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Islande, le 1er novembre 2014 Allocution du premier ministre du Québec, Philippe Couillard, à l’occasion de la séance plénière de l’assemblée de l’Arctic Circle, sous le thème « Le Plan Nord du Québec : investir dans un projet exemplaire de développement durable »

La version prononcée fait foi.

Son Excellence Ólafur Ragnar Grímsson, Président de la République d’Islande,

Pierre Arcand, Ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles et Ministre responsable du Plan Nord,

Je suis très heureux d’être parmi vous aujourd’hui, pour cette deuxième assemblée de l’Arctic Circle.

Je tiens d’abord à remercier les organisateurs ou les organisatrices de cet événement international de haut niveau.

J’aimerais également remercier tout particulièrement monsieur Ólafur Ragnar Grímsson, président de la République d’Islande.

En juin dernier, à l’issue d’une visite au Québec, monsieur Grímsson m’a invité à assister à cette assemblée, pour présenter le Plan Nord et pour expliquer brièvement le rôle du Québec dans l’Arctique.

J’ai été ravi d’accepter son invitation.

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Le Québec, que j’ai l’honneur de gouverner, est un lieu étonnant.

Fort d’un territoire de plus de 1,5 million de kilomètres carrés, d’une population de 8,18 millions de personnes et d’un produit intérieur brut de 354 milliards de dollars canadiens, le Québec mise sur le talent des hommes et des femmes qui l’habitent ainsi que sur ses ressources naturelles, aussi riches que diversifiées.

La géographie s’est montrée généreuse envers le Québec, notamment en ce qui concerne sa dimension.

Le Québec, immense territoire criblé de lacs et de cours d’eau, abonde en ressources humaines et naturelles, aussi impressionnantes que variées.

Mon gouvernement s’est donné pour mission d’exploiter pleinement le potentiel et les atouts du Québec, pour assurer la prospérité de l’ensemble des Québécois et des Québécoises, y compris des Premières Nations.

En ce qui concerne les relations économiques extérieures, nous pouvons faire mieux. Nous devons renforcer notre présence sur des marchés, qui ne cessent de se mondialiser, et attirer une plus grande part des investissements directs étrangers.

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Deux initiatives d’envergure, j’en suis convaincu, vont réaffirmer l’ouverture du Québec sur le monde et contribuer à sa prospérité. Je parle du déploiement de notre stratégie maritime et, surtout pour ceux et celles qui sont ici aujourd’hui, de la relance du Plan Nord, dans toutes ses dimensions : économique, sociale et environnementale.

En 2011, le précédent gouvernement libéral du Québec lançait le Plan Nord. En 2014, le gouvernement libéral, que je dirige depuis notre dernière élection générale, a insufflé une vie nouvelle à cette initiative. Au cours des prochains mois, mon gouvernement compte présenter une vision concrète du développement nordique. L’emplacement, le climat et les caractéristiques géographiques, physiques et sociales du territoire du Plan Nord font du Québec un État nordique et arctique. D’ailleurs, le terme nordicité, qui signifie « niveau nordique des pays de l’hémisphère boréal », a été créé par un universitaire, géographe et linguiste québécois réputé, M. Louis-Edmond Hamelin.

Le Plan Nord sera déployé d’ici 2035. Près de 50 milliards de dollars seront investis au cours de cette période. Il se traduira par une mise en valeur planifiée et intégrée du potentiel économique, minier, énergétique, social, culturel et touristique dans la région du Québec se situant au nord du 49e parallèle, du fleuve Saint-Laurent et du golfe du Saint-Laurent.  

Le Plan Nord est un projet d’une envergure sans précédent; sans précédent non seulement au Québec, mais aussi dans le monde entier.

Il couvre une superficie de 1,2 million de kilomètres carrés.

Ce potentiel de développement est presque sans égal dans le monde.

Il s’agit d’une initiative de développement sur mesure pour 72 % de l’ensemble du territoire québécois, plus de 11 fois plus vaste que l’Islande et 28 fois plus vaste que le Danemark, à titre de comparaison avec deux pays nordiques.

Avec le Plan Nord, nous voulons exploiter l’incroyable potentiel de cette région géographique, en réalisant un projet exemplaire de développement durable.

Le Plan Nord reconfigure la carte du développement économique du Québec, pour le plus grand bien des générations d’aujourd’hui et de demain.

Je m’explique.

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Le Québec nordique se démarque par l’étendue de ses forêts et l’ampleur de son industrie forestière.

En effet, d’est en ouest, ce territoire compte 200 000 kilomètres carrés de forêts commerciales, soit plus de 53 % de la superficie forestière exploitable du Québec.

Le Québec nordique abrite un grand nombre d’espèces fauniques prisées par les chasseurs et les pêcheurs, notamment le caribou, l’orignal et l’omble chevalier, pour n’en nommer que trois.

Sur le plan des ressources minières, le Québec nordique joue un rôle crucial. L’industrie minière, dynamique et diversifiée, est présente dans le nord de notre province depuis des décennies.

Le Nord assure la production québécoise de nickel, de cobalt, d’éléments du groupe du platine, de zinc, de minerai de fer et d’ilménite, ainsi qu’une grande part de la production d’or et de diamants de la province. Il est également riche en lithium, en vanadium et en éléments de terres rares.

Plusieurs minéraux de terres rares servent à la technologie de l’information, à la robotique, à l’instrumentation médicale et à l’industrie aérospatiale, ainsi qu’à la fabrication des panneaux solaires, des éoliennes et des véhicules électriques.

Quant à la production d’énergie, le Nord québécois fait l’envie du monde entier. Grâce à la société d’État Hydro-Québec, notre province est le quatrième producteur mondial d’hydroélectricité, énergie verte et renouvelable qui, entre autres, a permis l’expansion de notre industrie de l’aluminium, aujourd’hui de classe mondiale.

Avec ses installations hydroélectriques, Hydro-Québec contribue grandement au développement nordique.

Plus des trois quarts de l’énergie produite par les grands barrages proviennent du territoire du Plan Nord.

Le Nord québécois offre également un grand potentiel écotouristique, grâce à ses lacs et ses cours d’eau, ses traits géophysiques et sa nature sauvage, ses aires protégées ainsi que ses possibilités d’observation d’oiseaux, de croisières et de visites des grandes installations hydroélectriques.

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Nous nous sommes engagés à développer ce territoire au profit des populations locales et de l’ensemble des Québécois et des Québécoises, en veillant à ce que tous les projets soient acceptables socialement.

Optimiser les retombées économiques des grands projets nordiques constitue un levier important pour assurer la cohérence et la durabilité du développement des communautés nordiques.

Des efforts sont actuellement déployés pour veiller à ce que les communautés bénéficient concrètement du développement nordique.

Le Plan Nord du Québec s’inspire des valeurs de respect, d’ouverture et d’écoute, de dialogue et de solidarité.

Il a été conçu et se réalisera dans le cadre d’un partenariat étroit et continu avec les collectivités locales, surtout les populations qui occupent ce territoire depuis des millénaires.

Depuis le début de ce projet, les Premières Nations et les communautés inuites, que cette initiative inquiète, ont exprimé leur volonté de participer pleinement à sa planification et à sa mise en œuvre, à titre de partenaires, dans un cadre qui respecte leurs aspirations et leur milieu de vie.

Le gouvernement compte poursuivre ce dialogue dans le cadre de son Plan Nord.

Nous voulons maintenir nos relations privilégiées avec les collectivités locales et la dynamique positive qui découle de ces relations.

Il importe de signaler que le territoire du Plan Nord compte à peine plus de 120 000 personnes, dont 33 000 Autochtones, qui appartiennent à quatre nations, soit les Inuits, les Cris, les Innus et les Naskapis.

 

Pour veiller à ce que le développement de cet immense territoire respecte les collectivités locales et autochtones et se fasse de concert avec elles, mon gouvernement s’apprête à créer la Société du Plan Nord.

Cette société sera chargée de coordonner le développement du territoire du Plan Nord, selon les consultations avec l’ensemble des partenaires.

Elle jouera également un rôle de premier plan dans la mise en œuvre de la stratégie gouvernementale de développement durable et responsable des ressources naturelles du Nord québécois.

Entretemps, ce rôle a été confié au Secrétariat au Plan Nord, comité ministériel, et à la haute fonction publique.

La Société du Plan Nord collaborera avec tous les partenaires locaux, autochtones et privés et coordonnera les efforts déployés par les ministères concernés par le Plan Nord.

Cet organe autonome coordonnera, entre autres, des projets visant à construire des infrastructures stratégiques, aux fins d’ouvrir le territoire du Plan Nord.

La mise en valeur de ce potentiel colossal exigera d’énormes investissements.

Dans cette perspective, le Plan Nord offre d’incomparables possibilités d’investissement aux entreprises qui veulent participer à ce projet passionnant, qu’elles soient établies au Québec, ailleurs au Canada ou à l’étranger.

Le Québec accueille à bras ouverts les acteurs qui veulent contribuer à son économie.

Il offre aux investisseurs un milieu d’affaires solide et dynamique, un contexte politique stable et sûr, des innovations et des réalisations commerciales, une main-d’œuvre bien formée et diversifiée, une énergie propre et renouvelable, des infrastructures de transport modernes, un régime fiscal compétitif et des coûts d’exploitation très concurrentiels. En bref, le Québec offre aux investisseurs un cadre clair et prévisible.

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Pour rassembler les conditions nécessaires aux investissements, mon gouvernement compte investir de manière stratégique dans les infrastructures qui permettront l’accès à l’immense territoire du Plan Nord.

Nous allons coopérer étroitement avec les entreprises engagées dans les projets du Plan Nord, en ce qui concerne la construction des infrastructures dont elles ont besoin.

Plus précisément, nous avons annoncé des mesures concrètes pour assurer l’accès aux infrastructures nécessaires à la mise en valeur des richesses naturelles présentes dans le territoire du Plan Nord, ainsi que leur existence, notamment :

  • Accès au territoire par voie routière, aérienne, maritime ou fluviale et ferroviaire;
  • Expansion des infrastructures portuaires de calibre mondial, telles que le port de Sept-Îles et, un jour, le long du passage du Nord-Ouest;
  • Meilleur accès à la fosse du Labrador et capacité ferroviaire accrue pour permettre les expéditions de marchandises et de minerais;
  • Projet important d’approvisionnement des régions du Nord-du-Québec et de la Côte-Nord en gaz naturel et en gaz naturel liquéfié — solutions de remplacement du mazout, favorables à l’économie et à l’environnement.

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Nous sommes déterminés à développer le territoire du Plan Nord de manière durable et responsable. Il va sans dire que ceci s’applique également à l’aspect environnemental.

Mon gouvernement s’est engagé à protéger l’environnement et à préserver la biodiversité distinctive du Québec nordique, en assurant la conservation de 50 % du territoire du Plan Nord.

Cette partie du territoire sera consacrée à la protection de l’environnement, à la conservation de la biodiversité, à l’acquisition de connaissances scientifiques, au tourisme écoresponsable et à la mise en valeur des écosystèmes forestiers.

Nous ferons tout pour encourager les pratiques exemplaires, lorsqu’il s’agira de nouvelles utilisations du territoire du Plan Nord, et ce, du développement au déploiement, puis à l’exploitation.

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Le développement durable d’un territoire aussi étendu doit s’inspirer de connaissances scientifiques fiables et constamment mises à jour.

C’est l’une des raisons pour lesquelles une quarantaine de Québécois et de Québécoises, dont des chercheurs, des chefs d’entreprises, des représentants autochtones et des hauts fonctionnaires participent à cette deuxième assemblée de l’Arctic Circle. Nous voulons faire partie du dialogue sur les questions arctiques et nordiques.

Outre ce dialogue, j’aimerais souligner que trois institutions québécoises prestigieuses ont récemment confirmé leur intérêt à participer à la création de l’Institut nordique du Québec, nouveau centre de recherche interdisciplinaire et interinstitutionnel et d’innovation dans le domaine du développement nordique.

Les universités régionales du Québec y contribueront également dans leur spécialité.  

Cet Institut nordique sera établi à Québec. Ce sera un centre d’échange de savoir-faire en sciences naturelles et sociales, ainsi qu’en génie et en santé.

Il contribuera à fournir aux décideurs des secteurs public et privé les connaissances scientifiques et les compétences techniques nécessaires au développement durable du Québec nordique.

Ceci revêt une importance encore plus grande, du fait que le développement du territoire du Plan Nord se fera dans un contexte de changements climatiques, qui nous touche tous et toutes, et dans lequel les États fédérés et les gouvernements régionaux, tout comme les pays, ont un rôle à jouer et des responsabilités dont ils doivent s’acquitter.

Le Québec s’attaque à ce défi, en vue de la XXIe Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, dite « COP 21 », qui se tiendra à Paris, en 2015.

Le Québec, qui attribue un prix au carbone depuis 2007, met actuellement en œuvre un système de plafond et d’échange, de concert avec la Californie.

Les revenus de ce marché du carbone seront consacrés à des initiatives connexes, telles que l’expansion de notre industrie des technologies propres et la transition vers un système de transport alimenté à l’électricité.

En regroupant sous un même toit le savoir-faire québécois dans la recherche sur le développement nordique, l’Institut nordique attirera les grands talents scientifiques et technologiques, tout en servant d’incubateur pour l’innovation sociale.

L’Institut nordique sera un carrefour d’échange pour les projets de recherche menés par les scientifiques des universités fondatrices.

D’autres partenaires québécois, qu’il s’agisse d’acteurs internationaux ou de représentants du secteur privé, pourraient adhérer à ce projet.

Mme Sophie D’Amours, vice-rectrice à la recherche et à la création à l’Université Laval, présentera une description plus détaillée de l’Institut nordique, au cours de l’atelier prévu à 16 h 30, aujourd’hui.

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Il nous importe de promouvoir à l’étranger ce vaste projet de développement durable.

Permettez-moi de profiter de ce prestigieux forum pour vous inviter au Symposium international sur le développement nordique, qui aura lieu dans notre magnifique capitale, Québec. Je suis très fier d’annoncer que le Québec déroulera le tapis rouge aux visiteurs et visiteuses du monde entier, à l’occasion de ce grand événement international, organisé par le gouvernement du Québec et l’Université Laval.

Coprésidé par le Conseil nordique des ministres, ce symposium se tiendra du 25 au 27 février 2015.

Ce sera, pour les participants et les participantes, l’occasion d’échanger des idées et des connaissances et de discuter de leur expérience respective et de leur vision du développement nordique. Ce symposium rassemblera des représentants et des représentantes des pays nordiques, des gens d’affaires, des entreprises, des chercheurs, des universitaires et des membres des collectivités locales, y compris des nations autochtones.

Le Symposium comprendra des conférences, des ateliers et des activités dynamiques d’échange. Il s’articulera autour de quatre grands thèmes :

  • le Nord comme cadre de vie;
  • le Nord comme territoire physique;
  • le Nord comme lieu de développement économique;
  • le Nord comme lieu de connaissance, de formation et de recherche.

J’espère bien vous voir à Québec, du 25 au 27 février 2015, pour ce Symposium international du développement nordique.

J’espère également pouvoir compter sur votre collaboration et vos compétences précieuses pour cet ambitieux projet de développement durable qu’est le Plan Nord.

Merci à tous de votre attention. Je vous souhaite une journée fructueuse en idées.


Mise en ligne : 1er novembre 2014


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