communauté francophone constitue une priorité pour la société québécoise ».

Le gouvernement a également posé un autre geste important pour la promotion du français au Québec : l’adoption de la loi 40 qui redonne à la Charte de la langue française la capacité de faire son travail pour protéger et promouvoir le français.

Il y a aussi les mesures de promotion de la qualité du français et d’aide à la créativité. Dans son dernier budget, l’investissement collectif dans les bibliothèques municipales a été augmenté et le gouvernement a l’intention de doter la métropole d’une grande bibliothèque qui profitera à l’ensemble du réseau de bibliothèques au Québec.

M. Bouchard a conclu le bilan de la dernière session parlementaire de façon suivante : « Ces changements étaient tous nécessaires pour l’avancement de la société québécoise. Je salue le cran, l’énergie et, souvent, le courage politique de l’équipe gouvernementale qui a su relever ces défis risqués et mener ces réformes à terme.

« Bref, dans une année financièrement difficile, le gouvernement du Québec termine cette session avec le sentiment du travail accompli, des engagements tenus, et avec le sentiment que le Québec est sur la bonne voie pour l’emploi, pour la solidarité, pour le redressement de ses finances et pour sa langue et sa culture.

« Tous nos efforts visent à solidifier le Québec et à le rendre socialement plus solidaire. Au terme de 18 mois au cours desquels, plus que jamais auparavant, les politiciens du Canada ont voulu nier les droits des Québécois et l’existence même de notre peuple, il nous apparaît essentiel de poursuivre notre engagement en faveur de la souveraineté du Québec et de renouveler avec ferveur notre volonté de vivre ensemble et de décider ensemble de notre avenir. »


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Mise en ligne : 20 juin 1997


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