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Montréal, le 21 mai 2015 Allocution du premier ministre du Québec, Philippe Couillard, à l’occasion de l'ouverture des Assises annuelles 2015 de l’Union des municipalités du Québec

La version prononcée fait foi.

Madame Suzanne Roy, présidente de l’UMQ et mairesse de la ville de Sainte-Julie,

Madame Deborah Bélanger, coprésidente de la Commission des assises 2015 et mairesse de la ville de Rivière-Rouge,

Monsieur Martin Damphousse, coprésident de la Commission des assises 2015 et maire de la ville de Varennes,

Monsieur Denis Coderre, maire de Montréal,

Monsieur Pierre Moreau, ministre des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire,

Mairesses, Maires, Conseillères et Conseillers,

Mesdames, Messieurs,

C’est un plaisir pour moi d’être en votre compagnie aujourd’hui dans le cadre des Assises annuelles 2015 de l’Union des municipalités du Québec.

Avant de débuter, je tiens également à souligner la contribution exceptionnelle de deux personnes qui nous ont quittés : la mairesse de La Prairie, madame Lucie Roussel, et le maire d’Amos, monsieur Ulrick Chérubin.

Madame Roussel, qui s’est investie pendant 15 ans sur la scène municipale, a été successivement conseillère municipale, mairesse suppléante et mairesse. Un beau parcours au service de sa communauté. D’ailleurs, notre député de La Prairie, Richard Merlini, ainsi que le ministre Pierre Moreau, qui est responsable de la région de la Montérégie, ont eu l’occasion de me rappeler à quel point madame Roussel était respectée, mais surtout appréciée de tous.

Quant à monsieur Chérubin, nous avons eu une pensée spéciale pour lui lors de ma dernière visite à Amos, alors que j’ai annoncé la contribution de notre gouvernement au projet de l’entreprise Forex, visant la création de 350 emplois. Que ce soit notre ministre des Mines et responsable de la région, Luc Blanchette, ou le député d’Abiti-Est, Guy Bourgeois, ainsi que le député d’Abitibi-Ouest, François Gendron, tous ont été témoins de la grande contribution du maire Chérubin au développement de la ville.

Nous garderons toujours un excellent souvenir de ces deux représentants de grande qualité pour leurs concitoyens.

***

Il y a un an, je suis venu à votre rencontre.

Je vous ai présenté les priorités de notre gouvernement :

  • Le redressement de nos finances publiques, pour cesser de vivre sur notre carte de crédit;
  • La relance de l’économie, pour créer un climat stable et propice à l’investissement et à la création d’emplois dans toutes nos régions.

Bref, remettre le Québec sur la voie de la prospérité.

Je vous ai également assuré de mon entière collaboration, ainsi que de celle de mon gouvernement, pour travailler à faire avancer les dossiers du milieu municipal et ce qui sera notre projet commun, soit celui de redéfinir les relations entre le gouvernement et les municipalités pour vous reconnaître comme des gouvernements de proximité.

D’ailleurs, cette volonté de revoir nos relations, c’est ensemble que nous l’avons officialisée par la signature, en novembre dernier, du pacte fiscal transitoire pour 2015. Cela dans le contexte d'une impasse financière majeure qui demandait une action à la fois vigoureuse et déterminée.

Cette entente, qui confirme notamment que notre gouvernement s’engage à verser près de 600 millions de dollars pour 2015 aux municipalités, est tout à votre honneur, puisque vous avez aussi accepté de participer à l’effort collectif que nous devons tous faire pour le rétablissement de l’équilibre budgétaire en 2015-2016 et pour son maintien au cours des années qui suivront. Il en va de la crédibilité du Québec, de notre capacité à faire des choix pour nous bien sûr, mais aussi pour les générations qui nous succéderont.

Puisque cette entente n’est que d’une durée d’un an, nous sommes déjà au travail, avec nos partenaires municipaux, pour conclure une entente fiscale pluriannuelle pour les années à venir.

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Aujourd’hui, le résultat de cette première année nous permet d’être optimistes pour l’avenir.

Comme je vous le mentionnais en lien avec la signature du pacte fiscal transitoire, nous avons tous consacré des efforts soutenus au redressement des finances publiques et à la relance de l’économie.

En date d’aujourd’hui, je suis fier de dire que nous sommes sur la bonne voie et que nos finances sont plus solides et plus saines qu’il y a un an, ce qui constitue une base indispensable à une croissance économique durable.

Ces 30 dernières années, seuls 9 budgets du gouvernement du Québec ont été équilibrés.

Pour la première fois depuis longtemps, avec le budget déposé par le ministre des Finances, Carlos Leitão, nous avons retrouvé l’équilibre budgétaire. Et je le répète, car ce n’est pas rien; vous y avez contribué!

À notre arrivée il y a un an, les dépenses de l’État québécois augmentaient plus rapidement que ses revenus. 

Aujourd’hui, le gouvernement ne dépense pas plus que ses revenus.

Le Québec faisait face à un déficit structurel de plus de 7 milliards de dollars, qui l’empêchait de concentrer ses actions là où les besoins augmentent et où ils sont les plus prioritaires.

Il fallait faire quelque chose. Et ce quelque chose, c’était l’équilibre budgétaire dès 2015-2016 et son maintien pour les années à venir.

Mais le retour à l’équilibre budgétaire ne constitue pas une ligne d’arrivée. Ce n’est pas une fin en soi.

C’est plutôt le signal de départ d’un nouvel élan qui s’amorce au Québec.

Le plan économique pour le Québec que nous avons présenté vise à :

  1. Alléger le fardeau fiscal des particuliers de plus de 2 milliards de dollars et celui des entreprises de 500 millions de dollars au cours des cinq prochaines années, dans le but d’encourager l’emploi et l’investissement;
  2. Favoriser une plus grande participation au marché du travail en assurant une meilleure adéquation entre la formation et l’emploi, notamment en renforçant la contribution de l’immigration au marché du travail; et
  3. Stimuler l’investissement et soutenir le développement économique de toutes les régions du Québec.

Les mesures présentées dans le budget du 26 mars dernier confirment d’ailleurs l’importance que nous accordons aux régions du Québec.

En effet, plusieurs mesures représentent des leviers pour le développement économique régional.

Pensons entre autres aux mesures d’allégement fiscal pour favoriser la compétitivité des PME, aux mesures de mise en valeur des ressources naturelles, et aux mesures pour soutenir le secteur culturel dans l’ensemble des régions du Québec.

Ce n’est pas tout. Nous allons soutenir la relève entrepreneuriale et le mentorat en plus de favoriser le transfert d’entreprises familiales dans les secteurs primaire et manufacturier.

Nous allons également devancer pour les quatre prochaines années la somme de 1,4 milliard de dollars pour des projets d’investissement public, à même l’enveloppe de 88 milliards de dollars consacrée au Plan québécois des infrastructures.

Pensons également aux 4,9 milliards de dollars investis sur nos routes, aux investissements dans les forêts privées et pour les travaux sylvicoles, au nouveau programme, ClimatSol-Plus, qui va permettre d’injecter des ressources supplémentaires de 10 millions de dollars dans les municipalités pour réhabiliter des terrains contaminés situés sur leur territoire.

Notre gouvernement a convenu avec le gouvernement fédéral d’une entente de principe concernant le prolongement des ententes de l’actuel Fonds Chantier Canada-Québec.

Je vous annonce donc que nous avons autorisé la signature de l’entente pour le Fonds des petites collectivités, doté d'une enveloppe de 177 millions de dollars. Les municipalités admissibles de moins de 100 000 habitants pourront ainsi bénéficier d'argent pour financer des projets favorisant leur croissance économique et la protection de l’environnement.

La prospérité du Québec, c’est aussi la prospérité des villes et des municipalités. Quand le Québec prospère, nos villes en bénéficient également.

Le résultat de tous ces efforts sur le plan économique fait en sorte que depuis 1 an, près de 69 000 emplois ont été créés au Québec, et majoritairement dans le secteur privé.

Plus de Québécois au travail. C’est une bonne nouvelle pour l’économie.

Cependant, nous avons encore des défis à relever et nous en sommes tous conscients. C’est pourquoi notre équipe poursuivra ses efforts pour soutenir nos régions et nos communautés.

***

Nous en sommes maintenant à dessiner cette nouvelle relation entre Québec et les municipalités.

Ce statut de « gouvernement de proximité », que vous nous demandiez depuis longtemps, cette plus grande autonomie, ces responsabilités et ces ressources que vous réclamez légitimement depuis plusieurs années, c’est  ensemble, comme de vrais partenaires, que nous les définirons.

Et pour moi, ce partenariat se traduit également par le partage des redevances liées aux ressources minières, pétrolières et gazières et par la création de fonds régionaux à même une partie des redevances distribuées, comme je vous le disais l’an passé. Je souhaite que notre prochaine entente de partenariat contienne cette nouvelle source de revenus, si prometteuse pour beaucoup de nos territoires.

C’est aussi le statut de métropole pour Montréal et celui de capitale pour Québec que nous confirmerons de façon législative.

C'est aussi la nécessité de vous donner de l'oxygène, par exemple en allégeant la reddition de comptes qui consomme beaucoup de vos ressources. Probablement plus que ce qui est nécessaire!

Madame Roy, je vous le répète, vous pouvez compter sur moi, sur le ministre Pierre Moreau, ainsi que sur toute mon équipe pour vous donner les moyens d’exercer pleinement votre rôle.

C’est ensemble que nous allons mettre les relations entre les municipalités et le gouvernement au diapason du 21e siècle.

***

Depuis que je suis premier ministre, au fil de rencontres partout au Québec, j’ai été à même de constater le dynamisme qui anime le monde municipal, ses collectivités et vous, leurs élus.

Je me suis donc personnellement engagé à ce que les municipalités et les municipalités régionales de comté soient reconnues comme instances de gouvernance locale et régionale, et c’est le mandat que j’ai confié à Pierre Moreau. Vous trouverez d’ailleurs en lui un allié de premier ordre, je peux vous l’assurer.

Donc, ce chantier primordial pour l’avenir du Québec, déjà en cours et que nous mènerons ensemble à bon port, doit d’abord être fondé sur la confiance mutuelle et s’appuyer sur des concepts comme la subsidiarité, la simplification, l’efficience, la transparence et l’imputabilité.

Les gestes que nous avons posés depuis un an et ceux que nous poserons dans les prochains mois démontrent bien notre volonté et notre engagement de faire, avec vous, les choses autrement.

***

Le pacte fiscal transitoire nous a aussi donné l’occasion de dresser les grandes lignes de ce nouveau modèle de gouvernance régionale qui prend forme progressivement.

Nous revoyons les façons de faire afin de les moderniser de manière à ce qu’elles reflètent  davantage la réalité et les besoins de la population québécoise.

C’est notamment en reconnaissant pleinement l’importance de votre rôle, en tant qu’élus locaux et régionaux, que ce changement pourra réellement s’amorcer.

D’ailleurs, depuis le 21 avril dernier, les MRC et les organismes équivalents ont de nouvelles responsabilités en matière de développement économique, local, régional et rural.

En effet, les MRC ont maintenant toute la compétence nécessaire pour prendre, elles-mêmes, les décisions qui favoriseront le développement de leur territoire.

Concrètement, nous permettons ainsi l’émergence d’un nouveau modèle de gouvernance régionale, celui-là même que vous réclamez depuis longtemps.

Il s’agit d’une démarche sans précédent qui vient positionner les élus municipaux au cœur de cette gouvernance locale et régionale, en s’appuyant essentiellement sur un allégement significatif des structures de développement en région, permettant ainsi de rapprocher les décisions de la population.

Au lieu d’investir dans les structures, investissons solidement dans les projets qui permettront de développer tous les territoires du Québec.

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Le Plan Nord est un autre bel exemple de ce que la mobilisation et la concertation des forces vives autour d’une région peuvent entraîner comme bénéfice pour l’ensemble du Québec.

En effet, le développement des régions se fait au bénéfice des populations qui les habitent, mais il contribue aussi au progrès et au rayonnement de tout le Québec.

Cela est d’autant plus vrai pour le Nord-du-Québec, ce territoire qui représente 72 % de toute la superficie du Québec.

Nous avons beaucoup à apprendre de cette vaste région. Beaucoup à en retirer également, à tous les points de vue.

Lancé le 8 avril dernier, le Plan Nord constitue un élément essentiel de la relance économique du Québec.

Le Plan Nord, vous le connaissez. Son potentiel est immense et les retombées économiques et la création d’emplois générées par la mise en valeur des ressources naturelles du territoire nordique sont importantes.

D’ici 20 ans, soit d’ici 2035, le Plan Nord aura permis la mise en valeur du potentiel diversifié du territoire au bénéfice de ses populations et de tout le Québec, dans le cadre d’un développement durable exemplaire, selon une approche globale, intégrée, cohérente et responsable.

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Du nord au sud, nous avons des atouts immenses dont il faut tirer avantage.

Nous sommes chanceux, puisque nous pouvons aussi compter sur un atout majeur, notre fleuve Saint-Laurent, qui représente ni plus ni moins que le plus court chemin entre le continent européen et le cœur de l’Amérique.

Nous nous devons également d’exploiter, de façon responsable, ce grand potentiel.

C’est pourquoi je me suis engagé à élaborer une stratégie qui permettra au Québec de se positionner comme plaque tournante nord-américaine du commerce maritime et de la manutention de marchandises.

Nous dévoilerons d’ailleurs prochainement notre stratégie maritime et les investissements de plus de 1,5 milliard de dollars qui viendront appuyer son déploiement d’ici 2020.

Cette stratégie mettra à contribution tous les acteurs concernés tant par la mise en valeur et la protection de la ressource marine, que par le développement des secteurs de l’industrie maritime.

Plus précisément, il s’agit d’encourager les investissements privés dans nos infrastructures portuaires, de développer le transport intermodal et de dynamiser les chantiers maritimes québécois, avec l’objectif bien ancré de créer des emplois durables et de qualité en plus d’assurer la croissance économique des régions riveraines du Saint-Laurent, depuis Vaudreuil-Soulanges jusqu’à la Gaspésie.

Voilà une occasion privilégiée d’assurer la croissance économique des régions et des municipalités côtières du Québec, où l’économie bleue est en émergence.

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En terminant, j’aimerais vous dire que, comme vous tous, j’ai choisi de servir mes concitoyens afin de changer les choses et de contribuer, à ma façon, à faire avancer le Québec.

Le partage des redevances avec les municipalités et la redéfinition de la relation entre le gouvernement du Québec et les municipalités, ce sont des idées que j’ai portées lors de ma course à la direction, avant l’élection, durant l’élection, et aujourd’hui à titre de premier ministre.

Je nous convie donc à poursuivre notre travail d’équipe dans l’intérêt des gens que nous représentons.

Et le contexte est de plus en plus favorable. Les principaux indicateurs économiques le confirment : le Québec jouit d’un climat propice à la croissance. Notre situation économique et financière s’améliore, et les résultats nous encouragent à poursuivre nos efforts.

Les agences de crédit nous font à nouveau confiance, et les investisseurs étrangers voient le Québec comme un partenaire d’affaires crédible. Dans ce contexte, sachons saisir la balle au bond.

Une plus grande autonomie municipale, c’est ce que nous visons. C’est ce que nous voulons.

Un partenariat durable dans l’intérêt de la population québécoise. C’est ce que nous visons et c’est ce que nous voulons également.

Des régions, des municipalités et des communautés plus prospères, voilà ce que nous réaliserons, ensemble.

Je vous remercie de votre attention et bonnes Assises 2015!


Mise en ligne : 21 mai 2015


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