Gouvernement du Québec

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Montréal, le 20 avril 2015 Allocution du premier ministre du Québec, Philippe Couillard, à l’occasion du diner-conférence du Conseil du patronat du Québec

The spoken version takes precedence.

Merci Monsieur Dorval, et je vous remercie pour cette invitation.

Monsieur Sam Hamad, ministre Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale,

Chers membres de la table d’honneur,

Mesdames et Messieurs,

Tout d’abord, permettez-moi de féliciter les lauréats présentés il y a quelques instants.

Chacun d’entre vous mérite pleinement cette reconnaissance de la part de vos pairs.

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Il y a quelques jours, nous avons souligné le premier anniversaire de l’élection de notre gouvernement.

Un gouvernement élu par la population québécoise pour redresser les finances publiques et relancer notre économie.

Depuis 1 an, nous avons déposé 2 budgets et une mise à jour économique avec l’objectif de créer un environnement propice et stable à la création d’emplois et à l’investissement.

Nous avons mis le cap sur la prospérité du Québec.

Nous avons récemment présenté notre Plan économique pour le Québec.
Il répond à ce que vous m’avez dit : fiscalité, main-d’œuvre, paperasse.

***

Les défis que nous avons à relever sont connus. Ils font d’ailleurs partie de vos constats. On peut notamment penser à :

  • la démographie
  • la concurrence mondiale
  • la productivité
  • la dette du Québec – les sommes investies pour payer les intérêts sur la dette
    (11 G$ / année – 30 M $ / jour)

Ce que nous avons fait depuis 1 an pour renverser la tendance :

Un soutien total à l’économie de 21 G $ depuis notre premier budget. (2e  budget – Plan économique pour le Québec)

Résultat : depuis mai 2014 – 57 000 emplois

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Mais nous devons aller encore plus loin.
 
La prospérité, ça se développe d’abord avec nos travailleurs :

Considérant les 725 000 emplois à pourvoir d’ici 2017, nous devons saisir cette une opportunité unique. Il s'agit pour nous d'un enjeu majeur, alors que notre population en âge de travailler a commencé à décroître. Plus que jamais, nous devons réunir nos forces.

Avec le ministre Hamad, nous lançons une offensive sans précédent pour une meilleure adéquation entre la formation et les besoins de vos entreprises :

  • Hausse de 1 M $ à 2 M $ de la masse salariale -  seuil d’assujettissement des entreprises à la loi du 1 % sur la formation- résultat : allégement du fardeau administratif de 8 000 PME;
  • Investissement pour permettre à la Commission des partenaires du marché du travail de répondre aux besoins de formation des entreprises;
  • Bourses d’études;
  • Favoriser un plus grand nombre de stages en milieu de travail;
  • Programme objectif emploi : favoriser une plus grande participation de la main-d’œuvre disponible au marché du travail.

L’apport des Québécois issus de l’immigration constitue un facteur clé pour soutenir le développement économique du Québec. C’est pourquoi nous allons, avec la ministre Kathleen Weil :

  • Soutenir et accélérer l’intégration des immigrants et des minorités visibles en emploi;
  • Favoriser la reconnaissance des acquis et des compétences des personnes immigrantes;
  • Favoriser l’acquisition des compétences linguistiques nécessaires à l’exercice d’une profession;
  • Favoriser la régionalisation des immigrants;
  • Programme Interconnexion de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain;
  • Présenter, dès cet automne, une politique d’immigration orientée de manière plus ciblée vers les besoins du Québec.

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La prospérité, ça se développe avec des entreprises encore plus compétitives :

  • Réduction de 8 % à 4 % du taux d’imposition des PME du secteur primaire (81 M $ à 6500 PME), après celles du secteur manufacturier;
  • Réduction graduelle du taux de cotisation au FSS de 2,7 % à 2,25 % pour 210 000 PME du secteur des services, un allègement de 522 M $ sur 5 ans; le projet de loi déposé par Sam Hamad aura pour impact, lorsqu'adopté, de réduire davantage la cotisation liée aux normes du travail;
  • Recentrage de la déduction pour petites entreprises sur les PME créatrices d’emplois;
  • Réduction graduelle pour 248 M $ du taux général d’imposition des sociétés, au niveau de l’Ontario; déjà, celui des PME manufacturières arrive à ce niveau;
  • Réduction du taux général du crédit d’impôt à l’investissement;
  • Maintien et prolongation du crédit d’impôt à l’investissement pour les régions;
  • Pour la nouvelle économie, bonification des crédits d’impôt pour la production de titres multimédias;
  • Pour la culture, majoration de plusieurs taux de crédits d’impôt, entre autres pour le cinéma francophone et le Plan culturel numérique.

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La prospérité, ça se développe en diminuant la paperasserie administrative :

À la suite de la tournée des régions du ministre délégué aux Petites et Moyennes Entreprises, à l’Allègement réglementaire et au Développement économique régional, Jean-Denis Girard, nous allons vous simplifier la vie et améliorer l’ensemble des services gouvernementaux destinés aux entreprises.

Nous mettrons à votre disposition un guichet unique, appelé Entreprises Québec.

Grâce à cet outil privilégié, vous n’aurez qu’à faire une seule démarche, alors qu’un conseiller effectuera le suivi de votre demande et assurera le lien avec les différents ministères et organismes concernés. Ces mesures devraient permettre de réduire considérablement le délai menant à la création d'une entreprise.

Ainsi, vous trouverez au même endroit des services de première ligne et des références directes et appropriées.

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La prospérité, ça se développe en soutenant l’innovation :

C’est pourquoi le ministre Jacques Daoust a lancé le programme Créativité Québec. Avec 150 M $ qui seront investis sur 3 ans, il est l'un des moyens priorisés par notre gouvernement pour créer une véritable culture de l'innovation et accroître la prospérité du Québec.

Grâce à ce programme, plus léger que les crédits R & D, nous entendons agir davantage en tant que partenaire de projets novateurs qui dynamisent et diversifient notre économie. Ce programme offrira aux entreprises du financement pour les soutenir dans leurs projets d'acquisition de nouvelles technologies et de développement ou d'amélioration de leurs produits et procédés.

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La prospérité, ça se développe en facilitant l’exportation des produits québécois et de l’expertise québécoise :

Notamment par les mesures mises en place pour offrir des déductions additionnelles pour les coûts de transport des PME manufacturières.

Par les missions économiques à l’étranger que le ministre Daoust et moi-même avons effectuées dans le but d’ouvrir des portes aux entreprises québécoises, notamment celles du milieu culturel (Chine (140), Davos, Angleterre, Pays-Bas, France (40), Belgique, Israël).

Par la promotion et la ratification de l’Accord économique commercial et global entre le Canada et l’Union européenne. Un accès à un marché de 500 millions de consommateurs pour les entreprises québécoises. On attend de cet accord une hausse des échanges et de l’investissement entre le Québec et l’Europe, notre deuxième partenaire commercial après les États-Unis. Nous attendons également de cet accord une plus grande coopération, notamment sur le plan de la recherche, ainsi qu’une mobilité accrue de la main-d’œuvre. Et si l’Europe est notre second partenaire économique, elle est aussi le premier marché international de nos créateurs.

C’est une opportunité que nous devons saisir, parce que les bénéfices mutuels que nous pouvons en tirer sont considérables.

C’est pourquoi, au cours des dernières décennies, le gouvernement du Québec a déployé une forte présence en Europe grâce à un réseau de représentation à Bruxelles, Paris, Londres, Munich, Berlin, Rome, Milan Barcelone et Stockholm.

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La prospérité, ça se développe en stimulant les investissements privés :

  • Congé fiscal bonifié pour grands projets d’investissements;
  • Stratégie d’accélération des projets d’entreprises performantes, le programme PerforME. Un fonds de 50 millions de dollars est prévu, dans le cadre de cette stratégie, pour faciliter l’accès des entreprises au capital requis pour le financement et la réalisation de leurs projets;
  • Nous avons également investi dans la capitalisation du fonds de démarrage d’entreprises Anges Québec Capital. (85 M $ total);
  • Bonification de l’appui à l’exploration minière;
  • Stratégie de développement de l’aluminium qui sera dévoilée au cours des prochains mois (1 400 entreprises qui transforment 4 000 équipementiers et fournisseurs);
  • Soutien additionnel à la vitalité économique des régions forestières avec le Fonds Valorisation Bois;
  • Nouveau plan d’action gouvernemental en économie sociale;
  • Soutien de la relève entrepreneuriale – relève – mentorat – transfert d’entreprises.

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La prospérité, ça se développe par le développement de grands projets sur notre territoire :

Au Québec, nous pouvons compter sur le fleuve Saint-Laurent.

Le Saint-Laurent est l’une des plus grandes voies navigables du monde. Il donne accès aux Grands Lacs et mène donc à l’intérieur du continent nord-américain. Depuis sa source dans les Grands Lacs, jusqu’à son embouchure au détroit de Cabot, le Saint-Laurent s’étend sur 3 200 km avec une largeur de plus de 65 km dans son estuaire. C’est un avantage indéniable pour les entreprises qui souhaitent se rendre au Canada ou aux États-Unis.

Mais pourquoi une stratégie maritime?

Parce que la mise en œuvre de l’Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne, qui entraînera, à terme, la suppression des barrières tarifaires, conduira à une intensification des échanges maritimes. Le Québec entend être l’un des principaux pôles logistiques des activités d’importation et d’exportation entre les deux continents.

L’agrandissement des écluses du canal de Panama modifiera les flux de commerce à l’avantage des ports de la côte Est.

Un jour, le passage du Nord-Ouest, qui relie l’Atlantique au Pacifique en passant entre les îles arctiques du Grand Nord canadien, raccourcira de 7 000 km la route entre l’Asie et l’Europe.

Notre Stratégie maritime s’assurera d’une chaîne logistique efficace, qui réduira les coûts en harmonisant le développement portuaire avec nos infrastructures routières et ferroviaires.

Elle prévoit ainsi un pôle logistique liant la Voie maritime, le réseau autoroutier et un nœud ferroviaire, qui créera un environnement d’affaires favorable aux investissements privés en matière d’activités liées au transport et à la logistique, ce qui devrait accroître la capacité de manutention des ports de Montréal et de Québec.

Un avantage marqué pour nos entreprises.

La Stratégie maritime est sous la responsabilité de Jean D’Amour, et sera présentée dans quelques semaines.

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Comme vous le savez, le gouvernement précédent avait rejeté l’idée de poursuivre le Plan Nord. Cet arrêt avait non seulement été catastrophique pour les centaines d’entrepreneurs que j’ai rencontrés dans toutes les régions du Québec, mais également sur le plan international.

Dans chaque mission commerciale que j’ai effectuée, des investisseurs potentiels m’ont demandé pourquoi le Québec avait cessé ce plan économique, social et de développement durable qui faisait l’envie de plusieurs.

Depuis un an, nous l’avons relancé. Nous avons rebâti les ponts brisés.
Au début avril, nous avons dévoilé le Plan Nord à l’horizon 2035 et le plan d’action 2015-2020.

Notre plan est basé sur 4 principes fondamentaux :

  1. Un projet planifié et coordonné, qui mise sur le partenariat, l’investissement du secteur privé et l’accompagnement des communautés;
  2. Une perspective de développement durable intégrant les dimensions économique, sociale et environnementale;
  3. Une intervention gouvernementale adaptée aux réalités des communautés locales et autochtones, et à l’ensemble du territoire nordique;
  4. Et un développement harmonieux, éthique et respectueux des populations autochtones et non autochtones, qui est également soucieux de l’égalité entre les femmes et les hommes.

Nous avons également annoncé :

  • La mise en valeur de l’hydroélectricité, mais également de l’énergie éolienne et de la bioénergie. Ces nouvelles sources seront mises en valeur afin de répondre aux enjeux énergétiques du Nord;
  • Le Plan Nord prévoit un mécanisme d’évaluation des impacts sur la santé;
  • Le soutien à l’exploration minière;
  • Le renouvellement du mandat de la Société d’investissement et de diversification de l’exploration (SIDEX) jusqu’en 2025, et la reconduction du programme Action-Terrain pour l’année 2015;
  • Une approche de partage des infrastructures nordiques avec les partenaires utilisateurs de ces infrastructures. Cette approche comprendra des règles et modalités de partage précises à l’égard des coûts de construction, d’entretien et d’utilisation des installations entre les divers usagers;
  • Des ententes culturelles;
  • Des investissements pour la formation de la main-d’œuvre chez les communautés autochtones;
  • Qu’en partenariat avec l’Administration régionale Kativik et la Société Makivik, le gouvernement protégera la rivière Kovik ainsi qu’une immense partie de son bassin versant;
  • La création prochaine du parc national Ulittaniujalik;
  • Que nous irons de l’avant avec la Stratégie touristique québécoise au nord du 49e parallèle;
  • La Construction de 90 logements additionnels au Nunavik;
  • Que nous consacrerons, d’ici 2035, 50 % du territoire à des fins autres qu’industrielles, de même qu’à la protection de l’environnement et à la sauvegarde de la biodiversité;
  • Et finalement, que le gouvernement soutiendra des projets d’extension du réseau de distribution du gaz naturel.

Comme vous pouvez le constater, le Plan Nord est de retour, et ce sont toutes les régions du Québec qui en bénéficieront.

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La prospérité, ça se crée en jumelant l’économie et l’environnement :

Le Québec, sous l'initiative du premier ministre Jean Charest, a décidé de mettre une valeur sur le carbone dès 2007. Mon gouvernement poursuit cette initiative et l’amène encore plus loin.  

Elle est nécessaire et incontournable.

Le marché du carbone permet d'envoyer un signal clair aux entreprises et aux consommateurs. Beaucoup mieux qu'une taxe sur le carbone.

Comme vous l’avez constaté, l’Ontario a décidé de se joindre au Québec et à la Californie.

Aujourd’hui, avec le Québec, l’Ontario et la Colombie-Britannique, plus de 70 % de la population canadienne donne très concrètement une valeur au carbone.

Cette tendance est internationale et vous le savez.

À titre de leader des États fédérés, le Québec aura sa place à la conférence de Paris en décembre.

Et nous avons de quoi être fiers.

À Davos, le Québec a été cité en exemple pour la mise en place d'un marché du carbone. J’ai eu la chance d’en discuter avec l’ancien vice-président des États-Unis, Al Gore.

Depuis le 1er janvier 2015, les distributeurs de carburants et de combustibles fossiles sont assujettis au marché du carbone.

Mon gouvernement est conscient des défis que représente cette transition vers une économie à faible intensité carbone.

Déjà, 350 millions de dollars du Fonds vert ont été déployés pour accompagner les entreprises dans leurs efforts pour réduire leur empreinte carbone. Ce soutien se poursuivra, puisque nous estimons qu’en 2020, ce sont 3 G $ qui auront été accumulés et investis.

Nous avons également tenu, à mon initiative, le Sommet de Québec sur les changements climatiques.

Ce Sommet a été un succès. Les provinces et territoires s’entendent tous pour dire que ce sujet est prioritaire.

On parle ici de notre génération et de celle de nos enfants.

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Notre objectif est clair : nous voulons redonner au Québec la liberté de ses choix.

Parce que le Québec est enchaîné.

Enchaîné, parce qu’au cours des 30 dernières années, seulement 8 budgets, avant celui déposé en mars par le ministre des Finances, étaient en équilibre.

Parce que nous payons 11 G $ par année en intérêt sur la dette. Aucune entreprise ou famille ne pourrait gérer son budget de cette manière.

Pour réinvestir dans les domaines qui nous tiennent tous à cœur comme la santé et l’éducation;

Pour remettre dans l’argent dans les poches des contribuables;

Pour réduire notre ratio dette/ PIB, il ne sera que de 45 % en 2025, alors qu'il est de 54 % aujourd'hui, le plus élevé en Amérique du Nord;

il fallait agir. Il faut continuer d’agir.

En mars, l’effort collectif pour redresser nos finances publiques nous a permis d’annoncer une réduction de  2 G $ du fardeau fiscal des familles québécoises :

  • Nous abolirons graduellement la taxe santé;
  • Le bouclier fiscal, un crédit d'impôt remboursable pour compenser une partie de la diminution de quatre transferts fiscaux engendrés par l'augmentation du revenu familial des contribuables, permettra de soutenir 400 000 ménages;

***

Nous redressons nos finances publiques.

Nous mettons en place un environnement d’affaires propice à la création d’emplois et à l’investissement.

Nous avons fait nos devoirs.

Nous livrons la marchandise, comme on dit, et on va continuer à le faire.

C’est maintenant à vous, les entrepreneurs, d'investir, de conquérir de nouveaux marchés et de créer des emplois pour les Québécois.

Depuis moins d’un an, ce sont 57 000 emplois qui ont été créés au Québec. Nous avons dépassé notre objectif pour cette première année de notre mandat.

Mais nous voulons aller encore plus loin. La balle est aussi dans votre camp.

Travaillons ensemble, car il y a encore beaucoup à faire.

Mettons ensemble le cap sur la prospérité pour le Québec.

Une prospérité qui nous donnera les moyens collectifs d’améliorer la qualité de vie de toutes les Québécoises et de tous les Québécois.

Merci.


Online as of: April 20, 2015


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