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Montréal, le 17 septembre 2015 Allocution du premier ministre du Québec, Philippe Couillard, à l’occasion du déjeuner-conférence Horizon 2015 : promesses et possibilités des marchés africains vues du Canada, dans le cadre du 7e Forum Africa de Montréal

La version prononcée fait foi.

C’est un plaisir, pour moi, d’être avec vous, aujourd’hui, dans le cadre de cette 7e édition du Forum Africa. Bienvenue à Montréal!

Cependant, avant de débuter, je me dois de vous parler de la situation vécue actuellement au Burkina Faso.

Le gouvernement du Québec condamne fermement, à l’instar de l’Organisation internationale de la Francophonie, des Nations Unies, de l’Union africaine et de la Commission économique des États de l’Afrique de l’Ouest, les actes inadmissibles qui se déroulent au Burkina Faso.

Nous appelons fermement à la libération immédiate de toutes les autorités concernées, à la remise en place des autorités de la transition et à la reprise du processus électoral, dans le respect des principes de la Déclaration de Bamako sur les pratiques de la démocratie, des droits et des libertés dans l’espace francophone.

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Le Forum Africa représente une importante plateforme de rencontres et reflète tout l’intérêt que les Québécoises et les Québécois accordent au continent africain.

Cet intérêt se reflètera notamment dans la prochaine politique internationale du Québec, un exercice dont nous venons de lancer les travaux et où l’Afrique gagnera en importance, car c'est sur ce continent, riche de par ses traditions, coutumes et ses cultures variées, que se joue l'avenir de la Francophonie. 

Mais n’oublions surtout pas l’importante croissance que connaît aujourd’hui le continent dans son ensemble.

Je souligne l’intérêt marqué de nos entreprises pour l’Afrique, intérêt pour lequel Export Québec a, depuis déjà quelques années, adapté sa programmation.

C’est ainsi que nous avons désormais des bureaux d’Expansion Québec à Dakar, au Sénégal.

Le Québec a développé, au fil des ans, des liens privilégiés au sein du continent africain.

Ces liens se sont prolongés dans la Francophonie multilatérale, incarnée principalement dans l’Organisation internationale de la Francophonie, dont le Québec est membre à part entière et où il œuvre conjointement avec ses partenaires africains au renforcement de l’espace francophone.

Et quarante ans de Francophonie multilatérale auront, à leur tour, favorisé et approfondi des relations directes avec de nombreux pays africains.

La Francophonie du 21e siècle sera certes linguistique et culturelle, mais elle sera aussi économique, numérique, verte, portée, notamment, par un évident dynamisme africain.

Aussi, au XVSommet de la Francophonie à Dakar, les chefs d’État et de gouvernement ont adopté la Stratégie économique pour la Francophonie.

Le Sommet de Dakar, dont la réussite est liée à la qualité du leadership du Sénégal, a ainsi campé le cadre politique nécessaire à l’essor de nos liens économiques.

Quoique la relation entre le Québec et l’Afrique francophone ne soit pas limitée à sa déclinaison commerciale, nos relations économiques recèlent de riches possibilités fondées sur ce double avantage d’une langue commune et de complémentarités, notamment dans les secteurs des infrastructures, de l’environnement, des mines, de l’énergie, des télécoms, de l’habitation, du génie-conseil, de la logistique et de la formation.

Il y a là un vaste potentiel de croissance de développement de nos échanges.

Nous ouvrons, en somme, un nouveau chapitre de la Francophonie, où nous misons sur nos forces respectives.

Le Québec prend appui, en outre, sur une tradition de présence en Afrique de ses entreprises, institutions, consultants, coopérants, universités et institutions financières.

Le Québec, c’est une Amérique des affaires et de la prospérité en français.

C’est un secteur privé vigoureux, mais aussi un État capable de gérer les conditions d’un développement ordonné et durable.

C’est aussi un modèle alternatif d’économie sociale et solidaire.

C’est ce Québec qui aspire à devenir un partenaire majeur du développement économique de l’Afrique francophone.

Nous voulons participer à l’essor de ce continent, d’autant que je ne peux m’empêcher de tracer un parallèle entre le développement de l’Afrique et les grands chantiers de l’histoire du Québec, notamment la construction des grands barrages et, maintenant, le Plan Nord.

Tous nos liens, en somme, convergent pour faciliter l’éclosion de collaborations fructueuses.

Stratégie économique

Ces collaborations se matérialiseront notamment dans le cadre de la Stratégie économique pour la Francophonie.

Cette dernière promeut une économie centrée sur l’individu, tout en favorisant un espace d’échanges, de coopération et de solidarité. 

Elle reconnaît le rôle complémentaire des entreprises traditionnelles et d’économie sociale.

Elle tient compte du rôle des entreprises, de la formation, de l’accompagnement à l’entrepreneuriat, de l’amélioration du climat des affaires et du développement des technologies vertes.

Elle vise l’insertion des jeunes et des femmes, la mobilité des entrepreneurs, la circulation de l’innovation, la consolidation des réseaux d’institutions et de professionnels ainsi que la coopération régionale.

D’ailleurs, demain, dans le but de favoriser la mise en œuvre de la Stratégie économique pour la Francophonie, un petit-déjeuner-conférence, ayant pour thème L’accès des femmes au financement : une priorité pour une croissance économique durable en Afrique francophone, est organisé dans le cadre du Forum Africa (soutien financier du gouvernement du Québec).

Enfin, la Stratégie économique de la Francophonie, à la rédaction de laquelle le Québec a été fièrement associé, renforce la pertinence du français comme langue des affaires, comme vecteur de développement et comme élément fédérateur d’une puissante et prospère communauté des affaires au sein de l’économie mondiale.

Il est essentiel que tous les États et gouvernements membres s’assurent d’apporter leur contribution pour la mise en œuvre de cet espace économique francophone.

Dakar

C’est dans ce contexte d’évolution et c’est en prenant en compte nos priorités que nous avons annoncé notre intention d'ouvrir une représentation du Québec à Dakar, en 2016, une des quatre nouvelles représentations du Québec à l’étranger.

Capitale d’un pays francophone à la démocratie solide, porte de l’Afrique de l’Ouest, Dakar est un centre névralgique.

Le Sénégal détient les infrastructures de transport et les télécommunications parmi les meilleures de la région.

Nous saluons donc le choix du Sénégal comme pays vedette de cette édition du Forum Africa.

Par ailleurs, le Québec se distingue par sa volonté d’établir des partenariats mutuellement profitables, qui permettent le transfert d’expertise, de savoir-faire et de technologies.

Nos entreprises sont vivement intéressées à connaître les occasions d’affaires au Sénégal, comme ailleurs en Afrique francophone, et elles sont intéressées à le faire dans un développement inclusif et durable, car tout développement économique sera freiné et de courte durée s’il ne bénéficie pas à l’ensemble de la population et s’il ne se fait pas dans un contexte de bonne gouvernance et de respect des droits fondamentaux.

Le Québec valorise aussi une prospérité fondée sur la pérennité des ressources, l’égalité des personnes, le respect de la diversité des langues et des cultures, qui profite à l’ensemble de la société, toutes générations confondues.

Accès des femmes au financement

Je souligne, par ailleurs, l’importance de la contribution des femmes à une mise en œuvre réussie de la Stratégie économique pour la Francophonie.

Si, à juste titre, cette stratégie met l’accent sur les femmes, c’est qu'elles sont des créatrices de richesses et que leur autonomisation économique contribue à la croissance tant des économies que des entreprises locales. 

Leur pleine contribution au développement économique doit être favorisée, notamment par la mobilisation politique, par le renforcement de l’accès des femmes aux leviers d’influence ainsi que par des activités de formation à l’entrepreneuriat, à l’économie et aux normes juridiques.

Il faut favoriser l’émergence d’une génération de femmes plus conscientes de leur rôle névralgique, de leurs droits, de leurs responsabilités et de leurs capacités à contribuer à l’essor de l’Afrique francophone.

Nous comptons certainement favoriser le partage de l’expertise des femmes québécoises, notamment en matière d’entrepreneuriat, avec leurs congénères du Sud.

Au Québec, le réseau Femmessor favorise l’émergence de femmes entrepreneures et leur mise en réseau.

Le Québec compte rendre cette expertise disponible à la Francophonie, d’autant qu’il importe de mettre en réseau des femmes d’affaires africaines et québécoises.

Priorités

Nos liens avec l’Afrique s’inscrivent bien dans les priorités de mon gouvernement, qui a fait de la relance de l’économie et du contrôle des finances publiques le centre de son action.

Nous voulons faire converger nos atouts vers la prospérité.

Le rôle de mon gouvernement est de préparer un terreau qui favorise l’entreprise et l’investissement, de créer un écosystème où les entrepreneurs puissent exprimer toute leur créativité et partager leur talent, notamment sur les marchés africains.

Deux grands projets de mon gouvernement auront, j’en suis persuadé, la vertu d’ouvrir davantage le Québec au monde : le Plan Nord, dans toutes ses déclinaisons, et la mise en œuvre de la Stratégie maritime.

Ces projets porteurs, en lien avec l’immense potentiel naturel du Québec, appellent à la création de partenariats stables et solides, le tout, de manière responsable et au profit des populations qui y habitent et de l’ensemble du Québec.

La diplomatie climatique

Au moment où l’Afrique s’apprête à prendre part à la 21e Conférence des parties de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques de 2015, je sais que les chefs d’État et de gouvernement se sont engagés à donner plus d’impulsion à leurs actions pour faire face aux changements climatiques.

Leader de la lutte aux changements climatiques, le gouvernement du Québec a atteint les objectifs de Kyoto.

Et ce matin, notre gouvernement a annoncé son intention de tenir une consultation sur une cible de réduction d’émissions de GES de l’ordre de 37,5 % sous le niveau de 1990, en 2030. 

Le Québec, la Californie et, bientôt, l’Ontario ont lié leur marché du carbone.

En attribuant un prix au carbone, nous transmettons un signal fort aux entreprises et aux consommateurs, car les modèles d’affaires doivent tenir compte des coûts sociaux et environnementaux.

Le Québec mise, par ailleurs, sur la filière des transports électriques pour contribuer au développement, créer des emplois, limiter notre empreinte carbone et nous rapprocher de l’indépendance énergétique, d’autant plus qu’il dispose d’importantes réserves d’énergie hydroélectrique.

Je tiens, en outre, à souligner l’importance de prendre en compte que nous avons des responsabilités communes, mais différenciées selon le niveau de développement de chaque pays.

Nous devons donc tous agir ensemble, mais, bien sûr, il faut tenir compte de nos capacités respectives et de la réalité de chacun.

Chaque acteur, qu'il s'agisse des villes, des États fédérés, des pays, a un rôle primordial à jouer dans cette lutte contre les changements climatiques.

Nos responsabilités et capacités sont différentes, mais nous avons le devoir de travailler tous ensemble dans un objectif commun fondamental et pressant.

Nos économies font face au double défi de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, tout en maintenant leur croissance.

Or, la lutte contre les changements climatiques est une occasion de développer de nouveaux créneaux, fondés sur l’entrepreneuriat et des politiques judicieuses.

Nous n'avons pas à choisir entre cette lutte, le défi planétaire de notre époque, et la croissance.

Les deux vont de pair.

Nous devons ouvrir un nouveau chapitre de la jeune, mais déjà riche histoire de la Francophonie; une Francophonie empreinte d’opportunités économiques et de création d’emplois en français, un chapitre où nous allons profiter plus que jamais de nos forces respectives pour relever des défis sur plusieurs fronts.

L’évolution observée dans plusieurs pays africains, tout comme les ambitions économiques de la Francophonie, nous amène à affirmer notre engagement d’une manière structurée, intégrée, cohérente et inscrite dans une perspective à long terme, car nous savons, de part et d’autre, que cet engagement dans la prospérité commune est ancré dans une claire volonté politique.

Je vous remercie et vous souhaite à tous un excellent Forum.


Mise en ligne : 17 septembre 2015


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