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Allocution du premier ministre du Québec, Philippe Couillard, à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, sur le thème Le Québec du 21e siècle : prospérité et modernité

The spoken version takes precedence.

Monsieur le Président et Chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc,

Chers collègues du Conseil des ministres et de l’Assemblée nationale,

Distingués invités de la table d’honneur,

Mesdames, Messieurs,

L’ancien président d’Afrique du Sud et prix Nobel de la paix, le regretté Nelson Mandela, disait que l'éducation est l'arme la plus puissante qu'on puisse utiliser pour changer le monde.

L’éducation a permis l’émancipation des peuples comme le nôtre.

Elle a permis des avancées considérables dans tous les secteurs.

Elle a permis d’améliorer notre qualité de vie.

Elle a permis de développer notre économie.

Elle permettra au Québec de continuer à briller dans un monde en changement.

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Oui, le monde se transforme, et par le fait même le Québec se transforme.

Pour nous, Québécoises et Québécois, ces changements sont une opportunité, une occasion unique de redéfinir notre modèle, de miser sur nos forces et de développer notre avantage compétitif.

Gagner les batailles de notre siècle plutôt que de refaire les combats du passé.

Orienter cette transformation, plutôt que de la subir.

***

Depuis les 50 dernières années, le Québec a développé son expertise dans de nombreux secteurs.

Aujourd’hui, nos concurrents ne sont plus qu'au Canada ou en Amérique du Nord, ils sont également en Asie, en Europe, en Amérique du Sud et en Afrique.

Le grand défi que nous devons relever ensemble, c’est celui de la productivité.

Des Québécoises et Québécois plus nombreux, mais aussi mieux formés.

Puis, pour réaliser nos rêves et notre plein potentiel, trois piliers seront au cœur de notre vision économique au cours des prochaines années et nous rendront plus productifs :

Trois piliers qui définissent la tendance mondiale dans laquelle le Québec peut, doit, et va se démarquer.

  1. L’innovation;
  2. La transition vers une économie plus sobre en carbone, car parler de changement climatique, c'est parler d'économie;
  3. L’attraction, la rétention et le développement de nos talents. 

Notre équipe et moi sommes pleinement engagés dans le développement de notre économie québécoise.

Pleinement engagés à vous soutenir pour que vous réalisiez vos ambitions.

Plus que jamais, le gouvernement du Québec vous accompagnera dans votre développement.

***

Nous pouvons encore mieux vous accompagner, parce que nous avons réussi à remettre de l’ordre dans nos finances publiques.

Parce que nous nous sommes donné la marge de manœuvre nécessaire pour réinvestir dans les secteurs qui nous tiennent à cœur : l’éducation, la santé et la réduction du fardeau fiscal des entreprises et des particuliers. Nous allons poursuivre tous ces efforts.

Je vous confirme donc aujourd’hui que le ministre des Finances présentera, la semaine prochaine, le deuxième budget équilibré de notre gouvernement.

Nous l'avons fait parce que nous le devions. Il fallait le faire, même si ce n’était pas facile. Pas pour équilibrer des chiffres. Pour leur donner un sens. Pour tous les Québécois, pour nos familles. Pour la métropole, notre capitale et les régions.

Pourquoi un budget équilibré ? Pour agir en pensant aux générations qui nous suivront.

Tout cela a été fait alors que nous avons conclu des ententes avec la fonction publique québécoise et un pacte fiscal historique avec les municipalités.

Tout ça en assurant aussi la croissance économique et la croissance de l’emploi.

En 2015, le Québec a créé plus de 48 300 emplois. Nous sommes dans la bonne direction.

En 2015, le Québec a créé près du tiers des emplois créés au Canada. De plus, le Québec a eu le 2e meilleur taux de croissance de l’emploi parmi les provinces.

D’ailleurs, les chiffres de l’emploi de ce matin confirment que le Québec est bel et bien sur la bonne voie de la croissance de l’emploi.

En 2016, nous voulons, nous devrons faire encore mieux.

***

Notre gouvernement accélérera ses efforts pour soutenir l'innovation, en maintenant les outils en place et en en ajoutant de nouveaux.

Nous allons innover :

  • Pour développer notre expertise;
  • Pour demeurer compétitif à l’échelle de la planète;
  • Pour exporter notre savoir-faire;
  • Pour attirer des investissements chez nous.

L’innovation se décline dans tous les secteurs, notamment dans le secteur manufacturier. Celui de notre siècle, très différent de ce que nous avons connu.

Et notre gouvernement a récemment soutenu des initiatives innovantes qui vont dans ce sens.

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Je pense notamment à l’investissement de 312 millions de dollars de Bridgestone pour moderniser et automatiser son usine de Joliette.

Cet investissement, Bridgestone aurait pu le faire ailleurs qu’au Québec.
 
Mais Bridgestone a choisi le Québec.

Bridgestone a choisi les 1300 travailleurs de son usine de Joliette.

Comme Pélican, un fabricant de bateaux à la fine pointe de la technologie, qui vient de choisir Valleyfield.

Autant de marques de confiance envers le Québec.

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Dans le secteur des sciences de la vie, on peut penser à Medtronic Cryocath, qui créera un centre d’excellence mondial dans le traitement par cathéters de la fibrillation auriculaire à Montréal.

Encore une fois, c’est une marque de confiance.

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Montréal est reconnue pour sa créativité et son expertise en multimédia. En production de films d’animation, pensons à l’investissement de 90 millions de dollars de l’entreprise européenne Cinesite qui créera 500 nouveaux emplois à Montréal.

Cinesite a choisi Montréal. Une autre marque de confiance.

Ces marques de confiance, elles sont envers nos gens, nos talents, notre potentiel collectif et nos atouts.

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Nous devons bâtir sur cette confiance pour aller encore plus loin.

Pour soutenir l’innovation, il faut soutenir la créativité de nos entrepreneurs.

La ministre Dominique Anglade lancera, au cours des prochaines semaines et des prochains mois, un cadre stratégique pour le développement économique du Québec, puis la Stratégie numérique et de l’innovation.

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Soyez assurés d’une chose, nous accompagnerons les entreprises d’ici qui voudront innover à tous les stades de développement de leur entreprise, et plus particulièrement à l’étape de la commercialisation et de la croissance.

J’ai récemment assisté au Gala de la jeune personnalité d’affaires Banque Nationale de la Jeune chambre de commerce de Québec.

J’y ai rencontré de jeunes gens d’affaires passionnés et impliqués dans leur milieu. C’était pour moi vraiment inspirant !

Des jeunes qui m’ont partagé leur passion et leur fierté. Cette relève déborde de confiance. Une relève inspirante et fonceuse.

Comme je leur ai dit, notre rôle c’est d’être présents pour eux. D’être présents pour vous.

C’est pourquoi, dans la prochaine politique jeunesse du gouvernement, nous ferons la promotion de la culture entrepreneuriale chez nos jeunes.

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Développer une économie plus sobre en carbone, c’est une tendance que nous observons tous à l’échelle mondiale. Au fond, quand je fais un retour sur la toute récente Conférence des premiers ministres de Vancouver, je me dis en fait que c’était davantage une conférence économique.

Comme le mentionnait récemment Mark Carney, le gouverneur de la Bank of England et président du Financial Stability Board,. « Alongside major technological, demographic and political shifts, our very world is changing. Shifts in our climate bring potentially profound implications for insurers, financial stability and the economy. »

Il ajoutait que « the combination of the weight of scientific evidence and the dynamics of the financial system mean that, in the fullness of time, climate change will threaten financial resilience and longer-term prosperity. »

Que nous dit au fond Mark Carney? C’est que la transition vers une économie plus sobre en carbone, ce n'est plus une simple question de mode. C'est maintenant un enjeu vital pour notre économie. Donc une source d'opportunités à saisir. Partout, j'ai constaté le grand potentiel de nos entreprises de technologie propre et de nos producteurs d'énergie renouvelable. De bons emplois, partout au Québec.

Notre gouvernement vous accompagnera pour cette transition vers une économie plus sobre en carbone.

Pourquoi ? Parce que cela sera un levier supplémentaire de notre prospérité.

Parce que les critères d’investissements considèrent désormais qu’une faible empreinte en carbone est un avantage compétitif important. La décision d’Amazon Web Services de s’implanter à Montréal est directement liée à la disponibilité d’une source d’énergie propre, renouvelable et carboneutre – l’hydroélectricité.

Ça aussi, c’est une autre marque de confiance.

Parce que la transition ou la substitution énergétique est plus qu’une nécessité, c’est une réalité.

Parce que le Québec est placé au bon endroit et au bon moment pour en faire un avantage compétitif.

Nous devrons saisir les occasions d’affaires qui se présentent à nous. Dans ce nouvel environnement d’affaires, le Québec peut, doit et va prospérer.

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Nous devons aller encore plus loin.

C’est pourquoi nous présenterons sous peu la nouvelle politique énergétique 2030 dans laquelle nous réitérerons bien sûr le choix de l’hydroélectricité en tant que moteur économique.

Un choix d’abord fait par les premiers ministres Adélard Godbout, Jean Lesage, René Lévesque, Robert Bourassa et Jean Charest. Je salue Éric Martel, PDG, et Michael Penner, président du CA d’Hydro-Québec qui sont avec nous aujourd’hui.

Mais la politique énergétique que nous présenterons visera aussi à augmenter l’apport des énergies renouvelables au portefeuille énergétique du Québec.

Tout le portefeuille renouvelable : un développement éolien réfléchi, dans des circonstances et avec des objectifs précis. La biomasse sous plusieurs formes, dont les biocarburants. Les matières résiduelles comme source d'énergie.

Nous misons sur toutes les forces du Québec.

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Nous  comptons poursuivre également le développement de nos infrastructures de transport collectif.

Comme vous le savez, le gouvernement a conclu une entente commerciale avec  la Caisse de dépôt et placement du Québec pour la réalisation d’un système de transport collectif électrique sur le nouveau pont Champlain.

La Caisse sera également responsable de la réalisation d’un système de transport collectif reliant le centre-ville de Montréal, l’aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau et l’Ouest-de-l’Île de Montréal. (Skytrain Vancouver)

Je salue la présence de Michael Sabia, PDG de la Caisse.

Ces deux mandats représentent ensemble des investissements de près de 5 milliards de dollars ici dans la métropole.

Nous mettons en marche notre plan d’électrification des transports et nous voulons que le gouvernement fédéral soutienne, comme promis, le développement de nos infrastructures.

***

Cette vision du développement de notre économie, elle ne peut se réaliser sans le talent de nos gens.

D’ici 2022, près de 1,4 million d’emplois seront à pourvoir sur le marché du travail du Québec, alors que la population en âge de travailler tendra à diminuer. 

Ce contexte fait émerger au Québec d’importants défis économiques et démographiques.

Ainsi, le très grand nombre d’emplois à pourvoir au cours des prochaines années fait de la réussite scolaire et de l'adéquation formation-emploi les grands défis du marché de l'emploi actuel et futur.

Les deux objectifs du gouvernement pour l’adéquation formation-emploi sont de :

  • Favoriser l’intégration en emploi d’un maximum de travailleurs, notamment des jeunes, des décrocheurs, des personnes immigrantes, des travailleurs expérimentés;
  • S’assurer que la main-d’œuvre soit qualifiée et qu’elle puisse répondre aux besoins du marché du travail.

On ne peut se permettre de perdre un seul jeune, ou une seule personne immigrante, ou une seule personne aînée en mesure de contribuer.

C’est pourquoi, lundi dernier, la ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion, Kathleen Weil, a présenté la politique québécoise en matière d’immigration, de participation et d’inclusion.

Pour nous, la diversité est une richesse inestimable et une véritable force économique.

La diversité, c’est l’ouverture sur le monde.

Et le Québec, comme partout ailleurs, doit attirer et retenir les bras et les cœurs des gens provenant des quatre coins de la planète.

Il faut donc poursuivre nos efforts afin que de nouveaux talents fassent le choix du Québec.

Nos objectifs sont simples : mieux sélectionner, mieux intégrer et mieux vivre ensemble.

Garder chez nous les travailleurs temporaires, les étudiants étrangers.

La francisation et l’adéquation entre les besoins de nos entreprises et le profil des personnes immigrantes seront au cœur de notre démarche.

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Tout comme la qualité de notre système d’éducation, à tous les niveaux, que nous allons encore mieux soutenir et en faire une priorité nationale.

Grâce à notre marge de manœuvre retrouvée, l’éducation sera en tête de liste de nos priorités, et ce, à toutes les étapes de la formation.

La créativité et la connaissance se retrouvent dans nos universités.

Nous les accompagnerons pour qu’elles demeurent compétitives et offrent un environnement qui favorise l'excellence et le développement des compétences, à l'intérieur comme à l'extérieur des campus.

Nous accompagnerons nos cégeps pour qu’ils offrent de meilleurs outils pour préparer notre relève aux études supérieures ou aux domaines de formation technique. Aussi soutenir leur contribution à l'innovation par les CCTT.

Nos écoles primaires et secondaires feront l’objet d’une attention particulière. Nous continuerons à rénover les bâtiments vétustes, tout en donnant encore plus de poids aux acteurs de la salle de classe : les enfants, les enseignants, les professionnels et les parents.

Nos institutions d’enseignement nous ont permis de réaliser nos plus grands rêves.

Je suis persuadé que nous pouvons, ensemble, bâtir un système d’éducation du 21e siècle.

C’est notre ambition. C’est mon ambition pour nos jeunes et pour tout le Québec.

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L’innovation – une économie plus sobre en carbone – le développement de notre talent – c’est ça, l’avantage Québec.

Un bel exemple de cet avantage Québec, c’est Bombardier et les avions de la Série C.

Des avions pensés et conçus au Québec. Notre savoir-faire.

Des avions qui se démarquent sur le plan de l’innovation (plus grande autonomie et 4 fois moins de bruit que les appareils concurrents).

Des avions qui réduisent la consommation de carburant. Pensons-y un instant. Soyons-en fiers : le plus important projet d'innovation au Canada est chez nous, au Québec.

Car la Série C, ce sont les avions du 21e siècle.

Notre gouvernement a investi dans notre génie québécois.

Parce que l’industrie aéronautique du Québec est aussi importante que l’industrie automobile en Ontario. Pour cette raison, le gouvernement fédéral doit aussi être au rendez-vous et soutenir, comme nous, le développement de la Série C. Sa contribution financière est essentielle.

Je le sais. Notre gouvernement le sait. Le maire de Montréal le sait.

Michel Leblanc et les membres de la Chambre de commerce du Montréal Métropolitain le savent.

Les dirigeants et membres d’Aéro Montréal le savent.

Dans ce dossier, il est essentiel que le Québec parle d'une seule voix.

Chers amis, soyez assurés que notre gouvernement sera toujours là pour préserver et faire croître notre industrie, notamment par la mise en place d’une stratégie aérospatiale.

Nous avons répondu présents pour Bombardier, nous répondrons présents pour toute notre industrie.

***

Ce talent, cette créativité et cette expertise québécoise, nous devons les exporter.

Les entreprises québécoises peuvent répondre aux besoins des clients dans le reste du Canada et partout sur la planète.

Le contexte est favorable et nous devons en profiter. À nous de saisir les occasions d’affaires. C’est ce que nous ferons ensemble.

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Notre équipe et moi sommes pleinement engagés dans le développement de notre économie québécoise.

Nous avons repris le contrôle de nos finances publiques, après un déficit appréhendé de plus de 7 milliards de dollars lors de notre arrivée.

Vous le savez, nous avons relancé le Plan Nord, démarré la première stratégie maritime du Québec, qui d’ailleurs est applaudie partout au Québec, et nous avons mis en marche un ambitieux plan d'électrification des transports et une stratégie de l’aluminium.

Nous avons également soutenu l'économie sociale.

Nous nous sommes donné une marge de manœuvre qui nous permettra de réinvestir dans les secteurs qui nous tiennent à cœur, dont l’éducation, notre grand projet commun.

L’innovation, une économie plus sobre en carbone, l’attraction, la rétention et le développement de nos talents sont au cœur de notre vision économique pour le Québec.

Le  plan de match est clair :

Mieux former.
Innover.
Tirer profit de la transition carbone.
Attirer et garder chez nous les meilleurs.

Toujours faire mieux, viser plus haut.

Permettez-moi en terminant de citer le philosophe français Condorcet : « Qu'importe que tout soit bien, pourvu que nous fassions en sorte que tout soit mieux qu'il n'était avant nous. »

J'appartiens à cette génération pour laquelle tout a été possible : la Baie-James, l’Expo 67, des infrastructures et un État modernes. Nos rêves pouvaient se réaliser. Beaucoup se sont réalisés.

Je veux que mes enfants, mes petits-enfants aussi, puissent également aller au bout de leurs rêves, faire encore mieux que nous.

Nos jeunes, notre relève, a elle aussi droit à tous les espoirs. Se donner une marge de manœuvre budgétaire, c’est d’abord et avant tout dire à notre jeunesse : «  Vous aussi vous aurez droit à ce que l’État du Québec vous accompagne dans la réalisation de vos rêves ». Pour cela, nous devons travailler ensemble.

Nous sommes et resterons votre partenaire dans la réalisation de vos ambitions.

Ensemble, misons sur nos forces. Développons notre économie. Développons notre avantage Québec.

Ensemble, bâtissons une économie moderne et prospère.


Online as of: March 11, 2016


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