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Assemblée nationale, le 2 juin 2015 Allocution du premier ministre du Québec, Philippe Couillard, à l'occasion du décès de l’ancien premier ministre du Québec, M. Jacques Parizeau

La version prononcée fait foi.

Monsieur le Président,
Monsieur le Chef de l’opposition officielle,
Monsieur le Chef du deuxième groupe d’opposition,
Mesdames et Messieurs les Députés de l’Assemblée nationale du Québec,

C’est avec une profonde tristesse que nous avons appris tôt ce matin le décès d’un homme d’exception, le premier ministre Jacques Parizeau. Je souhaite aujourd’hui joindre ma voix à cette motion et partager quelques réflexions à la suite du décès de ce grand Québécois.

Cette journée du 2 juin 2015 restera pour toutes et tous une journée chargée d’émotion, qui appelle à la fois au deuil et au devoir de mémoire, les deux étant souvent inséparables.

C’est bien sûr un premier ministre du Québec qui s’éteint aujourd’hui, mais aussi un mari et un père, qui laisse dans le deuil son épouse, madame Lisette Lapointe et ses enfants, Bernard et Isabelle.

Nous ne partagions pas toujours les mêmes idées sur le plan politique, mais je me souviendrai toujours du premier ministre Jacques Parizeau comme d’un homme de conviction, respectueux, et d’une grande sincérité.

Un grand orateur plein d’espoir et d’élégance.

Nous perdons aujourd’hui un homme d’une droiture remarquable, toujours prêt à défendre ses idéaux et à travailler dans l’intérêt supérieur de la nation québécoise.

Porté par son amour du Québec, il a été un ardent défenseur du fait français et de la spécificité du Québec sur le plan culturel. D’ailleurs, cette passion s’est transposée dans toutes les actions qu’il a menées au cours de sa longue et passionnante carrière.

D’abord collaborateur privilégié de la Révolution tranquille, aux côtés de Jean Lesage et d’autres collaborateurs, il s’est consacré avec tout le talent, le dévouement et l’énergie qu’on lui connaît à la cause qui lui tenait à cœur entre toutes, et dont il aura été un infatigable défenseur jusqu’à la toute fin.

Pour cet engagement et cette détermination à faire du Québec une nation prospère et fière, il mérite toute notre admiration et notre respect.

Je garderai en souvenir l’image d’un homme fort. Un homme d’une intelligence remarquable, un homme d’État qui a consacré sa vie au Québec et au service public.

Au-delà de ses talents d’orateur, c’était avant tout un redoutable débatteur et un collègue respecté par tous celles et ceux qui l’ont côtoyé.

Peu de politiciens à travers l’histoire du Québec peuvent se targuer d’avoir eu une influence aussi déterminante sur les grandes questions économiques. Jacques Parizeau était de ceux-là, et il s’est exprimé sur ces questions jusqu’aux dernières semaines de sa vie.

Parmi les grandes réussites qu’on lui attribue, on note sa contribution exceptionnelle au grand projet de nationalisation de l’électricité au Québec.

On lui doit également l’instauration du Régime des rentes du Québec et la création de la Caisse de dépôt et placement du Québec, pour ne nommer que quelques-unes des réalisations dont il fut l’un des instigateurs.

Il est clair que l’État québécois de 2015, qui lui doit tant, doit proposer une façon durable de prolonger sa mémoire.

C’est pourquoi j’ai annoncé plus tôt aujourd’hui l’intention du gouvernement de faire en sorte que l’édifice principal des bureaux de la Caisse de dépôt et placement du Québec porte dans l’avenir le nom d’Édifice Jacques-Parizeau.

Monsieur Parizeau laisse derrière lui, après des années de travail acharné, un Québec fort, fier de ses origines, qui est entré dans la modernité sans aucun complexe.

Les Québécoises et Québécois auront été marqués profondément par ses actions et ses combats, dont le dernier a pris fin malheureusement hier, mettant un terme à des souffrances pénibles à supporter pour lui-même et ses proches.

Une période de deuil débute. Le premier ministre Jacques Parizeau n’est plus. Mais sa mémoire vit et vivra. Plusieurs briques de la maison du Québec portent sa signature.

Que le souvenir de ce grand homme demeure en nos mémoires à jamais, et qu’il nous rassemble aujourd’hui pour lui adresser nos hommages et notre reconnaissance.


Mise en ligne : 2 juin 2015


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