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Premier ministre

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Allocution du premier ministre du Québec, M. Philippe Couillard, à l’occasion du Déjeuner-conférence du Conseil des relations internationales de Montréal

La version prononcée fait foi.

Bonjour,

Vous le savez, notre histoire en est une de progrès et de transformations.

Le changement, ce n’est pas un slogan.

C’est une réalité dans laquelle nous sommes déjà engagés.

Et les quatre dernières années nous ont démontré à quel point le monde tel que nous le connaissions change à une vitesse inégalée, pour le meilleur et pour le pire.

Aujourd’hui, je veux vous parler des transformations que le monde a connues depuis l’arrivée de notre équipe en 2014, de la transformation que notre équipe a pilotée avec succès au Québec, de notre voisin américain et de ma vision pour les quatre prochaines années.

Lorsque l’on porte un regard rapide sur les changements profonds qui ont touché le monde entre 2014 et 2018, plusieurs exemples peuvent nous venir en tête. J’en ai identifié quelques-uns :

  • le Brexit;
  • la montée des mouvements populistes;
  • les crises migratoires;
  • la montée de groupes extrémistes;
  • l’émergence de la classe moyenne en Asie;
  • l’Accord de Paris sur les changements climatiques et le retrait des États-Unis;
  • la transition énergétique;
  • la mise en application provisoire de l’AECG;
  • l’émergence de l’Afrique;
  • la transformation accélérée de l’économie mondiale, l’importance des talents, l’arrivée d’une nouvelle économie et la montée de l’intelligence artificielle;
  • l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis. Nous aurons l’occasion d’en parler un peu plus tard.

Comme vous le voyez, le monde a bien changé depuis 2014.

Pour plusieurs, il est incertain, instable, imprévisible.

Depuis quatre ans, nous avons su anticiper le changement plutôt que de le subir.

C’est dans l’ADN de notre formation politique depuis sa fondation.

Face à cette incertitude, nous proposons la stabilité économique et politique.

Nous proposons l’innovation comme méthode de gouvernement, par exemple par la cocréation des politiques publiques, par un nouveau modèle de concertation propre au Québec.

Notre équipe est la mieux placée pour poursuivre l’élan économique du Québec dans un monde en changement.

Le monde a changé, mais fort heureusement, le Québec s’est transformé également… et pour le mieux.

La première transformation à laquelle nous avons procédé est financière : la transformation financière du Québec nous a permis de créer un climat de confiance favorable à l’investissement.

Aujourd’hui, nous sommes fiers de pouvoir affirmer que :

  • notre équipe a présenté quatre budgets équilibrés consécutifs;
  • le Québec n’est plus la province canadienne la plus endettée;
  • par son remboursement plus rapide, nous diminuons notre dette pour la première fois depuis la fin des années 50 et, par le fait même, les intérêts à payer diminuent;
  • l’agence de notation Standard & Poor’s (S&P) a haussé la cote de crédit du Québec en juin 2017, une première depuis près de 25 ans. Notre cote chez S&P surpasse celles de l’Ontario et de l’Alberta;
  • pour la première fois de son histoire, le Québec emprunte à un coût d’environ cinq points de base de moins que l’Ontario.
  • Grâce à notre détermination à rétablir la santé financière du Québec, nous disposons maintenant d’une réserve budgétaire permettant de faire face à des chocs économiques.
  • L’état du monde nous montre que nous avons fait le bon choix.

Notre transformation financière a donné de la crédibilité au Québec.

Si nous voulons poursuivre notre élan économique dans un monde en changement, il faut de la crédibilité.

Cette crédibilité, jumelée à votre talent, fait en sorte que le Québec attire des investissements et crée des emplois de qualité dans toutes nos régions.

En 2017, les investissements par des sociétés étrangères accompagnées par Montréal International se chiffraient à deux milliards de dollars. Voilà un bel exemple de cette synergie.

La deuxième transformation à laquelle nous avons procédé, est économique : la transformation économique du Québec nous a permis d’accélérer la création d’emplois et d’accroître la compétitivité du Québec à l’étranger.

Aujourd’hui, nous sommes tout aussi fiers de pouvoir affirmer que :

  • le taux de chômage se rapproche de 5 %, alors qu’il se situait à près de 8 % en 2014;
  • près de 230 000 emplois ont été créés depuis notre arrivée il y a quatre ans. Notre objectif était de 250 000 pour mai 2019;
  • le Québec a connu, en 2017, sa plus forte croissance économique en près de vingt ans;
  • en moyenne, en 2018, c’est au Québec que les PME sont les plus optimistes selon le baromètre des affaires de la FCEI.

Pour y arriver, nous avons posé les bons gestes au bon moment.

Environ 40 % de la valeur de nos exportations de biens se regroupe dans cinq grandes familles de produits.

Nous avons agi pour chacune d’elles :

  • les aéronefs et les moteurs : la Stratégie de l’aérospatiale;
  • l’aluminium et l’alliage : la Stratégie de l’aluminium;
  • les minerais et les métaux : la relance du Plan Nord;
  • le bois et les pâtes et papiers : le Plan pour l’industrie forestière;
  • l’énergie : la Politique énergétique et la transition énergétique.

Pour nos PME de tous les secteurs et de toutes les régions, nous avons présenté la Stratégie de l’exportation.

Pour notre industrie culturelle, un des moteurs de notre économie, nous avons présenté une politique qui stimulera l’exportation, le rayonnement et la découvrabilité des œuvres sur Internet ainsi que des productions culturelles québécoises, notamment par la création de vitrines culturelles, comme nous l’avons fait en Chine.

Nous avons également soutenu les secteurs en émergence comme l’intelligence artificielle :

  • par la grappe, un mandat confié à Montréal International pour la mise en place d’une instance internationale sur le sujet;
  • par une déclaration commune que le président de la République française et moi-même avons présentée pour favoriser la coopération entre acteurs français et québécois afin de répondre aux enjeux liés au développement de l’intelligence artificielle et à l’ampleur des transformations en cours.

Nous avons lancé la première stratégie maritime de l’histoire du Québec, déjà près de 10 000 emplois ont été crées et 300 projets représentant près de trois milliards de dollars d’investissement ont été créés.

Cette transformation économique du Québec nous permet de mieux financer les domaines qui vous tiennent à cœur.

Cette transformation, notre équipe y travaille avec compétence et expérience.
Si nous voulons poursuivre l’élan économique du Québec dans un monde en changement, il faut miser en même temps sur la compétence, l’expérience et l’innovation.

Une troisième transformation à laquelle nous avons procédé est celle de notre réseau de représentation à l’international.

La transformation de notre réseau de représentation à l’étranger nous a permis de positionner le Québec à l’avant-garde pour mieux soutenir nos entrepreneurs, nos artistes, nos jeunes et nos chercheurs.

En 2014, le réseau du Québec comptait 28 représentations dans 16 pays.

D’ici la fin de l’année 2018-2019, le réseau comptera 33 représentations dans 19 pays.

Au cours des quatre dernières années, nous en avons ouvert :

  • à Qingdao, en Chine;
  • à Dakar, au Sénégal, qui deviendra une Délégation générale du Québec;
  • à Abidjan, en Côte-d’Ivoire;
  • à La Havane, à Cuba;
  • aux États-Unis : à Philadelphie, Houston et Silicon Valley.

La ministre St-Pierre est présentement au Maroc pour l’ouverture d’une représentation à Rabat. Suivront Singapour, Guadalajara et Hanoï.

Pour faire face aux enjeux mondiaux, promouvoir les positions québécoises ainsi que l’avancement des intérêts du Québec, nous avons nommé Jean Lemire à titre d’émissaire aux changements climatiques, affaires nordiques et arctiques.

La Politique internationale prévoit également la nomination d’une personne à titre d’émissaire aux droits et libertés de la personne, particulièrement ceux des communautés LGBT.

Cette transformation nous donne un réseau plus flexible, qui nous permet collectivement de faire rayonner le Québec.

Cette transformation, notre équipe l’a réalisée pour rejoindre vos intérêts.

Si nous voulons poursuivre l’élan économique du Québec dans un monde en changement, il faut de la flexibilité et de l’ouverture.

Comme vous le voyez, le Québec a pris sa place.

Le Québec s’est transformé : transformation financière et économique, transformation de notre représentation internationale.

Une telle transformation, pour se réaliser, s’appuie sur une équipe.

Notre équipe est :

  • crédible – par les résultats concrets obtenus;
  • compétente et expérimentée – pour faire face à l’incertitude;
  • flexible, ouverte et innovante – pour être capable de s’adapter à toutes les situations.

Ces qualités, sont incontournables dans le contexte que nous connaissons actuellement, notamment avec notre voisin américain.

Nous sommes dans un monde où les alliés d’hier peuvent représenter aujourd’hui une menace pour nos entreprises, nos travailleuses et travailleurs dans chacune des régions du Québec.

Les orientations de l’administration Trump constituent, en elles-mêmes, un grand changement par rapport à ce que nous avons connu.

L’approche du président Trump peut se décliner de quatre façons :

  • l’unilatéralisme en politique étrangère;
  • le repli identitaire en politique intérieure;
  • le protectionnisme en politique commerciale;
  • Une approche plus agressive envers des alliés.

Les impacts sont déjà importants pour le Québec et le seront également au cours des prochains mois.

On pense notamment :

  • à la renégociation de l’ALÉNA;
  • aux nombreux litiges commerciaux (bois d’œuvre, acier et aluminium, Bombardier-Boeing, papier);
  • à la remise en question de la gestion de l’offre;
  • aux lois et règlements adoptés par l’Administration et le Congrès (réforme de la fiscalité, lois sur l’immigration, changement de cap sur les enjeux environnementaux).

Dans le contexte où 70 % des exportations québécoises vont vers les États-Unis, le Québec a besoin d’un gouvernement qui a fait ses preuves et en qui vous pouvez avoir confiance pour livrer la marchandise sur les plans des finances publiques, de l’économie et de la représentation du Québec à l’étranger.

Cette équipe, c’est celle qui vous accompagne depuis maintenant quatre ans.

Ainsi, depuis 18 mois :

  • 42 missions ministérielles ont eu lieu aux États-Unis;
  • 28 visites de leaders politiques américains se sont effectuées au Québec;
  • nous avons tenu plus d’une centaine d’entretiens avec des décideurs politiques et économiques de leurs territoires respectifs.

À la suite de l’imposition, par Donald Trump, de tarifs sur l’acier et l’aluminium le 31 mai dernier et de l’impasse dans les négociations de l’ALÉNA, notre gouvernement continuera d’agir sur les plans diplomatiques et commerciaux au cours des prochaines semaines.

Je me rendrai à Washington en début de semaine prochaine pour rencontrer des membres du Congrès et de l’administration fédérale américaine.

Je serai également à New York vers la fin de la semaine prochaine et je profiterai de l’invitation du Foreign Policy Association de New York pour rencontrer des gens d’affaires.

Au mois de juillet, nous rencontrerons les partenaires québécois, comme nous l’avons fait dans le passé concernant l’ALÉNA.

J’aurai également l’occasion, dans le cadre du Conseil de la fédération, de m’entretenir avec mes collègues premiers ministres des provinces et territoires sur nos relations commerciales avec les États-Unis.

Par ailleurs, j’ai contacté hier matin le premier ministre désigné de l’Ontario, Doug Ford, afin que nos administrations respectives travaillent ensemble dès maintenant pour identifier des initiatives conjointes à court terme.

Nous ne serons clairement pas d’accord sur la question du changement climatique. Mais nous devons agir de concert afin de soutenir nos travailleurs et nos entreprises.

Il faut se rappeler que l’Ontario et le Québec représentent plus de 58 % du PIB (2016, ISQ) et plus de 61 % de la population canadienne.

Du côté commercial, la ministre Dominique Anglade et son équipe étudieront diverses façons de favoriser la substitution de certains produits d’importation provenant des États-Unis afin que ceux-ci soient plutôt fabriqués au Québec. 

Nous travaillerons également à accentuer l’achat local, notamment par l’intermédiaire des marchés publics.

Le monde se transforme.

Les défis à relever sont nombreux.

L’incertitude est présente. Ce n’est pas un mythe ni une hypothèse, mais une réalité.

Dans ce contexte, notre équipe poursuivra l’élan économique du Québec par la conquête de nouveaux marchés grâce aux nouveaux accords de commerce qui se mettent en place : l’AECG, l’Accord de Partenariat transpacifique global et progressiste, l’Accord de libre-échange canadien et éventuellement le MERCOSUR.

Nous poursuivrons l’élan économique du Québec en relevant le défi de la pénurie de main-d’œuvre par l’éducation, la participation au marché du travail, la productivité et l’immigration.

Nous ferons également la promotion de l’offre éducative québécoise à l’étranger et nous nommerons prochainement un émissaire en matière de mobilité internationale et de reconnaissance des qualifications professionnelles.

Et bien sûr, nous relèverons ce défi par des mesures d’intégration et de francisation des immigrants encore plus costaudes, en partenariat avec les MRC, les groupes communautaires de même que par une meilleure francisation en entreprise.

Nous poursuivrons l’élan économique du Québec en démontrant qu’il est possible à la fois de protéger l’environnement et de développer notre économie. En effet, le Québec a fait la preuve qu’une politique climatique basée sur la tarification du carbone peut coexister avec une croissance économique robuste et une création d’emplois de qualité.

Nous arrivons à tout cela parce que nous avons les ingrédients pour réussir :
le talent des Québécois et des Québécoises ; leur créativité et leur ingéniosité ;
une équipe gouvernementale :

  • crédible – par les résultats concrets obtenus;
  • compétente et expérimentée – pour faire face à l’incertitude;
  • flexible, ouverte et innovante – pour être capable de s’adapter à toutes les situations.

À nous de jouer, car faire rayonner le Québec à l’étranger, c’est montrer au monde ce que nous avons de meilleur.

Soyons fiers et relevons ces défis, ensemble.

Bonne fête nationale!


Mise en ligne : 21 juin 2018


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