Gouvernement du Québec

Premier

Restore text sizeIncrease text size

Rome, le 26 mai 2015 Mission Rome : présentation du Plan Nord, de la Stratégie maritime et des atouts découlant de l’Accord économique commercial global entre le Canada et l’Union européenne

The spoken version takes precedence.

Monsieur l’Assesseur au Développement économique et aux Activités productives de la Région du Latium,

Monsieur le Président de Confindustria,

Monsieur le Représentant du Cabinet juridique international NCTM,

Mesdames, Messieurs,

Je suis honoré d’être accueilli ici, au cœur d’une ville qui est, par son passé, par notre culture, une part de notre identité.

Une ville également inscrite dans ce siècle, par sa riche scène culturelle autant que par l’importance économique, intellectuelle et politique de l’Italie.

Je suis d’autant plus honoré d’être accueilli ici que nous célébrons le cinquantième anniversaire de la présence institutionnelle du Québec en Italie.

D’ailleurs, à cet égard, qu’il me soit permis de remercier d’emblée NCTM et ses associés pour cet accueil et pour avoir rendu possible cette présentation d’aujourd’hui.

***

Au détour des années 1960, au cours d’une transition sociale, culturelle et politique, baptisée la « Révolution tranquille », le Québec s’est doté d’un État moderne permettant l'expression et le progrès de la seule société majoritairement francophone d'Amérique.

 

On constate très tôt que l’État québécois ne peut exercer ses responsabilités sans en assumer le prolongement international, ce que lui permet son statut au sein de la fédération canadienne.

Le Québec entreprend alors la création d’un réseau à l’étranger et l’une des toutes premières de nos représentations est ouverte en Italie. Le choix de l’Italie est alors déterminé par les perspectives d’échanges économiques et les affinités culturelles, des liens qui se diversifieront rapidement.

Une partie du succès et de la pérennité de ces liens résident dans une communauté italienne établie au Québec, forte de 300 000 personnes engagées dans tous les aspects de la vie de notre société.

La présence italienne au Québec se confond avec l’histoire de la Nouvelle-France, où l’on trouve, dès le XVIIe siècle, des soldats piémontais et des commerçants du Nord.

Au XIXe siècle, une immigration paysanne du Sud est employée dans les chemins de fer et les camps de bûcherons, alors qu’au début du XXe siècle commence une immigration familiale et permanente.

Mais la plus importante vague arrive avec la fin de la Seconde Guerre mondiale. Entre 1946 et 1960, des milliers d'ouvriers et de paysans italiens débarqueront dans le port de Montréal. Je suis sûr que beaucoup d'entre vous avez des parents établis chez nous et que cette histoire, celle de l'émigration italienne en terre d'Amérique, résonne dans cette salle de façon très personnelle.

Je tiens d’ailleurs à souligner l’apport de la déléguée du Québec, Mme Daniela Renosto, elle-même italo-québécoise, qui, depuis plus de vingt ans, avec une équipe dynamique, contribue à faire connaître le Québec avec une énergie et une compétence exceptionnelles qu’elle tire sans doute de son attachement à la fois au Québec et à l’Italie.

***

Mesdames, Messieurs,

Mon gouvernement est en poste depuis un peu plus d’un an.

Nous avons entrepris à la fois d’assainir les finances de l’État et de stimuler la croissance, notamment en favorisant l’investissement étranger.

Sur ce plan, le Québec n’est guère difficile à faire valoir.

Un riche environnement culturel, universitaire et scientifique fait du Québec un pôle d’innovation favorable à l’essor d’industries à fort contenu technique : l’aérospatiale, les technologies médicales, les technologies de l’information et des communications, en passant par les technologies propres et un écosystème du divertissement numérique.

Le Québec offre une fiscalité favorable à l’entreprise, une énergie propre à un coût exceptionnel, une main-d’œuvre instruite, qui évolue au rythme des changements techniques.

Et voilà que le Québec mise sur sa géographie : un Nord immense et l’un des grands fleuves d’Amérique, qui offre un lien naturel entre les ports européens et le cœur industriel du continent. Deux atouts sur lesquels mise mon gouvernement pour la réalisation de deux projets majeurs : le Plan Nord et la Stratégie maritime.

Le Plan Nord se déploie sur un territoire de 1,2 million de kilomètres carrés, c’est-à-dire le territoire québécois situé au nord du 49e parallèle et au nord du fleuve et du golfe Saint-Laurent. Ce territoire représente quatre fois la superficie de l’Italie.

Le territoire offre un potentiel minier, énergétique, forestier, bioalimentaire et touristique important.

Sur le plan minier, le Nord englobe la production québécoise de nickel, de cobalt, d’éléments du groupe du platine, de zinc, de minerai de fer et d’ilménite, ainsi qu’une part importante de la production d’or et de diamants.

Le Nord recèle aussi de l’apatite, du lithium, du vanadium, du graphite et du graphène, ainsi que des éléments de terres rares, essentiels à la haute technologie.

Nous connaissons un ralentissement de la demande mondiale de certains métaux, mais le Plan Nord contribuera à réunir les conditions de réussite en vue du prochain cycle.

Quatrième producteur d’hydroélectricité au monde, le Québec mise sur cette énergie propre et renouvelable qui sert de base à son tissu industriel. Or, près de 75 % de la production vient du territoire du Plan Nord, et son potentiel hydraulique, éolien et solaire demeure considérable.

Le Nord, c’est aussi 200 000 km2 de forêts, soit plus de la moitié des forêts exploitables du Québec. Enfin, avec ses cultures, ses paysages et son potentiel faunique exceptionnels, le Nord- du-Québec a ce qu’il faut d’atouts pour devenir une destination touristique de calibre mondial.

Notre vision est simple : à l’horizon 2035, le Plan Nord aura mis en valeur le potentiel diversifié du territoire au bénéfice de ses populations et de tout le Québec, dans le cadre d’un développement durable exemplaire selon une approche globale, intégrée, cohérente et responsable.

Sur la base de cette vision, mon gouvernement s’est donné trois orientations :

  1. Il entend mettre en valeur de manière responsable le potentiel économique diversifié du Nord au profit des populations qui y habitent et de l’ensemble du Québec;
  1. Il entend soutenir le développement des communautés, incluant les communautés autochtones et inuites, tant sur le plan de la mise en valeur de leur potentiel que sur celui de leurs conditions de vie.
  1. Enfin, il entend protéger l’environnement et préserver la biodiversité distinctive du Nord en s’assurant de mettre en place des mécanismes devant permettre de consacrer, d’ici 2035, 50 % du territoire du Plan Nord à des fins autres qu’industrielles, à la protection de l’environnement et à la sauvegarde de la biodiversité.

Pour soutenir ce développement, certaines conditions devront être mises en place.

Ainsi, de concert avec le secteur privé, mon gouvernement investira dans les infrastructures routières, aéroportuaires, maritimes et ferroviaires afin de faciliter l’accès au territoire.

Nous voulons favoriser l’accès à l’énergie en offrant de l’hydroélectricité à prix avantageux, en étudiant la possibilité de mettre en place un réseau de desserte en gaz naturel liquéfié et des solutions énergétiques innovantes pour les communautés et les sites miniers hors réseaux.

De plus, nous allons élaborer un plan de développement des télécommunications pour l’ensemble du territoire.

Par ailleurs, le Nord est un formidable objet de recherches qui requiert une collaboration internationale, et le Québec est à l’avant-garde sur ce plan.

L’Institut nordique du Québec, dont mon gouvernement soutient la création, rassemblera des experts des sciences sociales, naturelles, de la santé et du génie voués au développement harmonieux et durable du Nord.

Une « Société du Plan Nord » coordonne le développement intégré et cohérent du territoire, en conformité avec les orientations définies par le gouvernement relatives au Plan Nord et en concertation avec les représentants des régions, des nations autochtones ainsi que du secteur privé.

Le Plan Nord s’appuie sur des valeurs d’écoute, de respect, d’ouverture, d’échange et de solidarité. Il ne saurait exister en dehors d’un partenariat étroit avec les communautés qui habitent le territoire, et du respect des priorités de développement qu’elles se sont données.

Les interventions publiques totaliseront deux milliards de dollars sur l’horizon 2015-2020. S’y ajouteront des investissements substantiels du secteur privé. D’ici 2035, ce sont plus de 50 milliards de dollars d’investissements privés et publics qui seront réalisés.

Nous convions l’Italie à s’associer à ce projet important.

***

Par ailleurs, mon gouvernement publiera au cours des prochaines semaines une Stratégie maritime, qui proposera une approche intégrée de l’activité économique liée au littoral et aux milieux fluvial et marin.

Cette stratégie nous fera mieux tirer parti d’un commerce mondial qui ne saurait se concevoir sans le transport maritime.

Le commerce mondial connaît une forte expansion. Or, une part de cette croissance commerciale transitera par le fleuve Saint-Laurent, en raison de notre emplacement, de la diversité et de la spécialisation de nos infrastructures portuaires, de notre réseau intermodal, de notre industrie des croisières, de nos ressources marines, de l’expertise de nos centres de recherche et de l’apport de nos universités.

Des améliorations seront apportées à nos infrastructures portuaires, à nos entreprises et à nos façons de faire.

Le développement coordonné de nos ports et de nos infrastructures terrestres abaissera le coût du transport et nous aidera à tirer profit de l’Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne.

La Stratégie maritime propose des pôles logistiques pour améliorer les liens intermodaux entre le port de Montréal, les aéroports et les réseaux routier et ferroviaire. Ils auront pour effet d’accroître la capacité de manutention, mais aussi le développement de zones industrialoportuaires, les entreprises manufacturières et industrielles cherchant à s’implanter là où il y a fluidité du transport.

L’ensemble de la zone maritime québécoise offre par ailleurs des sites d’une beauté exceptionnelle, qui en font des destinations recherchées par les touristes.

Ce développement sera mené dans le respect des communautés riveraines et de l’environnement. Le Québec entend s’inscrire dans la cible internationale de conservation des milieux marins en protégeant 10 % du territoire marin. Nous ferons une place importante à la recherche.

La signature prochaine de l’Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne, conjugué à l’Accord de libre-échange nord-américain, permet au Québec de se positionner comme un pôle logistique majeur des activités d’import-export entre l’Europe et l’Amérique. Cet accord permettra, de part et d’autre, la croissance de nos exportations. Je sais que vous souhaitez, tout comme nous, la ratification prochaine de cet accord. Avançons donc vers sa mise en œuvre, au bénéfice de nos citoyens, de nos travailleurs et de nos entreprises.

Nos économies font face au double défi de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre tout en maintenant leur croissance. Or, la lutte contre les changements climatiques est une occasion de développer de nouveaux créneaux, fondés sur l’entrepreneuriat et des politiques judicieuses. Le double leadership, en somme, du secteur privé et de l’État.

De fait, le Québec s’est donné une cible de réduction des émissions de gaz à effet de serre ambitieuse. Les objectifs fixés par le protocole de Kyoto pour 2012 ont été non seulement atteints, mais dépassés. Nous fixerons bientôt de nouvelles cibles, au-delà de 2020, alors que nous aurons réduit nos émissions de 20 % par rapport au niveau de 1990. Nous avons mis en œuvre un système de plafonnement et d’échanges de droits d’émission de gaz à effet de serre, lié avec celui de la Californie auquel se joindra notre province voisine, l’Ontario. Nous constituerons alors ensemble le plus important marché du carbone d’Amérique, et continuons à approcher de nouveaux partenaires en Amérique du Nord.

***

Mesdames, Messieurs,

Entre le Québec et l’Italie, il n’y a guère d’obstacle. Il n’y a que de l’eau, l’Atlantique, dont notre Stratégie maritime contribuera à faire un atout commercial durable.

Autant le Plan Nord puise dans l’intérêt du Québec pour le Nord, partie intégrante de son identité nordique, autant la Stratégie maritime s’ancre dans son histoire. Une histoire liée à l’Europe, une histoire qui s’ouvre sur le futur.

Mon message à la communauté d'affaires italienne est simple : votre expertise est connue, appréciée et désirée. Le Québec est une terre d'accueil ouverte et compétitive. Nous vous invitons à y augmenter votre présence ou y considérer une nouvelle installation, de nouveaux investissements. Votre succès sera aussi le nôtre.

Sachez que la Délégation du Québec à Rome, située tout près, sur cette Via delle Quatro Fontane, est en tout temps à votre disposition pour toute collaboration.

Je vous remercie de votre attention.


Online as of: May 26, 2015


Accessibility   |   Privacy Policy   |   Copyrights

Gouvernement du Québec
© Gouvernement du Québec, 2017