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Allocution du premier ministre du Québec, M. Philippe Couillard – Économie québécoise et politiques protectionnistes

La version prononcée fait foi.

L’économie québécoise est menacée par les politiques protectionnistes de Donald Trump.

Il y a eu le bois d’œuvre.

Il y a eu le papier journal.

Il y a eu l’assaut de Boeing contre Bombardier.

Il y a l’incertitude entourant le renouvellement de l’ALÉNA.

Il y a la gestion de l’offre.

Maintenant, ce sont des tarifs de 20 % sur l’acier et de 10 % sur l’aluminium.

Ces barrières tarifaires sont injustes, illégales et contre-productives.

Si certains doutent du danger, rappelez-vous ceci : la moitié de l’économie du Québec, c’est l’exportation; et les trois quarts de nos exportations vont vers les États-Unis.

Il n’y a pas d’exagération à dire que le Québec est directement menacé. C’est la réalité factuelle.

Aujourd’hui, il y a des acheteurs américains qui coupent des liens d’affaires avec des fournisseurs québécois.

Nous allons défendre les emplois des Québécoises et des Québécois.

Nous allons défendre nos travailleurs.

Nous allons défendre nos entrepreneurs.

Nous allons défendre les agriculteurs.

***

Hier, le Conseil des ministres a tenu une séance extraordinaire avec les leaders syndicaux et patronaux pour discuter de divers enjeux et également des gestes à poser dans ces circonstances extraordinaires.

Nous voulons créer un modèle de concertation à la québécoise.

Au mois de juillet, nous rencontrerons les partenaires québécois, comme nous l’avons fait dans le passé, concernant l’ALÉNA et les mesures protectionnistes de Donald Trump.

Aujourd’hui, nous avons déterminé les principales mesures que nous mettrons en œuvre.

Notre plan d’action pour défendre les emplois des Québécoises et des Québécois, les PME du Québec et les agriculteurs comportera deux types d’action : dénoncer et atténuer.

Il sera évolutif et s’adaptera à la situation.

Dénoncer.

Dénoncer, c’est une action diplomatique.

Je serai à Washington mardi prochain pour une série de rencontres avec des élus et des représentants de l’administration Trump.

J’irai dénoncer les mesures tarifaires en rappelant à nos voisins américains que c’est leur économie qui va en souffrir.

Pour chaque emploi dans l’acier ou l’aluminium que ces mesures permettent de créer aux États-Unis, ce sont 16 emplois dans d’autres secteurs de l’économie américaine qui seront perdus.

J’irai cimenter des alliances avec ceux qui, aux États-Unis, pensent comme nous.

Je serai à New York jeudi prochain, dans un autre contexte, pour un événement du Foreign Policy Association, et là encore, sur une autre tribune, je tiendrai les mêmes propos.

Le Conseil de la fédération et la Conférence annuelle des gouverneurs de la Nouvelle-Angleterre et des premiers ministres de l’Est du Canada, qui se tiennent tous deux dans la troisième semaine de juillet, seront d’autres occasions pour notre gouvernement d’être présent et de dénoncer le protectionnisme américain.

Par ailleurs, j’ai contacté ce matin le premier ministre désigné de l’Ontario, Doug Ford, afin que nos administrations respectives collaborent dès maintenant pour identifier des initiatives conjointes à court terme. Il faut se rappeler que l’Ontario et le Québec représentent plus de 58 % du PIB (2016, ISQ) et plus de 61 % de la population canadienne.

Nous prévoyons aussi des missions de courte durée menées par la ministre de l’Économie ou la ministre des Relations internationales avec des entreprises pour rencontrer des vis-à-vis politiques et commerciaux.

***

Dénoncer, oui, mais aussi atténuer.

Nous allons chercher à atténuer les effets des mesures protectionnistes pour nos travailleurs et nos entrepreneurs.

Nous le ferons en cherchant à remplacer les contrats perdus avec de l’achat local et en facilitant l’accès à de nouveaux marchés.

Nous demandons aux entreprises qui perdent des contrats à cause des nouvelles mesures de se manifester.

Nous verrons d’abord si ce qu’elles produisent pourrait trouver preneurs au Québec et ailleurs au Canada.

Et nous encouragerons les entreprises québécoises qui s’approvisionnent aux États-Unis à rechercher un fournisseur québécois.

Il faut favoriser encore plus l’achat local, notamment à partir des marchés publics.

Différentes avenues pourraient permettre de générer davantage de retombées économiques locales dans le cadre des marchés publics dans le respect de nos accords de commerce, évidemment :

  • Sous les seuils prévus à nos accords commerciaux, obliger les entités contractantes québécoises à recourir à des fournisseurs québécois;
  • Encourager les entités contractantes québécoises à recourir à des fournisseurs québécois.

Nous voulons également soutenir les travailleuses et travailleurs à risque dans nos PME du secteur de l’acier et de l’aluminium, qui pourraient subir les impacts des différentes mesures de l’administration Trump.

En ce sens, je vous annonce que nous hausserons de 50 % à 85 % la contribution financière d’Emploi-Québec aux coûts de formation, incluant le salaire des employés y participant.

Atténuer les effets des mesures protectionnistes, ça veut aussi dire trouver d’autres marchés pour être moins dépendant du marché américain.

Le marché de l’Union européenne est ouvert aux entreprises du Québec.

Il y a des opportunités à saisir.

Nous allons organiser des séances de formation des entrepreneurs pour leur dire rapidement comment prendre pied dans l’un ou l’autre des pays de l’Union européenne.

Nous allons organiser de nouvelles séances d’information pour mieux profiter de notre premier marché commun, le Canada.

Parce qu’il y a des opportunités à saisir au Canada.

Le commerce intérieur a été facilité depuis la signature de l’Accord de libre-échange canadien, le 1er juillet 2017. L’exportation de biens et services du Québec vers le reste du Canada se chiffrait à 72,1 G$, selon les données des comptes économiques. Notre équipe a la ferme intention de contribuer à l’augmentation des échanges avec nos partenaires de la fédération.

Nous allons aussi amorcer des travaux préparatoires dès cet été pour profiter de l’entrée en vigueur du Partenariat transpacifique, qui pourrait être signé dans un avenir rapproché.

***

Le Québec a changé.

Le Québec s’est transformé.

Le Québec va mieux.

L’économie du Québec va bien, elle va mieux. L’économie du Québec est forte.

Et c’est grâce à la détermination de notre équipe à rétablir l’équilibre budgétaire et à se donner les marges de manœuvre essentielles au financement des missions de l’État et à la création de réserves en cas d’imprévus.

Nous avons prouvé notre compétence et notre capacité à agir.

Nous allons tout faire pour protéger nos PME, nos travailleurs, nos communautés, nos agriculteurs.

Nous allons nous serrer les coudes.

Nous allons tenir bon.


Mise en ligne : 20 juin 2018


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