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Montréal, le 30 septembre 2014 Allocution du premier ministre du Québec, Philippe Couillard, à l’occasion de la conférence Les Affaires « Objectif Nord »

La version prononcée fait foi.

Monsieur Pierre Arcand, ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles et ministre responsable du Plan Nord,

Monsieur Jean D’Amour, ministre délégué aux Transports et à l’Implantation de la stratégie maritime,

Monsieur le Premier Ministre Jean Charest,

Distingués invités,

Bonjour à tous. Je tiens d’abord à remercier les organisateurs de cet événement. C’est avec un immense plaisir que j’ai répondu par l’affirmative à leur invitation.

Je suis très heureux de profiter de cette occasion pour faire le point avec vous sur les orientations du gouvernement en matière de développement dans le Nord-du-Québec.

En 2011, le gouvernement libéral a lancé le Plan Nord. En 2014, le gouvernement libéral lui donne une nouvelle impulsion.

Cet immense projet, comme vous le savez, vise à mettre en valeur le potentiel économique, minier, énergétique, social, culturel et touristique du territoire québécois situé au nord du 49e parallèle, pour toutes les régions du Québec. Un des plus vastes projets de développement durable au monde.

Au cours des dernières années, le développement du territoire nordique au Québec a connu un ralentissement en raison de la baisse mondiale du prix des métaux, mais aussi parce que le gouvernement précédent ne comprenait pas le développement nordique, n’y croyait pas, et n’en a pas fait une priorité.

Nos partenaires internationaux ne savaient plus si ce projet québécois allait se poursuivre. La conséquence a été évidente : des investissements destinés au Québec sont partis ailleurs, notamment en Ontario, qui a mis en place son propre Plan Nord appelé le « Ring of Fire ».

En 2014, le vent est en train de tourner. Mon gouvernement s’est engagé à reprendre ce grand projet là où il a été laissé, et à rétablir la confiance du milieu de façon à assurer le développement de ce territoire et à y attirer des investisseurs.

Nous faisons de la relance du Plan Nord l’une de nos priorités.

Le Québec a besoin d’accroître sa richesse globale et de créer de nouveaux emplois dans l’ensemble de ses régions.

Le Plan Nord nous aidera à relever ce défi.

Il ne faut pas oublier que le Plan Nord est un projet d’une ampleur sans précédent. Sans précédent au Québec, mais aussi à l’échelle planétaire.

Il existe peu d’endroits au monde où l’opportunité se présente de mettre en valeur, de façon intégrée et planifiée, un territoire nordique de près de 1,2 million de kilomètres carrés.

Ce dont nous parlons ici, c’est de 72 % de la superficie totale du Québec. Nous parlons d’un territoire quatre fois grand comme l’Italie qui s’offre à nous pour un projet de développement qui fait l’envie du reste du monde.

Avec le Plan Nord, nous souhaitons mettre en valeur, avec vous et tous les Québécois, cet immense potentiel en respectant les dimensions économique, sociale et environnementale afin d’en faire un projet de développement durable exemplaire.

Vous le savez, la dimension sociale est extrêmement importante pour nous, puisqu’elle fait référence aux personnes, aux populations locales et autochtones qui habitent cet immense territoire. A elles seules, les nations autochtones, les communautés inuite, crie, innue et naskapie constituent le tiers de cette population.

C’est pourquoi nous avons à cœur de développer ce territoire au bénéfice de ces populations locales, et au bénéfice de l’ensemble des Québécois.

Sur le plan environnemental, nous tenons aussi à mettre en valeur ce territoire de façon durable et responsable.

Nous maintiendrons l’objectif de mettre en réserve du développement industriel, 50 % du territoire situé au nord du 49e parallèle, après que celui-ci ait été caractérisé selon leur potentiel économique.

Le potentiel du territoire que nous entendons mettre en valeur avec le Plan Nord est colossal. Voyons de plus près de quoi il en retourne…

D’abord, le territoire nordique québécois se démarque par l’étendue de ses forêts et l’importance de son industrie forestière.

D’est en ouest, le Nord québécois regroupe 200 000 kilomètres carrés de forêts commerciales. Cette superficie forestière compte pour plus de 53 % des forêts exploitables de l’ensemble du Québec.

En matière de ressources minérales, le territoire nordique est un incontournable. Le secteur minier, qui y est implanté depuis plusieurs décennies, est dynamique et diversifié.

Le territoire nordique assure la totalité de la production québécoise de nickel, de cobalt, de platine, de zinc, de fer, d’ilménite et d’une part substantielle de sa production aurifère. Il recèle aussi du lithium, du vanadium et des terres rares.

Plusieurs de ces minéraux sont largement utilisés en informatique, en robotique et en aérospatiale à des fins d’instrumentation médicale et pour la production de panneaux solaires, d’éoliennes et de véhicules électriques. Ils nous aident à construire le monde de demain.

En matière d’énergie, le Nord-du-Québec n’a rien à envier au reste de la planète. Par l’intermédiaire d’Hydro-Québec, le Québec est le quatrième producteur mondial d’hydroélectricité, une énergie verte et renouvelable qui a permis entre autres le développement d’une industrie de l’aluminium de classe mondiale.

Avec ses installations hydroélectriques, Hydro-Québec contribue de façon significative au développement du Nord. Plus des trois quarts de l’électricité produite par les grands barrages proviennent du territoire du Plan Nord.

Outre les ressources énergétiques, minières, fauniques et forestières qui sont intimement liées à ce territoire, le Nord-du-Québec a encore plus à offrir.

Grâce à ses paysages et à la diversité de ses cultures locales, il a le potentiel d’offrir aux visiteurs une expérience de découverte riche et authentique.

Le Nord québécois a tout pour devenir une destination touristique de classe mondiale.

Pour s’assurer de développer ce vaste territoire dans le respect et avec la participation des communautés locales et autochtones, mon gouvernement s’est engagé à mettre en place, dans les meilleurs délais, la Société du Plan Nord. Il s’agit d’une priorité.

La Société du Plan Nord aura pour mandat de coordonner le développement du territoire en consultant l’ensemble des partenaires. Elle jouera également un rôle prépondérant dans le déploiement de la stratégie gouvernementale de mise en valeur responsable et durable des ressources naturelles du Nord québécois.

Cette entité autonome collaborera avec l’ensemble des partenaires locaux, autochtones et privés et coordonnera l’ensemble des interventions des ministères concernés par le Plan Nord.

Enfin, la Société du Plan Nord assurera la coordination des projets visant à désenclaver le territoire par le déploiement d’infrastructures stratégiques. Le déploiement de ces infrastructures favorisera le développement économique du Nord québécois.

Je l’ai dit plus tôt. Le Québec doit créer plus de richesse.

Et pour y arriver, il peut s’appuyer sur le dynamisme des investissements privés.

C’est grâce à des investissements privés que la productivité augmente, que l’innovation se diffuse et que les exportations progressent.

Il est donc de notre devoir de rétablir la confiance des investisseurs.

Nous voulons leur envoyer un message clair en leur faisant comprendre que le Québec est un endroit accueillant pour ceux qui veulent contribuer à son activité économique.

FerroAtlantica à Port-Cartier

C’est pourquoi je tiens à saluer l’annonce de l’implantation de l’entreprise FerroAtlantica à Port-Cartier, sur la Côte-Nord.

Grâce à son projet de construction d’une usine de silicium métal évaluée à plus de 382 M$, l’entreprise espagnole pourrait créer chez nous 345 emplois directs à long terme et 230 emplois lors de la construction de l’usine.

Voilà un bon exemple du type d’investissements privés que nous voulons conclure au cours des prochaines années avec des entreprises étrangères, dans le contexte du Plan Nord.

Ces investissements amènent chez nous de l’argent neuf et permettent à des centaines de familles des régions du Québec de bénéficier des retombées de ce grand chantier.

Projet Renard aux monts Otish

Dans le même souffle, j’ai récemment donné le coup d’envoi aux travaux de construction de la première mine de diamants québécoise aux monts Otish, au nord de Chibougamau.

À cette occasion, le chef de la Nation crie de Mistissini, Richard Shecapio, a confirmé la participation active de la Nation crie au projet. C’est ce genre de partenariat que nous voulons développer avec les peuples autochtones sur tout le territoire du Québec.

D’ailleurs, dans le budget présenté par le ministre des Finances en juin dernier, la  formation de la main-d’oeuvre des populations autochtones a fait l’objet d’un investissement de 100 millions de dollars.

Avec une production estimée de 1,6 million de carats de diamants par année, cette mine à ciel ouvert et souterraine de la société Stornoway aura mobilisé des investissements de 1,043 G$.

Au cours des 10 prochaines années, le projet Renard favorisera la création de 475 emplois directs et de près de 600 emplois indirects.

Ce projet minier de grande envergure permettra de mettre en valeur nos ressources naturelles tout en mettant à profit notre main-d’œuvre qualifiée qui fait la renommée de l’industrie minière québécoise.

Mine Raglan et Tugliq

En plus des investissements privés étrangers, le Plan Nord génère aussi des investissements privés au sein même du Québec.

Le projet de Tugliq Énergie sur le site de la Mine Raglan au Nunavik en est un bon exemple.

Dans le cadre du programme ÉcoPerformance et avec le soutien financier du gouvernement, l’entreprise travaille actuellement au déploiement de la première éolienne en milieu arctique.

Cette éolienne, qui sera jumelée à un projet de stockage d'énergie, permettra à l’entreprise Glencore d’économiser jusqu’à 2,5 millions de litres de diesel chaque année pour le fonctionnement de ses génératrices.

Ce projet, le premier à se réaliser sous de telles latitudes, constitue un effort concret en innovation énergétique. Son succès ouvre la porte à la réduction de la consommation de diesel des entreprises et des communautés du Nord-du-Québec et à la diminution de leurs émissions de gaz à effet de serre, puisque l’entreprise travaillera éventuellement au déploiement de parcs d'éoliennes pour divers intervenants en milieu nordique.

Arianne Phosphate

Dans ma région, nous avons récemment confirmé  la participation du gouvernement du Québec à la démarche de financement du projet de l’entreprise Arianne Phosphate visant l’exploitation d’une mine de phosphate à Lac à Paul, au nord de Saguenay.

Évidemment, je ne peux pas tous les nommer, mais des projets comme celui de Métaux BlackRock et de la mine Éléonore sont également prometteurs.

De tels investissements permettent non seulement de dynamiser et de diversifier l’économie au nord du 49e, mais également d’en faire profiter l’ensemble de la collectivité québécoise.

La réussite de ces projets.

Pour mettre en place les conditions propices à l’investissement, nous devons présenter un cadre clair et prévisible aux investisseurs qui s’associent au Plan Nord.

Notre gouvernement entend investir de façon stratégique dans les infrastructures requises pour accéder à ce vaste territoire. La Société du Plan Nord aura en ce sens un rôle important à jouer dans cette démarche de désenclavement du territoire.

Le gouvernement demandera évidemment la collaboration des entreprises pour la réalisation des infrastructures qui seront construites à leur usage.

La réalisation des infrastructures ferroviaires reliant la Côte-Nord à la fosse du Labrador en est un exemple.

Avec la relance du Plan Nord, la capacité des liens ferroviaires existants pourrait s’avérer insuffisante pour répondre aux besoins anticipés en matière de transport.

Dans un souci d’offrir un environnement favorable aux investissements, et sachant que la desserte ferroviaire constitue un élément essentiel au développement de plusieurs projets, nous avons réservé une enveloppe maximale de 20 M$ au Fonds du Plan Nord afin de contribuer financièrement à la réalisation d’une étude.

Cette étude permettra d’évaluer la nécessité d’un nouveau lien ferroviaire et, le cas échéant, d’en établir les caractéristiques optimales.

L’opportunité de modifier les liens ferroviaires existants sera également évaluée et prise en compte pour établir la nécessité d’une nouvelle voie ferrée.

Il est impératif de développer une solution qui permettra de réaliser un réseau ferroviaire :

  • adéquat (en matière de capacité)
  • accessible
  • concurrentiel
  • respectueux de l’environnement
  • acceptable par les communautés

Le 21 juillet dernier, un appel d’intérêt a été lancé afin d’identifier les partenaires privés intéressés à contribuer à cette étude, permettant ainsi de favoriser l’adhésion au projet et d’en partager les coûts.

Les réponses positives reçues nous confirment la volonté de l’industrie à mettre en place un réseau de transport efficient.

Une coentreprise est en cours de création et des travaux seront entrepris dans les plus brefs délais.

L’objectif de cette démarche est de statuer sur le projet à l’automne 2015.

Bien sûr, le gouvernement est conscient que l’accès aux infrastructures de Pointe-Noire à Sept-Îles est primordial. Nous travaillons d’ailleurs en étroite collaboration avec les différents acteurs impliqués dans ce dossier.

D’ailleurs, les liens ferroviaires se rattachant aux ports québécois, comme celui de Sept-Îles, démontrent les liens évidents qui existent entre le Plan Nord et la Stratégie maritime.

Dans nos efforts pour la mise en œuvre du Plan Nord, notre gouvernement enclenche actuellement une vaste campagne de promotion internationale pour faire connaître ce projet unique aux investisseurs étrangers.

Du 26 au 30 octobre prochain, j’aurai d’ailleurs le plaisir de diriger une importante mission politique, économique et institutionnelle en Chine. De plus, à la demande du président de l’Islande, Ólafur Ragnar Grímsson, je présenterai le Plan Nord à l’Artic Circle à Rekyavik au début novembre.

Cette mission sera une occasion idéale pour faire la promotion du Plan Nord auprès de ce joueur incontournable à l’échelle mondiale.

Déjà, la semaine dernière, j’ai eu l’occasion de présenter les orientations de notre gouvernement, notamment celles du Plan Nord, au prestigieux Foreign Policy Association de New York.

Il y a 3 jours, j’ai rencontré le président de la République fédérale d’Allemagne, Son Excellence Joachim Gauck. Le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand, et le ministre délégué aux Transports et à l’implantation de la stratégie maritime, Jean D’Amour, ont présenté le Plan Nord et la stratégie maritime à la délégation d’affaires qui accompagnait le président.

Dans un contexte où le Québec doit faire face à plusieurs défis dans le but de relancer l’économie et de redresser les finances publiques, un projet mobilisateur comme celui du Plan Nord est incontournable.

Vous l’avez constaté, ce projet attire à nouveau l’attention du monde entier. C’était une erreur de lancer un signal négatif pendant la dernière année et demie, mais heureusement, cette période est terminée.

Alors que certains doutaient de la pertinence d’un tel plan, on constate aujourd’hui que les investissements ont créé des emplois et que les équipementiers de toutes catégories ont stimulé l’économie des régions.

La relance du Plan Nord permet :

  • de bâtir un partenariat avec les communautés autochtones afin qu’elles puissent se développer et prospérer;
  • d’ouvrir des marchés internationaux aux entrepreneurs et aux investisseurs potentiels, notamment dans les secteurs de l’énergie, des mines et des forêts;
  • d’enrichir les relations de coopération dans des domaines tels que l’environnement, le développement durable et la recherche scientifique;
  • d’attirer des travailleurs qualifiés;
  • de promouvoir la culture du Nord québécois et ce territoire comme destination touristique de classe mondiale.

Cette relance est amorcée!

Dans quelques minutes, mon collègue Pierre Arcand profitera d’ailleurs de cette tribune pour vous détailler les actions entreprises à ce jour par le gouvernement en lien avec le Plan Nord.

J’espère maintenant que nous pourrons compter sur votre précieuse expertise et collaboration pour continuer ce grand projet de développement durable.

Je vous remercie de votre attention et je vous souhaite une journée fertile en idées!

Merci à tous.
 


Mise en ligne : 30 septembre 2014


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