Gouvernement du Québec

Premier ministre

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Washington, le 19 février 2016 Allocution du premier ministre du Québec, Philippe Couillard, devant les membres de Resources for the Future

La version prononcée fait foi.

Monsieur Phil Sharp, président, Resources for the Future
Madame Molly Macauley, vice-présidente, Recherche et agrégée supérieure, Resources for the Future
Monsieur le délégué général du Québec à New York
Monsieur Frederic Tremblay, directeur du Bureau du Gouvernement du Québec à Washington

J’ai le plaisir et l’honneur de prendre la parole devant les membres d’un des plus importants groupes de réflexion de Washington, qui plus est, une voix respectée et influente aux États-Unis en matière d’environnement.

Nous savons tous que 2015 a été, et de loin, l’année la plus chaude de toutes depuis que les données sur les changements climatiques sont consignées. Il s’agit de l’un des nombreux exemples qui montrent le besoin urgent de diminuer collectivement les émissions de gaz à effet de serre (GES) avant qu’il ne soit trop tard.

Hydroélectricité

Dans cette optique, le Québec est un leader dans la lutte aux changements climatiques depuis vingt ans.

Le Québec a la chance de compter sur une source d’énergie propre et renouvelable. En effet, 99 % de sa production d’électricité provient de sources propres. 

Le Québec est fier de sa vaste capacité de production hydroélectrique, en grande partie attribuable à Robert Bourassa. Ce dernier était premier ministre du Québec dans les années soixante-dix. Durant son mandat, il avait su envisager tout le potentiel de l’hydroélectricité à un moment où bon nombre d’acteurs étaient en faveur de la construction d’un réseau de centrales nucléaires. Après tout, l’eau couvre 12 % de la surface du territoire de la province. Choisir d’investir dans cette ressource naturelle abondante était donc une décision stratégique.

Dans les années 2000, des investissements ont été faits dans l’énergie éolienne et, d’ici 2017, la puissance d’énergie éolienne installée et intégrée au réseau atteindra 4 000 MW, ce qui représente environ 10 % de la capacité totale de production d’électricité de la province.

À l’heure actuelle, 46 % de l’énergie consommée au Québec provient de sources renouvelables. Par conséquent, ses émissions de GES figurent parmi les plus basses en Amérique du Nord, avec 9,6 tonnes d’émissions de GES par personne en 2012. Ces sources renouvelables donnent aussi au Québec un avantage comparatif dans l’électrification des transports.

Les centrales hydroélectriques relâchent en moyenne 50 fois moins d’émissions de GES que les centrales au gaz naturel et environ 70 fois moins d’émissions de GES que les centrales au charbon.

Les émissions associées à l’hydroélectricité sont limitées, temporaires et non récurrentes.

À l’heure actuelle, le Québec est le quatrième producteur d’hydroélectricité en importance au monde, avec une puissance hydroélectrique installée de 36 000 MW.

Le Québec poursuit ses efforts pour promouvoir l’utilisation efficace de l’électricité tout en continuant d’accroître sa capacité de production d’électricité, à la fois pour la consommation et pour l’exportation.

Une source d’énergie propre et renouvelable, l’hydroélectricité du Québec peut aider les états américains voisins à atteindre leurs cibles de réduction des émissions de GES et à diminuer leur empreinte carbonique.

Dans son livre L’énergie du Nord : la force du Québec, le premier ministre Bourassa plaidait en faveur de meilleures relations commerciales liées à l’énergie avec ses partenaires américains.

« Une chose est certaine, le besoin est là et il ne s’estompera pas. La question que doit se poser le nord-est est de savoir s’il continuera de dépendre des formes d’énergie très coûteuses susceptibles de porter atteinte à l’environnement et de ne pas stimuler l’économie ou si les États-Unis, comme ils l’ont si souvent fait par le passé, prendront des mesures décisives pour protéger leurs intérêts et se tourner vers le voisin au nord, soit le meilleur partenaire commercial et meilleur ami au monde, pour profiter d’une autre mesure viable. » [traduction libre]

À l’heure actuelle, le Québec fournit environ 10 % de l’électricité consommée en Nouvelle-Angleterre et 6 % de l’électricité de l’État de New York.

En 2014, les exportations d’électricité vers les États-Unis ont permis d’éviter d’émettre 6,2 millions de tonnes de CO2, soit environ l’équivalent de 1,6 million de voitures.

Même si le partenariat actuel en matière d’énergie est fort, le Québec a les ressources pour aider ses partenaires américains à aller encore plus loin.

La structure du réseau de distribution provincial composé de lignes à haute tension, le réseau le plus vaste en Amérique du Nord, fournit un approvisionnement sûr en énergie. Le réseau a été conçu pour répondre à la demande de pointe hivernale, puisque 75 % des résidents du Québec chauffent leur maison à l’électricité.

Hydro-Québec, le service public d’hydroélectricité, dépense plus de 1,6 milliard de dollars canadiens par année non seulement pour assurer la fiabilité du réseau, mais aussi pour répondre aux mêmes normes (soit les normes de la North American Electric Reliability Corporation) en vigueur auprès des fournisseurs américains d’électricité les plus grands.

L’hydroélectricité est extrêmement polyvalente. En plus de leur puissance de réserve, les réservoirs les plus grands du Québec peuvent rapidement répondre, et ce, en quelques minutes, aux variations dans la demande et dans la production des énergies renouvelables intermittentes, par exemple l’énergie éolienne, difficiles à emmagasiner.

Par comparaison, l’énergie hydroélectrique est facile à stocker; il suffit de laisser l’eau monter derrière les barrages.

La production d’énergie hydroélectrique n’est pas sujette aux fluctuations des prix des combustibles fossiles. Les contrats d’approvisionnement à long terme (lesquels sont assortis de dispositions souples) garantissent l’approvisionnement, peu importe les prix courants, et accordent la même priorité que celle dont les clients québécois jouissent.

Cependant, en ce moment, les partenaires américains ne peuvent augmenter leurs importations d’énergie hydroélectrique que dans une certaine mesure, compte tenu de la congestion des lignes de distribution aux États-Unis. La construction de nouvelles lignes de distribution permettrait de stabiliser le prix de l’électricité et de diminuer les émissions de gaz à effet de serre dans les états américains du nord-est. Le Connecticut, le Massachusetts, le Rhode Island, le Vermont (contrat à long terme) ont tous saisi cette occasion de lancer un processus d’appel d’offres concurrentiel pour démarrer ce projet primordial.

Au moment où les combustibles fossiles et l’énergie nucléaire soulèvent de sérieuses préoccupations, peu nombreux sont les pays industrialisés qui peuvent compter sur une telle abondance de ressources propres et renouvelables. Le nord-est des États-Unis doit tirer parti de ce partenariat stratégique avec l’énergie hydroélectrique du Québec pour atteindre ses propres objectifs d’énergie renouvelable et réduire à long terme ses émissions de GES.

Le Québec et la lutte aux changements climatiques

L’abondance des ressources naturelles a certainement eu une incidence sur les émissions de GES enregistrées par la province, mais elle n’aurait pas pu progresser autant sans la collaboration de ses partenaires internationaux, particulièrement ses voisins américains.

Il y a quinze ans, en 2001, les gouverneurs de la Nouvelle-Angleterre et les premiers ministres de l’Est du Canada ont adopté un plan d’action régional de lutte aux changements climatiques. Ce plan d’action définit des cibles régionales de réduction des GES pour les années 2010, 2020 et 2050. À ce moment, ils étaient le premier groupe d’États fédérés à élaborer une telle stratégie, soit une action progressive représentative de nos sociétés avant-gardistes. Il faut savoir que ce plan d’action a été adopté et mis en œuvre quatre ans avant le protocole de Kyoto. En 2009, la région avait plus qu’atteint les cibles de réduction des émissions de GES qu’elle s’était fixées pour 2010. Tout récemment, la Conférence a adopté une cible de réduction des émissions de GES de 35 % à 45 % sous les niveaux de 1990 pour 2030.

En 2012, les mesures du Québec dans le Plan d’action 2006-2012 sur les changements climatiques ont permis de réduire les émissions de GES de la province de 8 % sous les niveaux de 1990, excédant ainsi les cibles originales de 2 %.

En prévision de 2020, le Québec vise à réduire ses émissions de 20 % sous les niveaux de 1990, ce qui représente à la fois un défi pour la province, car 99 % de l’électricité provient déjà de sources propres et renouvelables, et d’excellentes occasions commerciales, grâce à l’expérience que nous avons acquise au fils des ans. La cible de 2030 se situe 37,5 % sous les niveaux de 1990 et dans le cadre de l’entente « Under 2 MOU », la province s’est engagée à diminuer ses émissions de GES de 80 % à 95 % d’ici 2050, comme le recommande le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) pour les pays industrialisés.

Le système de plafonnement et d’échange de droits d’émission de gaz à effet de serre, en vigueur depuis janvier 2013 et relié au système californien depuis janvier 2014, est la pierre angulaire de la stratégie en matière de changements climatiques. À ce titre, le gouverneur Brown est l’un de nos excellents partenaires.

Il s’agit du premier marché du carbone à avoir été conçu et déployé dans des États et des provinces de pays différents et dans des contextes politiques, juridiques et réglementaires différents.

Ce système garantit l’atteinte des cibles de réduction des émissions, car les plafonds sont abaissés tous les ans pour limiter les quantités d’émissions de GES.

Ce système permet aux émetteurs de réduire les émissions de GES au meilleur coût possible en leur offrant des choix, une souplesse et une période de temps définie pour respecter les exigences réglementaires.

Ce système permet aux émetteurs qui n’atteignent pas leurs cibles de vendre leurs unités d’émissions excédentaires sur le marché du carbone. Il encourage aussi ces entreprises à augmenter leur efficacité énergétique et à se servir de sources d’énergie propres.

Ultimement, il permet aux émetteurs de diminuer leurs coûts et de devenir concurrentiels. Il stimule le développement de technologies à faibles émissions de carbone, la création d’emplois verts durables, favorise l’atteinte des objectifs économiques et environnementaux et prépare le terrain pour la transition vers une économie à faibles émissions de carbone.

Avant même la mise en œuvre du système de plafonnement et d’échange, le gouvernement du Québec avait établi un dialogue en continu avec le secteur privé par l’entremise de dix tables sectorielles où siégeaient des représentants des grands émetteurs de GES.

Ils avaient ainsi accès aux renseignements détaillés sur la portée, les répercussions et les avantages du système, ainsi que sur la méthode employée pour distribuer des unités de droit d’émissions gratuites pour les industries touchées par la concurrence nationale et internationale. Plusieurs programmes de financement issus du Plan d’action 2013-2020 sur les changements climatiques (PACC 2013-2020) aident aussi les entreprises à améliorer leur efficacité énergétique et à réduire par conséquent leurs émissions.

Au Québec, le système de plafonnement et d’échange couvre près de 85 % des émissions de GES des grands émetteurs industriels, de la production d’électricité et des distributeurs de carburants.

À terme, les ventes aux enchères des unités d’émission génèreront plus de 3 milliards de dollars canadiens, lesquels seront tous versés dans le Fonds vert et serviront à financer les mesures d’atténuation et d’adaptation décrites dans le PACC 2013-2020. À ce jour, les dix mises aux enchères, y compris les six tenues conjointement avec la Californie, ont généré plus d’un milliard de dollars canadiens pour le Québec.

Le succès du marché du carbone Québec-Californie jette les fondations pour élargir le marché. Je salue l’Ontario et le Manitoba qui songent à se joindre à nous.

Le Québec est prêt à aider les autres provinces canadiennes ou les États américains qui envisagent de créer un système de plafonnement et d’échange ou de relier leur marché du carbone au sien. De plus, à titre de coprésident du Partenariat international d’action sur le carbone, le Québec partage déjà son expérience sur la mise en œuvre d’un marché du carbone relié.

Monsieur Ángel Gurría, secrétaire général de l’OCDE, a souligné que le marché du carbone Québec-Californie est un exemple rare et éloquent du bon fonctionnement d’un marché du carbone. Une délégation chinoise est venue pour mieux comprendre le fonctionnement du système et elle a profité de notre expérience. Une entente sur l’échange d’information a également été conclue avec le Mexique. De plus, la Banque mondiale a invité le Québec à participer à plusieurs projets axés sur le prix du carbone et les mécanismes du marché, comme le partenariat pour la préparation au marché du carbone (Partnership for Market Readiness) et la Coalition pour le leadership en matière de tarification carbone.

Grâce à son leadership proactif, le Québec est fermement en voie d’atteindre ses cibles de réduction des GES. Les prochaines étapes seront plus difficiles, mais la province est prête à relever le défi. En ce moment, près de 45 % de ses émissions sont reliées aux transports. Le gouvernement a donc accordé la priorité à l’électrification des transports ainsi qu’au transport public afin de faire une différence importante dans ce secteur.

Selon le Plan d'action en électrification des transports 2015-2020, la province compte investir 420 millions de dollars d’ici 2020 afin d’atteindre 100 000 voitures hybrides et électriques rechargeables sur les routes au sein d’un parc automobile de plus de cinq millions de voitures.

Le Québec possède déjà suffisamment d’électricité pour alimenter un million de voitures électriques, ce qui facilite le passage à l’utilisation de véhicules électriques au détriment des véhicules à essence. 

Le Québec était la première province à mettre en œuvre des programmes d’aide financière pour les acheteurs de véhicules électriques. Certains enfants du Québec ne se sont jamais assis dans un véhicule propulsé à l’essence. Pour eux, une voiture se branche, tout comme le réfrigérateur ou le téléviseur.

Ces mêmes enfants font le trajet vers l’école en autobus électrique. Autobus Lion, une entreprise établie au Québec, est le premier fabricant d’autobus scolaires entièrement électriques de 70 passagers en Amérique du Nord.

En 2015, près de la moitié des ventes de voitures rechargeables hybrides et électriques de tourisme se sont faites au Québec.

À la fin de 2016, 800 bornes de recharge auront été déployées partout au Québec, y compris 60 bornes de recharge rapide. Les employeurs ont également accès à du soutien pour l’installation de stations sur les lieux de travail.

Des partenariats ont été mis sur pied avec les États du nord-est américain afin de créer des circuits transfrontaliers de bornes de recharge, comme le corridor de recharge électrique de Montréal à Burlington, lequel est déjà en fonction.

Le gouverneur Peter Shumlin est un bon partenaire, alors faisons en sorte de bientôt pouvoir conduire sans essence de Montréal jusqu’à Boston.

En outre, le Québec a l’intention de développer un écosystème industriel solide pour soutenir les projets et continuer à attirer des joueurs internationaux dans le domaine du transport électrique. Avec sa chaîne de valeur complète dans le transport électrique, la province constitue un partenaire idéal.

La province a déjà commencé à exploiter ses mines de lithium et des entreprises se sont lancées dans la fabrication de batteries à haute capacité, de composants, de moteurs électriques, de matériaux légers et de bornes de recharge électrique, sans oublier quelques assembleurs de faible volume de wagons de métro électriques, d’autobus hybrides et de véhicules électriques à basse vitesse.

À Davos, un partenariat a été annoncé avec deux entreprises françaises, soit Exagon et Peugeot, pour mener une étude sur la fabrication des composants de voitures électriques. Le Québec a espoir que les résultats inspireront les fabricants automobiles français à venir installer une usine d’assemblage de voitures électriques dans la province et à profiter de son environnement d’entreprises vertes.

Il est également prévu de soutenir les modèles d’urbanisation qui favorisent les habitudes durables liées au transport en commun, comme la densification et l’organisation de quartiers axés sur le transport collectif, et d’appuyer les méthodes de planification urbaine qui accordent la priorité à l’écomobilité.

L’électrification des transports touchera à la fois les voitures de tourisme et le rajeunissement des infrastructures du transport de masse. Déjà, 50 % des déplacements dans le réseau du transport de masse ont comme source d’énergie l’électricité.

Grâce à ses forces dans ce secteur, le Québec tiendra en juin à Montréal un congrès international sur l’électrification des transports, soit le World Electric Vehicle Symposium and Exhibition.

Finalement, dix ans après avoir adopté la Stratégie énergétique du Québec 2006-2015, le Québec a décidé de réexaminer ses priorités et orientations énergétiques, après quoi il publiera une nouvelle politique énergétique pour la période allant de 2016 à 2030 qui s’harmonisera avec la cible de réduction des émissions de GES de 37,5 % d’ici 2030.

Elle aura pour but d’améliorer l’efficacité énergétique, de réduire la quantité de produits pétroliers consommés, d’augmenter la bioénergie et, d’une façon plus générale, la production d’énergie propre.

L’efficacité énergétique, la substitution énergétique et les changements comportementaux forment les trois piliers de la transition énergétique nécessaire pour atteindre ces cibles.

Le monde change. Le monde des affaires et le secteur financier évoluent vers une tendance claire.

Le Québec est au fait de cette évolution et s’y adapte très rapidement avec détermination et cohérence.

Les politiques économiques et énergétiques tiennent maintenant compte des changements climatiques.

Ces trois éléments sont complémentaires.

La politique énergétique vise à augmenter la part de l’énergie renouvelable au sein de l’offre provinciale.

Les projets de lutte aux changements climatiques devront respecter les promesses que nous nous sommes faites et celles que nous avons faites à d’autres personnes dans le monde, plus particulièrement, à nos enfants.

Quant à la politique économique, elle devra répondre aux critères suivants :

  • Les critères d’investissement doivent désormais tenir compte de l’environnement et en assurer la durabilité.
  • Les pays et les entreprises doivent faire preuve d’innovation et chercher des solutions pour réduire les émissions de GES.
  • De nouveaux emplois de haute qualité doivent être créés pour les citoyens.

Maintenant plus que jamais, ce qui est bon pour l’environnement profitera également aux affaires.

Conférence des Nations unies sur les changements climatiques

Nous avons terminé l’année 2015 avec la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques. J’ai eu le plaisir de participer à une série de rencontres, à des groupes d’experts et forums, grâce en grande partie aux alliances que le Québec a réussi à construire dans le cadre de sa diplomatie active en matière de climat au cours des 15 dernières années.

En tant que province, il était important pour le Québec d’être à Paris pour cet événement. Dans la lutte aux changements climatiques, il est particulièrement approprié pour les États fédérés de s’asseoir à la table.

Le Québec travaille à élaborer et à mettre en application des lois, des politiques, des normes, des programmes et des mécanismes financiers dans des domaines qui ont une incidence sur les niveaux d’émissions, comme l’énergie, l’environnement, les transports, l’industrie, l’agriculture et l’aménagement du territoire et s’efforce tous les jours de faire face aux conséquences des crises reliées aux changements climatiques.

À la Conférence de Paris, le Québec a contribué à faire reconnaître officiellement le rôle et l’apport des États fédérés dans la lutte aux changements climatiques. Il a aussi travaillé avec succès avec le gouvernement fédéral canadien pour veiller à ce que l’Accord de Paris envoie un message positif sur l’utilisation des mécanismes du marché.

De plus, le Québec a annoncé une série de nouvelles mesures à Paris qui visent à faire de la coopération climatique une nouvelle part de ses activités internationales.

La première mesure consiste à renforcer la capacité des pays francophones les plus vulnérables à s’attaquer aux difficultés associées aux changements climatiques au moyen de projets fondés sur la technologie propre et des connaissances sur l’adaptation aux émissions de GES et leur réduction.

En deuxième lieu, la province participera aussi au financement climatique multilatéral en versant une contribution au Fonds pour les pays les moins avancés du Fonds pour l’environnement mondial, lequel financera le développement et la mise en œuvre de programmes nationaux d’adaptation.

Puisque le financement climatique relève habituellement des pays membres de la Convention, ce projet crée un précédent et pave la voie, espérons-le, pour que d’autres États fédérés et acteurs régionaux y versent des sommes similaires.

La troisième mesure consiste à renforcer la capacité des pays francophones les plus vulnérables à négocier en français et à mettre en œuvre leurs propres engagements climatiques. Dans le cadre de cette mesure, le Québec soutiendra les actions des jeunes qui forment un pourcentage croissant de la population dans les régions que les changements climatiques touchent de façon disproportionnée.

À notre grande satisfaction, l’Accord de Paris est le fruit d’un consensus équilibré, souple et ambitieux qui reflète la réalité d’aujourd’hui et tient compte de la réalité de demain.

Finalement, j’aimerais souligner le leadership dont les États-Unis ont fait preuve pour en arriver à cet accord crucial. Il s’agissait d’une étape essentielle pour sécuriser collectivement le futur de la planète. 

Distingués invités et chers amis,

À présent, nous savons que ce qui est bon pour le climat l’est aussi pour les affaires. Nos entreprises peuvent moderniser le monde et ce faisant tirer des profits substantiels.

Aujourd’hui, nous savons que les comportements socialement responsables sont une condition sine qua non au succès. La plupart des pays, peu importe combien ils accueillent les investissements, resserrent leurs normes puisqu’ils ont compris l’évidente nécessité du développement durable.

Nous savons maintenant que la gestion des risques comprend les risques associés au climat et elle tiendra de plus en plus compte de la tendance de certains fonds à retirer ou à limiter les investissements dans les projets aux grandes émissions de carbone.

Nous devons de toute urgence accélérer l’adoption de technologies respectueuses de l’environnement et mettre en place un milieu propice à la création de millions d’emplois verts. Nous devons nous concentrer sur la transition vers une économie à faibles émissions de carbone. Nous pouvons choisir d’être proactifs en agissant maintenant, ou encore attendre et laisser les autres amasser les profits aujourd’hui pour en payer le prix demain.

Loin d’être un obstacle à la croissance, la lutte aux changements climatiques façonnera l’économie du 21e siècle, tout comme le charbon l’a fait au 19e siècle et le pétrole, au 20e siècle. Les entreprises novatrices se sont toujours adaptées, elles ont toujours su trouver des solutions pour concevoir des produits et services.

Aujourd’hui, ce sont les entreprises et les sociétés à la vision adaptée aux défis environnementaux qui seront gagnantes. Le Québec entend bien être de la partie.

J’aimerais vous remercier de votre attention et j’attends avec impatience de prendre part aux discussions.


Mise en ligne : 19 février 2016


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