Gouvernement du Québec

Premier

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Toronto, le 11 mai 2015 Allocution du premier ministre du Québec, Philippe Couillard, devant l’Assemblée législative de l’Ontario

The spoken version takes precedence.

Monsieur le Président de l'Assemblée législative,

Madame la Première Ministre,

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Monsieur le Chef de l’opposition officielle, (souligner l’élection du nouveau chef du parti progressite-conservateur)

Madame la Chef du deuxième groupe d’opposition,

Le très honorable John Turner, ancien premier ministre du Canada,

L’honorable Bob Rae, ancien premier ministre de l’Ontario,

Mesdames, Messieurs les Députés,

Mesdames, Messieurs,

Je veux tout d’abord vous remercier, Madame la Première Ministre, ainsi que les membres de cette Assemblée, pour cette opportunité qui m’est donnée de m’adresser à vous aujourd’hui.

I do so, fully aware of the exceptional nature of this event. Indeed, the only other times a Québec premier has addressed this Assembly goes back to the 1960s, when Antonio Barrette first spoke here in April 1960, followed by Jean Lesage in February 1964.

***

I am here to attest to the long tradition that unites our two provinces. A relationship based on respect for our differences but also on our shared desire to advance the interests of the people we represent, at every level.

La relation entre le Québec et l’Ontario remonte aux origines mêmes de la présence européenne en Amérique du Nord.

Après les Premières Nations, nous sommes toutes et tous venus d’ailleurs.

Mon ancêtre Guillaume Couillard est arrivé de Bretagne en 1613, a exploité la première ferme de Nouvelle-France et fondé à Québec une longue lignée de 12 générations.

There are millions of stories like mine. Think of your own. The only differences between you and I are the dates of our respective family’s arrival in this land, our mother tongues and our regions of origin.

Dans ce contexte, il n’est pas étonnant que nous partagions quatre siècles d’histoire commune depuis la fondation de la ville de Québec, en 1608, et les voyages de Champlain en Ontario, en 1615. Cette année marque d’ailleurs le 400e anniversaire de la présence francophone en Ontario.

Champlain ne s’est pas arrêté à Tadoussac ou à Québec. Il a continué sa route, et le français a fait du chemin au fil de notre fleuve, de nos lacs et de nos rivières.

Puis, au cours du temps, cette Nouvelle-France est devenue une terre d’accueil pour de nouveaux arrivants de toutes origines. Les frontières du nord de l’Amérique se sont progressivement tracées, les interrelations entre les membres de diverses communautés se sont multipliées, des identités se sont affirmées.

Si Champlain revenait en cette terre d’Amérique qu’il a parcourue, dessinée et souvent nommée, il y retrouverait son empreinte.

Le respect de la diversité et une volonté d’y voir rayonner la langue française.

Depuis 1980, partout au Canada on assiste à la multiplication des classes et des écoles d’immersion française, ce qui témoigne d’une présence accrue de francophiles et de leur désir de transmettre à leurs enfants une part de notre héritage francophone.

En 1976, il y avait 260 écoles offrant à 23 000 élèves des programmes d’immersion en français à l’extérieur du Québec.

En 2011, 342 000 élèves étaient inscrits aux programmes d’immersion en français à l’extérieur du Québec. C’est une croissance très importante.

Cela dit, les progrès ne sont pas semblables dans toutes les régions, et les gouvernements peuvent encore faire plus, c’est l’évidence. Les recours judiciaires en matière d’éducation le démontrent.

Nous devons insister sur les avantages du français pour chacune des régions du Canada. Le rayonnement de la langue française, partout au Canada, est un élément essentiel à la prospérité économique, sociale, culturelle et politique du pays.

C’est un élément qui nous distingue toutes et tous, et qui constitue le cœur du caractère spécifique du Québec.

D’ailleurs, toutes les provinces et tous les territoires le reconnaissent, puisqu’ils se sont tous dotés d’une politique d’offres actives de services en français. De plus en plus, la légitimité du français s'affirme et c'est un avantage pour le Canada.

Le 400e anniversaire de la présence française en Ontario en 2015 et le 150e de la fédération en 2017 sont des occasions de réaffirmer que la francophonie est une caractéristique fondamentale de l’identité canadienne. Regardons à nouveau les armoiries du Canada. On y retrouve clairement l’image du pacte de 1867 qui a lié les deux peuples fondateurs du Canada.

Et aujourd'hui, s’il fallait les redessiner, nous y ajouterions la marque des Premières Nations, avec lesquelles nos ancêtres ont tissé leurs premières alliances. D’ailleurs, dans la décoration de l’hôtel du Parlement, siège de l’Assemblée nationale du Québec, son concepteur Eugène-Étienne Taché a pensé aux premiers occupants en sol québécois auxquels il a réservé une place d’honneur sur la façade. Le sculpteur Louis-Philippe Hébert les a immortalisées dans deux œuvres de bronze : Le pêcheur à la nigogue, représentant un Amérindien dont les pieds trempent dans une eau ruisselante, et La halte dans la forêt, qui représente une famille amérindienne.  

L’Ontario et le Québec se sont engagés à travailler de concert avec les autres gouvernements du Canada à la promotion, à la protection, à la pérennité et à la vitalité du fait français au Canada. Notre entente conclue en novembre dernier en témoigne.

Nous le faisons parce que nous connaissons le rôle clé joué par les francophones dans la fondation et la construction du Canada d’aujourd’hui, et leur importance pour le Canada de demain.

Comme premier ministre du Québec, j’assume le rôle primordial de chef d’État de la seule société à majorité francophone d’Amérique. Cette caractéristique unique est une fierté, mais également une grande responsabilité.

Depuis Pierre-Joseph-Olivier Chauveau, qui fut premier ministre du Québec en 1867, c’est le devoir de chaque personne qui lui a succédée de défendre et de promouvoir notre spécificité, notre caractère distinct, de promouvoir et de protéger notre langue au Québec, ailleurs au Canada et partout en Amérique du Nord.

Nous sommes le cœur, toujours fier et fort, des racines françaises de l'Amérique. Et nous reconnaissons pleinement le rôle important et les droits des Québécoises et Québécois d’expression anglaise qui, avec nous, ont bâti le Québec.

Pour les francophones de l’Île-du-Prince-Édouard à la Colombie-Britannique, en passant par l’Ontario et naturellement le Québec, le français est plus qu’une langue. C’est aussi l’expression d’une culture qui nous définit ici et partout dans le monde. C’est un atout extraordinaire sur lequel nous devons capitaliser, notamment dans la perspective du libre-échange avec l’Europe.

***

In 1964, standing before this very Assembly, Premier Jean Lesage stated the following (and I translate) : “Until now, one could say that in Canada, relations between its governments have been vertical, that is to say, federal to provincial. But I truly believe they will gradually become horizontal, province to province.”

This vision has been realized.

Nearly 40 years later, Premier Jean Charest raised the concept of creating a unique forum for Canada’s 13 provincial and territorial governments: the Council of the Federation.

A forum to promote cooperation between our governments.

A forum to build alliances on matters of common interest.

A forum through which the provinces and territories that make up this country can affirm their leadership, take their rightful place and work together on issues affecting the populations they represent.

Ontario and Québec share more than a few of those issues. We are natural allies.

Together we currently account for over 60% of the Canadian population and close to 60% of Canada’s GDP.

Central Canada is an economic force. It is a political force. And it is a force to be reckoned with for ensuring national prosperity.

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Notre alliance remonte au tout début de notre histoire. Souvenons- nous :

Baldwin – Lafontaine – en  1841, la coopération de deux réformistes modérés Louis-Hippolyte La Fontaine et Robert Baldwin, a contribué, en bonne partie, à la naissance du Canada après avoir lutté ensemble pour y  introduire le gouvernement responsable et représentatif.

Cartier – Macdonald. Leur alliance permit de jeter les bases de notre fédération, mais également de mettre en place des mesures assurant la promotion et la protection du caractère français et distinct du Québec.

Dès 1886, les premiers ministres Honoré Mercier et Oliver Mowat ont mis en place la première conférence interprovinciale à Québec.

Notre relation est devenue particulièrement féconde à partir des années 60, qui constituent une période charnière de l’histoire de nos deux États.

Le 5 juillet 1960, Jean Lesage devenait premier ministre du Québec, marquant ainsi le début de la Révolution tranquille au Québec.

One year later, John Robarts became Premier of Ontario.

At the time, Ontario was undergoing radical social change, just like Québec. In the shadow of these common challenges, our relations grew closer still.

At this historic crossroad, our two premiers rebuilt the alliance that is at the very root of the Canadian federation.  

In 1969, our relations gained a further measure of formalization. That year, recognizing that Canada’s historical and linguistic heritage was reflected in two communities, one French and the other English, and convinced that greater cooperation between the provinces was essential to the country’s vitality, the governments of Québec and Ontario signed the Agreement for Co-operation and Exchange in Educational and Cultural Matters.

Under this agreement, various cooperative mechanisms touching on language, education, culture and public administration were implemented.

This close cooperation continued, particularly under a succession of premiers:

Ontario’s Bill Davis, David Peterson and Bob Rae with Québec’s Robert Bourassa Dalton McGuinty with Jean Charest

We have already travelled a long way together and we can go further still.

***

When I took office in April 2014, I made the decision to pursue and even deepen our historic relationship with Ontario. I soon discovered a shared desire to go further on our shared journey.

I want to thank the premier for her openness and willingness to expand our dialogue in many ways.

On November 21, 2014, here in Toronto, our respective cabinets had a joint meeting and launched the bases for this renewed alliance.

As a result, four new cooperation protocols were signed:

  • Revitalization of the Trade and Cooperation Agreement between Ontario and Québec
  • Seasonal electricity supply
  • Concerted action on climate change
  • A declaration on the Francophonie

J’aimerais attirer plus particulièrement votre attention sur la lutte contre les changements climatiques.

Lors du Climate Week à New York en septembre 2014, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, déclarait : « Il n’y a pas de plan B, parce qu’il n’y a pas de planète B. »

Pour moi et bien d'autres, le progrès économique et l'emploi se conjuguent nécessairement avec développement durable, et leurs deux compagnons : la protection de l'environnement et le développement social.

Nous vivons aujourd’hui à une époque qui nous oblige à résister à un faux choix : le développement économique ou la protection de l’environnement. Cette lutte contre les changements climatiques est un défi, mais également une opportunité de développer une économie du 21e siècle. Une économie créatrice d’emplois, qui fait de l’ingéniosité et de la créativité les pierres angulaires d’un nouveau paradigme économique qui dépasse nos frontières.

La lutte contre les changements climatiques est un des plus grands défis auxquels l’humanité est confrontée. Le succès dans cette lutte exige des actions coordonnées, rapides et déterminantes de la part de tous, sans exception.

Les États fédérés, comme l’Ontario et le Québec, ont un rôle incontournable à jouer dans cette lutte, et l’efficacité de notre contribution sera décuplée si nous agissons ensemble.

À l’aube de la prochaine Conférence des Parties qui se déroulera à Paris en décembre prochain, jamais le rôle des États fédérés n’aura été aussi important pour notre avenir et celui de nos enfants.

À nous de saisir cette chance.

Parce que le prix de l’inaction sera encore plus grand. Les changements climatiques causent déjà des phénomènes météorologiques extrêmes comme des inondations ou des sécheresses. Ces situations, nous les vivons dans chaque province ou territoire du Canada et dans chaque État américain.

D’ailleurs, nous avons signé récemment avec les États du Vermont et de New York une entente qui prévoit désormais une collaboration transfrontalière accrue sur le plan de la prévention, de la prévision et de l’atténuation des impacts des inondations du bassin versant du lac Champlain et de la rivière Richelieu.

Je sais que chaque parlementaire ici présent comprend la nécessité d’agir et partage cette préoccupation. Nous l'avons constaté lors de notre récent sommet à Québec; les façons de faire diffèrent à travers le pays, chaque région devant tenir compte de sa réalité économique, géographique et politique.

What I want to emphasize here is that putting a price on carbon is a logical choice. Increasingly adopted here and abroad, it is also a choice that will yield concrete results. In Québec, GHG emission units sold through carbon market auctions will generate more than $3 billion by 2020, 100% of which will be invested through a dedicated green fund in measures to reduce emissions, accelerate the transition to a low carbon economy and better prepare Québec for the impact of climate change.

Premier Wynne’s intent to join the cap-and-trade system under the Western Climate Initiative is excellent news.  

Together with California, our association will create the largest carbon market in North America, and we will continue to build relationships with other partners. We have good reasons to hope that others will follow suit.

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Trade and the economy are also areas where cooperation between our two provinces generates promising leads.

Our combined GDP is over $1 trillion and the Québec-Ontario economic zone is the fourth-largest in North America, after California, Texas and New York.

Trade with Ontario amounts to more than 60% of Québec’s inter-provincial trade, while trade with Québec represents close to 40% of Ontario’s.  

Trade in goods and services between us amounted to over $83 billion in 2011.

Aujourd’hui, nos défis sont semblables : la nécessité de retrouver l’équilibre budgétaire, de diminuer le fardeau de la dette publique tout en créant un environnement d’affaires favorable à l’investissement, à la croissance de l’économie et à la création d’emplois.

Par ailleurs, nous annoncerons sous peu, comme nous nous y étions engagés, la conclusion d’un accord ambitieux sur les marchés publics à la mesure de ce que nous faisons avec d’autres pays du monde. Faisant suite à notre accord sur le commerce intérieur de 2009, il s'agit d'un progrès majeur, accompli au bénéfice des travailleurs et des entreprises. Une nouvelle énergie donnée à notre marche commune vers une plus grande prospérité.

Notre politique économique vise à renforcer le Québec. Quand l’économie du Québec est plus forte, c’est tout le Canada qui en profite.

When Ontario’s economy is strong, all of Canada benefits.

And when Québec and Ontario work together to forge a strong economy, when they display imagination and dare to go even further, then everything becomes possible.

Il en va de même de la place du Québec dans le Canada. Au fil des années, des ententes politiques et des décisions de la cour suprême, les contours du caractère spécifique du Québec se sont précisés :

La seule société, le seul état majoritairement francophone d’Amérique.
Sa culture unique, partout reconnue.
Un régime juridique marqué par sa tradition civiliste  et, dans les mots mêmes de la Cour Suprême, dans un jugement récent, « ses valeurs sociales distinctes ».

Cette réalité évidente, confirmée par la cour, appelle un acte de reconnaissance à la fois fort et enthousiaste. Un acte de reconnaissance envers un partenaire qui souhaite une alliance encore plus solide.

Nous avons une histoire commune et nous partageons les mêmes aspirations pour nos enfants.

Nos différences ne nous éloignent pas, elles nous avantagent et nous distinguent.

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Everything becomes possible when individual specificities are respected.

Durant les années 60, le premier ministre Jean Lesage affirmait que : « L’un des objectifs du régime confédératif est de rendre possible aux groupes le maintien et surtout le développement de leurs caractéristiques propres. »

Soon afterwards, John Robarts added: “Canada is a federal state, not a unitary state. This is a fact that cannot be overstated and should be reiterated constantly, given its profound implications. The provinces were created, and exist, in recognition of regional differences.”  

I recognize the Canada of today in the words of these two premiers.  

A Canada that progresses when its constituent states affirm their leadership.

Il est clair dans notre esprit que le Québec, comme tous les États membres de notre fédération, est libre de faire ses choix selon ses priorités.

Ce que nous rappellent les premiers ministres Jean Lesage et John Robarts, c’est que le gouvernement fédéral a non seulement la responsabilité, mais également l’obligation de tenir compte de nos caractéristiques communes et spécifiques dans l’élaboration de ses politiques.

Comme vous le savez, une campagne électorale fédérale aura lieu au cours des prochains mois. Les États qui forment ce pays ont tous des particularités dont les partis fédéraux doivent tenir compte. Et le Québec ne fait pas exception.

Comme premier ministre du Québec, et au nom de la population québécoise, je considère essentiel que les partis fédéraux nous disent clairement quels sont leurs plans pour le Québec.

Nous sommes plus de 8,2 millions de Québécois. La deuxième province la plus populeuse au pays. Une société distincte qui a quitté les estrades pour reprendre sa place, toute sa place : celle de leader au sein de la fédération canadienne qu’elle a contribué à bâtir.  

Avant de leur accorder leur confiance, les Québécoises et les Québécois sont en droit de savoir quelle sera la position de chaque parti fédéral sur plusieurs enjeux, dont certains ont fait l’objet de discussions au Conseil de la fédération :

  • Le transfert canadien en matière de santé – nous voulons que la pondération prenne en considération la démographie, au-delà d’un simple financement per capita;
  • Le financement des infrastructures publiques – 90 G$/10 ans pour le Québec seulement, 130 G $ pour l’Ontario – le fédéral doit en faire plus de façon à ce que l'ensemble des ordres de gouvernement atteignent progressivement le seuil de 5 % du PIB recommandé par l’OCDE;
  • La péréquation – le plafond doit être éliminé ou redéfini;
  • La lutte contre les changements climatiques, à la suite de notre Sommet de Québec – quels sont les plans des partis fédéraux pour soutenir les efforts des provinces et territoires ? Comment les cibles qui seront présentées à Paris intègreront elles ces efforts ? Quelle sera la répartition de ceux-ci à travers la Fédération ?

Nous rappellerons aussi que le caractère spécifique du Québec doit nécessairement être formellement reconnu. Cette reconnaissance, redisons-le,  est le reflet d'une réalité évidente qui participe à la définition même du pays.

Voilà certaines des priorités que nous soulèverons en vue des élections fédérales à venir.

Nous demanderons aux chefs des partis fédéraux de s’exprimer clairement sur chacun de ces enjeux.

Par la suite, ce sera à la population de faire son choix, considérant les réponses qu’elle aura reçues.

***

Ensemble, nous devons préparer l’avenir en poursuivant sur notre lancée.

C’est ce que nous visons et c’est ce qui nous unit.

Le monde autour de nous change, apportant son lot de défis.

Nous devons tous travailler ensemble à l’établissement d’un fédéralisme dans lequel la coopération est une valeur partagée et réelle.

We must reaffirm, as did Robarts and Lesage in the 60s, that rather than a unitary state, our country is a federation where differences are respected. This is at the very core of our collective success to date. This is what will be the backbone of our future and one of the building blocks of the prosperity we all want to leave to our children.  

This is not to deny the difficulties and disagreements that we sometimes have.  

We must rise above short-term visions because of our shared responsibility to our fellow citizens of today and tomorrow: that of giving them a more equitable world, where respect and recognition of the other are the drivers of action: A free, prosperous and just society. This is what we all stand for, this is what our predecessors fought for, and this must be our legacy to our children.

Since 1867, Québec and Ontario have contributed positively to the functioning of the federation and the growth of a shared economy.

Il importe que nous nous assurions du respect de nos champs de compétence, et que nous remettions de l'avant l'influence combinée du Québec et de l’Ontario au sein de notre fédération.

We will continue to hold constructive dialogues on the many challenges we share and the many ways forward yet to be discovered.

The government I lead firmly believes that Québec progresses when it seeks to unite rather than divide.  

When it participates rather than excluding itself.  

Above all, when it builds bridges with its partners in the federation rather than putting up walls.

La fédération canadienne est porteuse de principes de vie commune qui nous amènent vers de plus vastes horizons : un espace unique, envié partout sur la planète, de partage démocratique, économique, culturel et social. Le Québec doit rester un leader de cette fédération, un repère et un ami pour les francophones d’Amérique.

Ensemble, nous voulons promouvoir les intérêts du Québec et de l’Ontario, mais nous voulons faire plus que ça; nous souhaitons faire progresser le Canada d’une manière qui profite à tous les partenaires de la fédération, tout en réaffirmant le pacte et les alliances qui l'ont fait naître.

Particulièrement notre alliance. Celle que nous vous convions à enrichir encore davantage au profit des citoyens que nous représentons.

C’est une invitation à laquelle tous et toutes sont conviés.

Je vous remercie.
 


Online as of: May 11, 2015


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