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Dakar, le 28 novembre 2014 Allocution du premier ministre du Québec, Philippe Couillard, à la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Dakar sous le thème : « l’Expertise québécoise au service de la communauté d’affaires du Sénégal et de la Francophonie économique. »

The spoken version takes precedence.

Monsieur le Ministre chargé du Plan Sénégal Émergent (M. Abdou Aziz Tall),
Monsieur le Directeur général de l’Agence de promotion et des investissements (APIX) (Mountaga Sy),
Monsieur le Ministre du Commerce, du Secteur informel, de la Consommation, de la Promotion des produits locaux et des PME (Alioune Sarr),
Monsieur le Président de la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Dakar (Mamadou Lamine Niang),
Mme Michaëlle Jean, candidate au poste de Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie,

Distingués invités, chers amis,

C’est un honneur de m’adresser aujourd’hui à un parterre qui incarne à la fois le dynamisme du Sénégal et du Québec.

Quoique la relation bilatérale entre le Québec et le Sénégal ne soit pas limitée à sa déclinaison commerciale, nos relations économiques recèlent la promesse de belles occasions d’échanges et de bénéfices mutuels.

D’abord parce que nos entreprises peuvent miser sur de fructueuses complémentarités. Ensuite, parce que nos liens d’affaires se déploient dans un espace francophone aux riches possibilités, pour peu que nous sachions en tirer parti.

Plusieurs études récentes confirment que deux pays partageant des liens linguistiques tendent à échanger deux fois plus que s’ils n’en avaient pas.
Et le nombre de locuteurs du français pourrait, en 2050, atteindre 750 millions. D’où également l’importance, comme l’a souligné le secrétaire général de la Francophonie, de se doter de normes en français, car les normes sont au cœur des échanges économiques. C’est là le mandat du Réseau Normalisation et Francophonie, dont le siège est à Québec.

On peut dès lors mesurer tout le potentiel économique de la Francophonie et conclure qu’il est insuffisamment exploité. L’adoption par les chefs d’État et de gouvernement d’une Stratégie économique pour la Francophonie reflète précisément une volonté politique de tirer parti de ces atouts.

Cette Stratégie économique servira de levier aux relations économiques entre le Québec et l’Afrique francophone.

L’Afrique est en plein essor. Elle récolte un dividende démographique, soit l’effet combiné d’un grand nombre de jeunes adultes et d’une baisse de la natalité.

Et elle s’urbanise.

Qu’il s’agisse d’infrastructures de transport – routes, rails, ports, aéroports – de production et de transport d’énergie, de modernisation et d’intégration des télécommunications, d’habitation, d’assainissement des eaux et de traitement des déchets, les besoins sont substantiels.

Ils le sont aussi dans le génie-conseil, dans les technologies de l’information, en architecture, sur le plan des services juridiques, de la supervision de projets, de la logistique, de la maintenance ou encore de la formation.

L’Afrique doit agir sur tous les fronts. Aussi a-t-elle besoin de partenaires, dans un rapport mutuellement bénéfique.

Si le Québec est bien placé pour s’associer à ce décollage, c’est qu’il existe un fort arrimage entre l’offre québécoise et cette demande.

C’est ce qui explique sans doute que les exportations de biens du Québec ont augmenté de 176 % en Afrique, de 2005 à 2012, ce à quoi on doit ajouter les services.

Devant l’intérêt des entreprises québécoises pour le développement du marché africain, Export Québec a adopté une nouvelle orientation, depuis 2010, en intégrant à sa programmation annuelle des missions commerciales et diverses activités de sensibilisation auprès des entreprises québécoises, permettant de bâtir un important réseau.

Le Québec a tissé, depuis les Indépendances, des liens bilatéraux privilégiés. Ces liens se sont prolongés dans la Francophonie multilatérale, dont le Québec est membre à part entière, grâce notamment à ses partenaires africains.

Le Québec est une économie ouverte, dont une part importante du PIB dépend de ses échanges.

L’économie québécoise affiche, en outre, un haut taux de diversification, allant de l’exploitation des ressources à l’exportation de produits qui intègrent les technologies les plus avancées. Le Québec peut compter sur une énergie propre et renouvelable à des niveaux presque inégalés.

Le riche environnement culturel, universitaire et scientifique du Québec en fait un pôle d’innovation et de créativité, qui favorise l’essor de secteurs industriels à fort contenu technique tels que l’aérospatiale, les technologies propres, les technologies médicales, les technologies de l’information et des communications, en passant par le riche écosystème d’entreprises du divertissement numérique.

Ainsi, Montréal constitue l’un des trois plus grands centres mondiaux de l'aérospatiale et occupe une place de choix dans la chaîne de valeur mondiale de cette industrie.

Le Québec figure parmi les dix pôles industriels nord-américains les plus importants des sciences de la vie. Plus du tiers de la production de produits pharmaceutiques et de médicaments au Canada est effectué au Québec.

Le Québec est le berceau de l’une des plus grandes entreprises en services informatiques au monde. Il se distingue également dans les services Web, les applications sur terminaux mobiles, les jeux vidéo, l’animation et les effets spéciaux.

Le Québec sera bientôt, nous y travaillons, un lieu essentiel des technologies vertes. Nous disposons d’une expertise de la construction verte, de l’utilisation des structures de bois.

Le Québec possède aussi des atouts qui peuvent aider nos partenaires à atteindre leurs objectifs de développement écoresponsable, notamment par son leadership mondial dans la mise en place d’une économie à faible taux de carbone.

Enfin, le Québec a une expertise en administration publique et en formation professionnelle et technique.

Je souligne, à ce propos, la présence de la Fédération des cégeps, qui accompagne le gouvernement sénégalais pour l’implantation des Instituts supérieurs d’enseignement professionnel sur le territoire.

Je souligne aussi l’appui financier du ministère des Relations internationales et de la Francophonie du Québec et celui du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de la Science pour la mise sur pied d’un Centre d’excellence en entrepreneuriat jeunesse de l’Institut supérieur d’enseignement professionnel de Thiès.

Un tel centre améliorera l’insertion professionnelle des jeunes et constituera une pépinière d’entrepreneurs.

Le jumelage CEGEP-ISEP est mutuellement avantageux. L’ISEP de Thiès profite de près de 50 ans d’expertise en matière de formation de techniciens supérieurs. Pour leur part, les cégeps y trouvent, en plus d’une ouverture sur le monde, un milieu propice à la conduite de leurs activités de mobilité enseignante et étudiante.

Sachant que nos avancées économiques sont fondées en bonne partie sur la qualité de nos gestionnaires, nous nous devons de saluer les collaborations qui se sont tissées entre l’École nationale d’administration du Sénégal et l’École nationale d’administration publique du Québec.

J’affirme notre volonté d’être partenaires du développement du Sénégal, de ses infrastructures, de sa capacité énergétique, de l’exploitation durable de ses ressources naturelles et de la formation de ses gestionnaires.

D’autant que je ne peux m’empêcher de tracer un parallèle entre le développement de l’Afrique et les grands chantiers de l’histoire du Québec, des grands barrages au Plan Nord.

Partenariat

Le Québec se distingue par une approche commerciale qui s’incarne dans une volonté d’établir des partenariats mutuellement profitables, qui permettent le transfert d’expertise, de savoir-faire et de technologies.

Nous avons ici ce matin cinq entreprises et organisations québécoises qui représentent des pans importants de l’économie québécoise, soit l’aérospatiale, la formation technique, le microcrédit, les communications et l’enseignement supérieur. Vous aurez la chance de les entendre dans quelques minutes se présenter sommairement, avant qu’elles ne poursuivent les échanges avec leurs partenaires en rencontres B2B.

Il s’agit de Bombardier, de Cégep international de Développement international Desjardins, d’Afrique Expansion et de l’Université Laval.

Ces cinq entreprises font partie de la délégation d’affaires québécoise de plus d’une vingtaine de représentants qui prendront part au premier Forum économique de la Francophonie, qui vise justement à faire émerger des partenariats entre investisseurs de l’espace francophone. Plusieurs de ces entreprises et organisations ont été invitées à être conférencières et à faire connaître des expertises québécoises à toute la Francophonie.

Nos entreprises sont vivement intéressées à connaître les occasions d’affaires au Sénégal. Elles sont intéressées à s’associer au Plan Sénégal Émergent.

Et elles sont intéressées à le faire dans le cadre d’une croissance respectueuse d’un développement inclusif et durable. Car tout développement économique sera freiné et de courte durée s’il ne bénéficie pas à l’ensemble de la population et s’il ne se fait pas dans un contexte de bonne gouvernance et de respect des droits fondamentaux.

Le Québec valorise aussi une prospérité fondée sur la pérennité des ressources, l’égalité des personnes, le respect de la diversité des langues et des cultures, qui profite à l’ensemble de la société, toutes générations confondues.

Une Francophonie créatrice d’opportunités économiques et de création d’emplois en français.

Distingués invités, chers amis,

Le Québec, c’est une Amérique des affaires et de la prospérité en français. Une idée de progrès, de démocratie, de développement durable. Un savoir-faire. Un secteur privé vigoureux. Un État capable de gérer les conditions d’un développement ordonné et durable. Et un modèle alternatif, l’économie sociale et solidaire. C’est ce Québec-là qui entend devenir un partenaire du Sénégal qui émerge.

Le Québec, société francophone nord-américaine, se positionne ainsi comme un partenaire du développement économique de l’Afrique francophone.

Tous nos liens convergent aujourd’hui pour faciliter l’éclosion de collaborations multiples entre entreprises sénégalaises et québécoises sur fond de grand dynamisme économique.

L’avenir de la Francophonie se jouera sur la question économique. Et la Stratégie économique pour la Francophonie, à laquelle le Québec a été fièrement associé, renforce la pertinence du français comme langue des affaires, comme vecteur de développement et comme élément fédérateur d’une puissante et prospère communauté des affaires au sein de l’économie mondiale.

Je vous remercie et j’invite maintenant les entreprises à se présenter.


Online as of: November 28, 2014


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