Gouvernement du Québec

Premier ministre

Restaurer la taille du texteAugmenter la taille du texte

Le premier ministre du Québec propose un moratoire de deux ans sur la croissance des dépenses fédérales, une baisse des impôts et un rétablissement partiel des dépenses sociales

Québec, le mercredi 10 décembre 1997 - Le premier ministre du Québec, M. Lucien Bouchard, a annoncé aujourd’hui en conférence presse qu’il entend proposer à ses homologues du reste du Canada un moratoire de deux ans sur toute croissance des dépenses de programmes du gouvernement fédéral. Il proposera que, pendant ces deux années, 75 % du surplus budgétaire fédéral soit consacré à une réduction des impôts de l’ensemble des contribuables québécois et canadiens, et que le 25 % restant soit transféré aux provinces sous forme de points d’impôt pour être consacré aux programmes sociaux.

Selon le premier ministre du Québec, cette proposition, qui s’inscrit dans le sillage de la déclaration commune adoptée hier par les ministres provinciaux des Finances, « illustre la volonté des Québécois et des Canadiens de voir les surplus budgétaires fédéraux investis efficacement dans les programmes sociaux, principalement en santé et en éducation. De plus, estime M. Lucien Bouchard, notre proposition tient compte du souhait de la population d’alléger son fardeau fiscal. »

La proposition du Québec a l’avantage d’éviter que l’argent durement gagné par les contribuables soit gaspillé par la création de nouveaux programmes et organismes fédéraux dédoublant les actions des provinces. M. Bouchard a expliqué la nécessité d’un moratoire en indiquant qu’il y a « péril en la demeure », alors que les ministres fédéraux ont identifié 153 nouvelles « priorités  » de dépenses fédérales à être effectuées au cours des prochaines années.

La proposition que M. Bouchard fera à ses homologues respecte la volonté du Québec et des provinces de voir le fédéral mettre un frein à son pouvoir de dépenser. « Chaque dollar dépensé pour créer une nouvelle structure ou un nouveau programme dédoublant les efforts du Québec et des provinces est un dollar gaspillé », a déclaré le premier ministre du Québec. «Après toutes les restructurations réalisées, le Québec et les provinces sont garantes de la bonne gestion des programmes sociaux, a-t-il ajouté. Personne ne doute aujourd’hui que les sommes supplémentaires que le Québec pourrait investir en santé, en éducation ou en aide sociale se rendraient directement aux patients, aux élèves ou aux bénéficiaires. »

Monsieur Bouchard estime que la proposition du Québec de répartir pendant deux ans le surplus budgétaire fédéral entre une réduction d’impôt et un rétablissement partiel des dépenses sociales des provinces a le mérite de la clarté : elle respecte les compétences du Québec et des provinces ; elle récompense les contribuables québécois et canadiens pour les efforts consentis ces dernières années ; elle aura un impact favorable sur l’économie, les revenus des ménages, la consommation et la compétitivité des entreprises et elle prévient tout gaspillage provenant de nouveaux dédoublements. La proposition du Québec dégage une période de temps raisonnable pour stabiliser les finances publiques fédérales et éviter une nouvelle dérive dans les dépenses du gouvernement canadien. Pendant ce moratoire, le gouvernement fédéral pourra financer de nouvelles initiatives dans ses propres champs de compétence en dégageant des sommes à même son enveloppe actuelle de dépenses de programmes, comme le font les provinces.

Le premier ministre du Québec a également réitéré, comme l’ont fait hier les ministres des Finances, la proposition voulant que les cotisations versées à l’assurance-emploi par les employeurs et les travailleurs soient réduites, et que les prestations auxquelles les travailleurs saisonniers sont en droit de recevoir soient haussées. « N’oublions pas que le surplus de l’assurance-emploi appartient aux employeurs et aux employés et que les travailleurs saisonniers sont ceux qui ont le plus souffert de la réforme orchestrée par Ottawa », a tenu à rappeler M. Lucien Bouchard .

Le premier ministre estime qu’il est normal que les provinces aient voix au chapitre sur la façon dont sera alloué le résultat des efforts qui leur ont été imposés puisque, selon lui, « le gouvernement fédéral a fait porter l’essentiel de son effort de réduction des dépenses en réduisant les transferts aux provinces ainsi que sur les Québécois et les Canadiens en diminuant leurs prestations. »


- 30 -


Mise en ligne : 10 décembre 1997


Accessibilité   |   Politique de confidentialité   |   Droits d’auteur

Gouvernement du Québec
© Gouvernement du Québec, 2017