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Québec, le 25 septembre 2014 Notes pour une allocution du premier ministre du Québec, M. Philippe Couillard, à l’occasion du 73e Congrès de la Fédération québécoise des municipalités

La version prononcée fait foi.

Monsieur Pierre Moreau, ministre des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire,

Monsieur Richard Lehoux, président de la Fédération québécoise des municipalités,

Monsieur Denis Lebel, ministre de l’Infrastructure, des Collectivités et des Affaires intergouvernementales, et ministre de l’Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec,

Distingués membres de l’Assemblée nationale,

Monsieur  Michel Paré, président du Congrès et maire de Beaupré,

Monsieur Jacques Riopel, président de la Mutuelle des municipalités du Québec,

Madame Suzanne Roy, présidente de l’Union des municipalités du Québec,

Mme Jacqueline Gourault, sénatrice de Loir et Cher et vice-présidente de l’Association des maires de France, bienvenue au Québec

Mesdames Messieurs,

Je suis très heureux d’être parmi vous à l’occasion de l’ouverture du 73e Congrès annuel de la Fédération québécoise des municipalités.

D’entrée de jeu, Monsieur Lehoux, j’aimerais vous féliciter pour votre nomination à titre de président de la FQM en février dernier. Sachez que vous pouvez compter sur mon entière collaboration et sur celle de mon gouvernement dans l’accomplissement de votre mandat.

Depuis quelques années, j’ai un grand privilège. Ce privilège, c’est celui d’habiter à Saint-Félicien.

Ma ville, elle compte un peu plus de 10 000 habitants.

Elle se situe à la jonction des rivières Ticouapé, Ashuapmushuan, Mistassini et du lac Saint-Jean.

Elle est chaleureuse et accueillante. Et nous voulons tous la voir se développer et prospérer. Bref, j’aime ma vie en région.

Ce sentiment, c’est également celui de celles et ceux que vous représentez chaque jour dans chacune de vos municipalités.

Au cours des deux dernières années et demie, j’ai parcouru toutes les régions du  Québec à plus d’une reprise.

Je vous ai rencontrés. Je vous ai écoutés, mais surtout, je vous ai compris.

Le Québec doit prendre un important virage, et mon gouvernement est fermement engagé à remettre le Québec sur le chemin de la prospérité.

J’aimerais rapidement vous parler du plan que nous avons pour réaliser cet objectif.

  1. Les constats
  2. L’analyse et les décisions

D’abord, un constat de la situation générale dans laquelle nous nous trouvons :

  • Nous formons 23 % de la population canadienne;
  • Nous créons 20 % de la richesse;
  • Nous engageons de 26 à 27 % des dépenses provinciales.

À notre arrivée au gouvernement, nous étions face à une autre évidence :

  • Si rien n’était fait, dès maintenant, pour redresser nos finances publiques, le Québec se dirigeait vers un déficit de 5,8 G $ l’an prochain et de 7,2 G $ l’année suivante;
  • Le service de la dette = plus de 10 G $. Ça, c’est plus d’argent que nous investissons pour nos enfants dans nos écoles primaires et secondaires.

Et un dernier constat :

  • Notre population vieillit rapidement;
  • Nous avons moins de travailleurs;
  • Le fardeau fiscal des familles est très élevé.

Agir n’est donc pas un choix, mais une obligation. On ne peut plus vivre sur la carte de crédit ou dans le rouge de manière chronique.

Cette situation nous empêche d’investir dans les domaines qui nous tiennent à cœur. Pour se donner la marge de manœuvre nécessaire pour mieux soigner, mieux éduquer, mieux soutenir nos collectivités, il faut prendre des décisions.

C’est une responsabilité que nous avons envers nous-mêmes et envers la population québécoise. C’est une responsabilité partagée par tous les Québécois. Parce que les bénéfices profiteront à tous les Québécois.

Le constat est donc clair et sans équivoque.

Maintenant, nous devons agir de manière réfléchie et ordonnée.

Relance et redressement des finances publiques :

Redressement :

  • La révision permanente des programmes du gouvernement.
  • La révision de la fiscalité des entreprises et des particuliers.
    • Pour la rendre plus compétitive;
    • Pour encourager le travail et l’effort.

Nous voulons réduire la bureaucratie pour augmenter les services directs à la population.

Pour la relance de l’économique québécoise :

  • Plan Nord;
  • Stratégie maritime;
  • PME;
  • Exploitation responsable de nos ressources naturelles;
  • L’hydroélectricité – les surplus;
  • Le développement d’une économie verte / marché du carbone.

Nous voulons créer un environnement d’affaires propice à l’investissement et au développement de notre économie régionale.

Je veux moderniser les façons de faire du gouvernement pour qu’elles répondent mieux aux besoins de la population.

Je veux également moderniser la relation entre le gouvernement du Québec et les municipalités, pas juste Montréal et Québec, mais dans toutes les régions du Québec.

Et c’est le mandat important que j’ai confié au ministre des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire, Pierre Moreau.

Je sais que vous avez lancé récemment une des plus importantes campagnes de votre histoire, réclamant de nouveaux pouvoirs de proximité. Aujourd’hui, vous avez placé cet enjeu au cœur même de votre Congrès.

Monsieur Lehoux, vous avez émis le souhait d’entamer avec notre gouvernement le travail concret d'accroître votre capacité d'agir davantage dans le développement des municipalités.

Vous avez dit, et je vous cite : « En étant plus proche, la cible s'atteint mieux et plus facilement. Après tout, plus de proximité, plus de succès! »

De nouvelles relations entre le gouvernement du Québec et le niveau municipal de gouvernance impliquent une plus grande reconnaissance aux municipalités comme gouvernement de proximité.

Ce discours, je l’ai tenu à titre de candidat à la direction de mon parti, comme chef de l’opposition officielle, et je le maintiens aujourd’hui comme premier ministre du Québec.

Pour ce faire, vous souhaitez – de façon tout à fait légitime – plus d’autonomie et de marge de manœuvre dans l’organisation des services, et vous réclamez plus de moyens pour assurer votre développement.

Pour atteindre cet objectif d’autonomie, il est nécessaire de moderniser le cadre juridique. Pour que cette réforme soit couronnée de succès, il importe toutefois de bien circonscrire les besoins et d’évaluer les conséquences à long terme d’une nouvelle législation.

Cette démarche nous la ferons ensemble, et soyez assurés que nos travaux s’inspireront de vos propositions sur la gouvernance de proximité.

Nos régions n’ont plus besoin de mur-à-mur, elles ont besoin de liberté pour innover, créer et s’exprimer.

Cette relation renouvelée inclura aussi le partage des redevances pétrolières, gazières et minières avec les communautés locales, afin que vous puissiez capter et gérer vous-mêmes une part de la richesse extraite de votre territoire, au bénéfice de la formation, de la création d’emplois et de la promotion touristique.

Nous redonnons également vie au programme des minicentrales que le précédent gouvernement avait décidé d’annuler. Lorsque bien montés, ce qui inclut la consultation de la population et l’étude des impacts environnementaux, ce sont de beaux projets dont les retombées profitent avant tout aux communautés locales.

La présence d’un partenaire autochtone, comme à Val-Jalbert dans ma région, ou à la 11e chute de la rivière Mistassini, en Haute-Mauricie et ailleurs, sera un facteur facilitant l’approbation gouvernementale.

Nous souhaitons aussi conclure un pacte fiscal qui devra être réaliste et tenir compte de la capacité du gouvernement de payer, en plus de contribuer au développement de nos régions.

Pour soutenir l’emploi et participer à la croissance économique, il est primordial que nous investissions dans nos infrastructures.

Les infrastructures sont au centre de l’activité économique; elles génèrent un grand nombre d’emplois et stimulent notre économie en plus d’assurer la qualité de vie et la sécurité des citoyens.

Dans ces circonstances, dès notre arrivée au pouvoir, nous avons mis de l’avant des mesures pour assurer le financement, l’entretien et la modernisation des infrastructures municipales.

Nous avons augmenté les investissements prévus au Plan québécois des infrastructures, ce qui nous permettra d’investir dans des infrastructures durables, de diminuer leur déficit d’entretien tout en contribuant directement au mieux-être de la population.

Je me suis engagé personnellement à conclure rapidement une entente avec le gouvernement fédéral concernant le programme de remboursement de la taxe d’accise fédérale sur l’essence. C’est maintenant chose faite depuis le 25 juin dernier.

Les municipalités du Québec auront ainsi droit à 5 milliards de dollars du Fonds de la taxe sur l'essence, auxquels s’ajouteront 2,5 milliards de dollars de notre gouvernement, pour un total de 7,5 milliards sur 10 ans.

Par ailleurs, je ne pourrais passer sous silence la question des régimes de retraite.

Le projet de loi no 3 est nécessaire pour assurer la santé financière et la pérennité des régimes complémentaires de retraite à prestations déterminées.

La capacité de payer des contribuables est d’abord et avant tout le fondement de cette réforme. Le partage des déficits passés et l’équité intergénérationnelle sont également des principes incontournables.

En terminant, j’insiste sur le thème de votre Congrès qui est « Le pouvoir de mieux faire. »

Je le répète, notre gouvernement veut que chaque région puisse se développer et prospérer.

Se donner le pouvoir de mieux faire, c’est moderniser la relation entre vos municipalités et le gouvernement du Québec.

C’est ajouter de la flexibilité aux municipalités dans les ententes signées entre le gouvernement du Québec et celui du Canada.

C’est proposer des outils, comme le partage des redevances, qui vous permettront de mieux répondre aux besoins des gens que vous représentez.

Se donner le pouvoir de mieux faire, c’est aussi avoir un gouvernement qui comprend les réalités des régions du Québec et qui s’y intéresse continuellement, pas seulement une fois aux 4 ans.

Mon gouvernement veut être un partenaire des municipalités québécoises. Nos objectifs sont communs. Travaillons ensemble pour faire avancer nos régions et notre Québec.

Merci.


Mise en ligne : 25 septembre 2014


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