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S’il existe, en 1996 au Québec, « une équipe du tonnerre », elle est dans cette salle, lance le premier ministre aux participants du Sommet

Montréal, le mardi 29 octobre 1996 - C’est dans un discours d’ouverture résolument optimiste et porteur d’espoir que le premier ministre a appelé aujourd’hui les participantes et les participants du Sommet sur l’économie et l’emploi « à s’adapter au nouveau contexte économique dont le maître mot, l’exigence incontournable est la compétitivité, elle-même indissociable d’un autre impératif : la création d’emplois  ». Et la création d’emplois, a lancé le premier ministre, c’est la raison d’être de notre Sommet.

« La meilleure distribution de la richesse, la meilleure expérience professionnelle, la meilleure sécurité sociale, c’est l’emploi, a-t-il poursuivi. La meilleure stratégie de lutte à l’exclusion et à la pauvreté, la meilleure réforme de la sécurité du revenu, la meilleure stratégie pour augmenter les revenus de l’État, c’est l’emploi. Et la meilleure façon de vendre plus de produits, c’est d’avoir plus de consommateurs détenant un emploi », a martelé M. Bouchard qui a souligné à son auditoire qu’au cours des trois prochains jours, « en plus de lancer des projets concrets et immédiats de création d’emplois, nous allons tenter de nous adapter, chacun d’entre nous, à des stratégies et des synergies qui feront augmenter le nombre d’emplois au Québec. »

Le premier ministre a notamment élaboré certaines pistes que devront emprunter le gouvernement et ses partenaires pour relancer l’économie et l’emploi au Québec : « une énergique déréglementation administrative qui donnera des résultats à court terme, de nouveaux partenariats entre l’entreprise et le secteur public ou municipal, des redéfinitions de certaines règles du travail, un effort volontaire pour éviter les mises à pied, limiter le temps supplémentaire et ouvrir des places aux jeunes. »

Pour relever les défis de la compétitivité et de l’emploi, « il faut s’adapter. »

Pour relever les défis qui se présentent à la société québécoise en cette fin de siècle, le premier ministre lance un appel pressant en faveur d’une nécessaire adaptation. « Il faut s’adapter, soumet-il. Et pour s’adapter au nouveau contexte économique, le maître mot, l’exigence incontournable, est la compétitivité. Et je ne veux pas parler de la compétitivité de telle ou telle entreprise. Je veux parler de notre compétitivité en tant que société. Nos salariés, nos étudiants, nos entrepreneurs doivent s’adapter », estime M. Bouchard.

« Le protectionnisme, le bar ouvert des subventions, les monopoles, c’est le passé. Pour rester en santé, l’entreprise d’aujourd hui doit constamment s’adapter aux exigences de la technologie, de la concurrence internationale, de la formation continue de sa main-d’oeuvre. Elle doit faire des alliances avec ses salariés, des alliances dans sa ville, dans sa région, sur son continent et dans le monde. Une entreprise qui a intégré la notion d’adaptation peut se développer à un rythme accéléré. »

Les priorités pour relancer l’emploi : Montréal, les régions et l’économie sociale

Pour relancer l’économie et l’emploi au Québec, M. Bouchard estime que « Montréal, notre métropole, mérite une attention particulière. Alors, cette semaine, en plus de projets créateurs d’emplois pour la métropole, nous nous pencherons sur les moyens d’organiser plus efficacement les actions publiques et privées pour y attirer l’investissement et y susciter l’emploi. Nous discuterons également des façons de faire mieux connaître à nos voisins et au monde les forces de Montréal, sa qualité de vie, son ouverture au monde. »

Pour l’ensemble du Québec, a expliqué M. Bouchard, « le chantier portant sur les régions nous permettra aussi de discuter des conditions qu il nous faut réunir pour libérer le développement économique régional, coordonner les actions locales et canaliser l’énergie pour l’emploi ».

Mais pour le premier ministre, un des éléments les plus innovateurs qui sera discuté à ce sommet, c’est l’économie sociale. « Nous ouvrirons cette semaine les portes de l’économie sociale, dit-il. Nous devons reconnaître la place qu’elle occupe désormais dans notre vie et sur le marché du travail. Ce secteur de l’économie permet à la fois la création de nouveaux emplois stables et utiles ainsi que la création de nouveaux services qui améliorent l’environnement, la solidarité et la vie quotidienne de beaucoup de nos citoyens, en ville et en régions », soutient M. Bouchard.

La clé du succès pour relancer l’emploi : une main-d’oeuvre mieux préparée et mieux adaptée

Le premier ministre croit cependant qu’« aucune adaptation n’est plus importante pour relancer l’emploi que la réforme de l’éducation québécoise. Elle assurera le succès de nos jeunes à court, moyen et long terme », dit-il.

« Dans nos écoles secondaires, le gouvernement du Parti Québécois a relancé la filière de la formation professionnelle et nous entamons une forte accélération du nombre de diplômés. Cette semaine, j’invite les participants au Sommet à s’engager résolument dans la voie de l’apprentissage sur les lieux de travail. Pour y arriver il nous faut la participation active des chefs d’entreprise et des organisations syndicales. La formation de nos jeunes est une responsabilité collective. Et c’est ensemble que nous ferons reculer de façon décisive, au cours de la prochaine décennie, le décrochage. »

Trois réformes pour aider les jeunes à se sortir de la pauvreté

« Trop de jeunes Québécois partent du mauvais pied, dès l’enfance, estime le premier ministre. Nous avons la responsabilité collective de leur donner toutes les chances de sortir de la pauvreté. Trois des réformes que nous mettons en branle cet automne convergent vers ce but : la réforme de l’éducation, la réforme de la sécurité du revenu et la réforme de la politique familiale viseront à donner une véritable égalité des chances à nos enfants et nos jeunes des milieux défavorisés. Nous le ferons en étendant, comme jamais auparavant, nos services de garde et de maternelle et en aidant davantage les familles à faibles revenus. Nous le ferons de façon à favoriser très clairement l’insertion au travail. Nous allons faire en sorte de détourner nos jeunes des chemins de l’appauvrissement et de les inclure enfin sur le chemin de la réussite », a promis le premier ministre.

L’État québécois aussi doit changer et s’adapter pour devenir solide et capable d’agir

« L’État québécois se trouve en quelque sorte au carrefour de toutes ces adaptations. Et il doit faire, lui aussi, sa profonde adaptation. Si on demande aux entreprises, aux travailleurs, aux jeunes et aux citoyens en général de devenir plus flexibles, plus autonomes, plus rigoureux et plus solidaires, il y a un lieu où on doit donner l’exemple : c’est notre institution commune, l’État.

« Nous savons que nous sommes trop endettés et trop taxés. Nous savons que, toutes proportions gardées, nous dépensons plus pour nos services publics que la plupart des pays industrialisés, y compris des sociétés sociales-démocrates européennes. Nous savons que nous réglementons trop.

« L’outil collectif que nous voulons, d’ici la fin de la décennie, d’ici trois ans, ce n’est pas un État effacé, un État affaibli, l’État du laisser-faire et du laisser-aller. Nous voulons un État économiquement solide, capable d’agir rapidement - comme nous l’avons fait pour le Saguenay cet été - capable de négocier avec les autres États en ayant assuré ses arrières. Un État qui a les moyens et qui assume ses responsabilités essentielles d’éducation, de santé et de solidarité sociale, sans endetter la prochaine génération.

« L’État québécois doit redéfinir la façon de s’acquitter de ses rôles traditionnels. Il doit se donner un rôle nouveau, adapté à la transition que nous vivons tous. L’État doit accompagner le changement vers l’économie nouvelle, le susciter lorsqu’il prend du retard et l’aménager au besoin. L’État doit aider l’étudiant, le salarié, l’entrepreneur, à acquérir les moyens de son autonomie et de sa flexibilité, lui ménager un havre de sécurité dans des carrières plus changeantes que jamais, lui donner toutes les chances de s’ouvrir au monde et de réussir. »

Il estime que pour réussir, chacun est appelé à adopter un comportement nouveau : « Les chefs d’entreprises seront invités à élargir leur rôle social et leur partenariats avec la communauté; les organisations syndicales seront invitées à élargir leur contribution à la compétitivité de leur entreprise et de l’économie; les organisations communautaires seront appelées à contribuer à la création d’emploi; les jeunes seront invités à se former plus souvent sur le lieu de travail. »

« Là où la convergence est incomplète ou absente, a expliqué M. Bouchard, le gouvernement tranchera résolument dans les semaines qui viennent, pour établir, ici et là, la règle nouvelle pour favoriser l’économie et l’emploi. »

En terminant son allocution, le premier ministre a déclaré, concernant les participants réunis à ce Sommet sur l’économie et l’emploi, que : « s il existe, en 1996 au Québec, une « équipe du tonnerre », elle est dans cette salle. »


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Mise en ligne : 29 octobre 1996


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