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Québec, le 15 septembre 2014 Allocution du premier ministre du Québec, Philippe Couillard, à l’occasion du forum du Industrial Asset Management Council

La version prononcée fait foi.

Monsieur Carl Viel, président-directeur général, Québec International,

Monsieur Roger Nesti, président de l'IAMC (Industrial Asset Management Council),

Distingués invités,
Mesdames et messieurs,
Bienvenue au Québec,

En tant que premier ministre du Québec, j’aimerais d’abord vous accueillir dans le berceau de la culture française en Amérique du Nord.

Nous sommes ravis de vous accueillir ici à l’occasion de ce forum important.

Au Québec, vous découvrirez, ici même sur notre continent, une saveur européenne.

Notre histoire remonte aux Français qui ont décidé de s’aventurer sur l’océan Atlantique pour y découvrir cette terre.

Au cours des derniers jours, bon nombre d’entre vous ont sûrement eu l’occasion de visiter Québec. Comme vous le savez sans doute, nous avons célébré son 400e anniversaire en 2008.

Cette ville a joué un rôle important dans la construction du Canada et, aujourd’hui, Québec est l’une des villes les plus novatrices du pays.

À l’instar de toutes les sociétés qui se sont édifiées ici, nos ancêtres ont eu le courage, la vision, la détermination et la créativité voulues pour braver les éléments et pour tenter ensemble d’atteindre des objectifs communs.

Plus de 400 ans après, le Québec joue un rôle de chef de file au Canada.

J’espère que votre séjour ici renforcera votre intérêt pour le Québec. J’y contribuerai un tant soit peu aujourd’hui en esquissant la façon dont nous tentons de définir l’espace économique du Québec.

Nous voulons continuer à nouer une relation durable et mutuellement bénéfique avec les États-Unis et nos concitoyens canadiens.

Comme vous le savez fort bien, le secteur manufacturier nord-américain a subi des changements douloureux au cours des dernières années. La crise économique de 2009, qui s’est fait sentir dans le monde entier, a touché des milliers d’entreprises.

Aujourd’hui, nous observons des signes de reprise mais nous ne sommes pas encore tirés d’affaire.

Comme continent, nous devons tenter tous ensemble de maintenir nos avantages concurrentiels.

De nombreux facteurs influent sur notre capacité de réussir. Il incombe à notre gouvernement de créer un climat qui favorise la croissance et les investissements.

Plus que jamais, nous croyons que le Québec a tous les atouts nécessaires pour lancer de grands projets d’investissements et pour se faire reconnaître tant ici qu’à l’étranger.

Le Québec est non seulement un lieu où il fait vraiment bon vivre, c’est aussi un milieu d’affaires concurrentiel.

Au Québec, pour le secteur industriel, le prix de l’électricité en 2013 était :

  • 36 % plus bas qu’aux États-Unis
  • 61 % plus bas que dans les pays de l’OCDE
  • 66 % plus bas que dans les pays du G-7

Avec un taux d’imposition des entreprises de 26,9 % en 2014, le Québec affiche fièrement les taux les plus concurrentiels pour les entreprises du secteur manufacturier ou non en Amérique du Nord.

L’économie du Québec se distingue par sa diversification, sa main-d’œuvre qualifiée et de qualité supérieure, des ressources naturelles abondantes, dont l’énergie hydroélectrique, ainsi qu’une position géographique stratégique.

Elle se définit également par ses établissements d’enseignement supérieur de classe mondiale.

Il y a quelques initiatives importantes que j’aimerais vous mentionner :

  • Premièrement, nous avons créé le Plan Nord –

L’un des projets de développement économique et durable les plus vastes de la planète. Le Plan Nord a pour but de développer notre territoire nordique dont la superficie équivaut à deux fois celle de la France.

Puis, le Québec a occupé une place de premier plan dans les pourparlers commerciaux qui donneront bientôt lieu à l’Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne – « AECG » –, l’accord commercial le plus complet que le Canada n’aura jamais signé.

Et maintenant, nous continuons à définir notre espace économique sur un autre axe : la Stratégie maritime. Cette initiative intensifiera le commerce sur l’ensemble du Saint-Laurent et améliorera l’accès à la plupart des ports intérieurs d’Amérique du Nord.

Notre économie repose sur trois autres piliers :

  • nos PME, qui créent plus de 70 % des nouveaux emplois au Québec;
  • nos abondantes ressources naturelles;
  • l’intégration de la tarification du carbone à l’aide d’un système mixte de plafonnement et d’échange avec l’État de Californie, ce qui contribuera à notre transition vers une économie à faible émission de carbone.

Nous apporterons un soutien constant à nos domaines d’excellence, tels que l’aéronautique, les sciences de la vie et la TI.

En d’autres termes, le Québec continue de se positionner comme un espace économique pivot entre l’Europe et l’Amérique du Nord.

Forts de nos racines européennes et de notre histoire nord-américaine, nous sommes la porte d’entrée transatlantique du commerce pour nos partenaires d’affaires européens et nord-américains.

Depuis longtemps, la géographie définit nos relations commerciales, orientées surtout vers le nord-est des États-Unis qui, en 2013, ont généré une valeur commerciale de plus de 25 milliards de dollars.

L’ensemble du marché américain, qui demeure un marché de prédilection pour nos entreprises, a produit une valeur commerciale de plus de 73 milliards de dollars en 2013.

Il s’agit d’une relation de longue date et d’un marché que nous continuons de développer.

Les investissements des deux côtés de l’Atlantique représentent déjà une part substantielle du commerce mondial. Après tout, la zone transatlantique est composée de pays développés, dont le contexte réglementaire et culturel est assez uniforme.

Le marché européen, qui est pour nous un partenaire de choix, est devenu notre deuxième partenaire économique après les États-Unis.

En 2013, les exportations québécoises à destination de l’Europe se chiffraient à 6,8 milliards de dollars, soit 10,4 % de toutes les exportations internationales en provenance du Québec.

De même, le Québec a également importé d’Europe près de 20 milliards de dollars de marchandises.

Cette activité commerciale s’intensifiera au fil du temps pour plusieurs raisons, tout particulièrement grâce à l’AECG.

Avec ses 500 millions de consommateurs, l’Union européenne est une force économique puissante.

Elle est également le plus grand marché d’approvisionnements publics, évalué à près de 2,7 billions de dollars par an.

Pour sa part, le Québec permet l’accès à un marché nord-américain clé, qui offre un climat d’affaires propice au développement et au renforcement des partenaires sur le plan des affaires et de la technologie.

Le Québec a mis en œuvre les outils voulus pour inciter les entreprises européennes à accélérer leur croissance et la commercialisation de leurs produits en Amérique du Nord.

Cet accord économique s’avère donc une avenue prometteuse :

  • pour établir de nouvelles collaborations entre nos deux continents;
  • pour renforcer des partenariats déjà existants;
  • pour offrir de nouveaux débouchés d’affaires de plus grande envergure aux entreprises québécoises.

L’AECG est le plus grand accord de libre-échange qu’ait négocié le Canada depuis l’Accord de libre-échange nord-américain en 1994 (ALÉNA).
Nous sommes fiers de notre parcours en matière d’accords de libre-échange qui élargissent l’accès du Québec aux marchés suivants :

  • Amérique du Nord
  • Chili
  • Costa Rica
  • Israël
  • Pérou
  • Colombie
  • Jordanie
  • Panama
  • Honduras, plus récemment
  • et bientôt l’AECG entre le Canada et l’UE

En ce qui concerne les approvisionnements publics, le Canada présente à l’Union européenne l’offre la plus complète qui ait jamais été faite dans le cadre d’un accord de libre-échange.

Cet accord marque une très grande étape, qui propulse le Québec sur la scène mondiale.
De plus, en s’établissant ici, les entreprises américaines bénéficieront également d’un accès privilégié aux marchés européens et profiteront des retombées de cet accord.

En choisissant le Québec, les entreprises américaines seront en mesure de participer à de vastes projets d’investissement tels que le Plan Nord et la Stratégie maritime, en tirant parti du savoir-faire de nos entreprises.

Il s’agit là de deux grands projets qui créeront de nombreux débouchés d’affaires ici au Québec.

Le Québec a lancé le Plan Nord en 2011 – un plan ambitieux de développement du nord du Québec au delà du 49e parallèle.

Ce territoire est pour nous un moteur économique puissant, une destination touristique de classe internationale et une occasion de lancer un vaste projet de conservation de la biodiversité.

Notre gouvernement prend les mesures voulues pour accélérer les investissements et maximiser les avantages économiques dans l’ensemble des régions du Québec, avec la participation des collectivités locales.

En poursuivant le développement du nord du Québec, nous confirmons notre engagement de faire de cette région un moteur important du développement économique de l’ensemble de la province.

Pour soutenir cet engagement, mon gouvernement est en train de créer Capital Mines Hydrocarbures, un fonds d’un milliard de dollars qui a pour seul but d’acquérir des participations en capital dans des projets d’exploitation des ressources minières du Québec.

La Stratégie maritime est encore une autre initiative économique importante qui stimulera la création de richesses et d’emplois, ainsi que des investissements privés dans toutes nos régions.

Elle nous permettra d’exploiter de manière responsable le plein potentiel du Saint-Laurent par les moyens suivants :

  • accès accru au Port de Montréal;
  • réseau multimodal et investissements stratégiques dans les infrastructures;
  • nouvelle stratégie de tourisme intégré pour battre en brèche la concurrence dans le secteur des croisières.

Toutefois, pour atteindre les objectifs de la Stratégie, nous avons besoin de bateaux modernes et fiables. C’est pourquoi mon gouvernement compte aider davantage les armateurs et les lignes de bateaux de croisière du Québec à moderniser et remplacer leur flotte, tout en renforçant le savoir-faire dans les chantiers navals de la province.

À ce titre, nous offrons une déduction supplémentaire pour amortissement de 50 % pour la construction ou la rénovation de bateaux.

Nous avons également annoncé la création d’une provision en franchise d’impôts pour financer les projets d’entretien, de rénovation et de construction de bateaux confiés aux chantiers navals québécois.
 
Ces mesures renforceront la compétitivité de notre secteur du transport maritime, tout en assurant et créant des emplois de qualité supérieure.

La Stratégie maritime sera également pour le Québec l’occasion de s’établir comme une plaque tournante logistique importante pour la manutention des marchandises commerciales en Amérique du Nord.

Nous serons ainsi en mesure d’exploiter les débouchés qu’offrira l’AECG et de profiter de la forte croissance prévue dans le transport maritime.

Pour appuyer le développement fort attendu du corridor commercial Ontario-Québec et pour renforcer l’accès au marché américain, notre gouvernement compte aussi créer une plaque tournante logistique multimodale dans la région de Montréal, qui apportera une forte valeur ajoutée et qui facilitera la circulation des biens à destination et en provenance du Saint-Laurent.

En investissant dans notre infrastructure portuaire, le réseau intermodal et la revitalisation des chantiers québécois, la Stratégie maritime stimulera l’emploi et la croissance économique dans l’ensemble de la province.

Cette Stratégie s’inscrit aussi dans le sillage de nos tentatives de renforcer les liens économiques entre le Canada et l’Europe.

Nous espérons faire du Québec le centre du trafic transatlantique et du commerce international entre l’Europe et l’Amérique du Nord.

Par la voie des ports de Montréal, de Québec et de Sept-Îles, entre autres, il offre le trajet le plus court entre l’Europe et le Midwest américain.

La Stratégie maritime permettra donc aux entreprises exerçant leurs activités au Québec d’accroître les exportations à destination de nouveaux marchés mondiaux.

Grâce à cette stratégie, au Plan Nord et à l’AECG, le Québec réaffirme sa détermination d’être une plateforme commerciale dynamique.

Ce panorama ne saurait être complet si je n’ajoutais que le Québec est le quatrième distributeur d’hydroélectricité au monde. Nous avons une source d’énergie propre et renouvelable.

Grâce à cet atout extraordinaire, nous pouvons multiplier nos partenariats avec nos voisins et attirer des investissements. Il s’agit là d’un grand avantage concurrentiel que nous comptons utiliser à bon escient.

En conclusion, j’ajouterai que le Québec se fait un point d’honneur d’être un partenaire de la croissance et du commerce. Avec le Plan Nord, l’AECG, notre Stratégie maritime et notre hydroélectricité, nous savons que les entreprises québécoises, l’Amérique du Nord et l’Europe deviendront plus fortes.

Merci.
 


Mise en ligne : 15 septembre 2014


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