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Washington, le 19 février 2016 Allocution du premier ministre du Québec, Philippe Couillard, devant les membres de la Chambre de commerce des États-Unis 

The spoken version takes precedence.

Madame Jodi Bond, vice-présidente, Americas US Chamber,
Madame Laura Dawson, directrice, Canada Institute, Wilson Center,
Monsieur Jim Prentice, ex-premier ministre de l’Alberta,
Monsieur Jean-Claude Lauzon, délégué général du Québec à New York,
Monsieur Denis Stevens, chef de mission adjoint, Ambassade du Canada,
Monsieur Frédéric Tremblay, directeur du bureau du Gouvernement du Québec à Washington

C’est un honneur pour moi d’être invité à prendre la parole devant vous, entrepreneurs et représentants d’entreprises, qui soutenez la croissance de l’économie américaine. 

Qui avez une influence sur les politiques économiques des États-Unis.

Je suis honoré d’être le premier premier ministre du Québec à prendre la parole devant vous. Je tiens à saisir cette occasion extraordinaire de souligner la relation étroite que nous entretenons depuis près de 400 ans.

Le Québec est la seule province d’Amérique du Nord majoritairement francophone. Sa langue officielle est le français, la population y est diversifiée et elle continue à cultiver et à promouvoir à la fois la valeur de son héritage nord-américain et de ses racines canadiennes d’expression francophone.

Le Québec participe à la croissance de nos économies respectives. Nous entretenons des liens solides avec de nombreux partenaires de premier plan des deux côtés de la frontière canado-américaine.

Il y a près de trente ans, le Québec s’est réjoui de l’entrée de vigueur de l’ALÉNA et l’a appuyé tout en continuant d’harmoniser les marchés nord-américains. Le Québec était un fervent partisan de cet accord; aujourd’hui, en s’inspirant de la réussite de l’ALÉNA, il continue à reconnaître les avantages du libre-échange en envisageant l’avenir en fonction du Partenariat transpacifique et de l’accord de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne.

Cet accord sera d’un intérêt certain pour les investisseurs américains. En plus de disposer d’un riche bassin de main-d’œuvre qualifiée et d’une source d’énergie fiable à faible coût, des accords de libre-échange entreront bientôt en vigueur avec tous les signataires du Partenariat transpacifique et de l’Union européenne. Par conséquent, les entreprises qui fabriquent des produits au Québec auront accès à 1,3 milliard de consommateurs sans avoir à payer des droits de douane dans un large éventail de pays qui représentent plus de 60 % du PIB mondial.

Le monde d’aujourd’hui fait face à des menaces à la sécurité, à des tensions géopolitiques ainsi qu’à des difficultés économiques. La relation entre le Canada et les États-Unis témoigne de l’amitié durable que nous entretenons en tant que voisins et de notre solide relation en tant que partenaires économiques. 

Nous sommes toujours demeurés bons amis dans les bons moments comme dans les difficiles. Nous nous sommes réjouis ensemble en temps de paix et avons partagé notre souffrance en temps de guerre.

Une amitié aussi spéciale est appelée à perdurer.

***

Le Québec partage les préoccupations des États-Unis en matière de sécurité et est conscient de la nécessité d’avoir une frontière à la fois ouverte et sécuritaire. De la coopération réglementaire à l’application intégrée de la loi transfrontalière, le Québec soutient tout effort qui simplifie la circulation libre des marchandises et des personnes tout en renforçant la sécurité collective.

Les États-Unis ont toujours été le partenaire par excellence du Québec. Au cours des onze premiers mois de l’année 2015, les échanges commerciaux se sont élevés à 85 milliards de dollars canadiens.

Dans cet esprit, certains thèmes récurrents tels que la coopération transfrontalière en matière de sécurité, de transport et d’environnement sont soulevés à la Conférence annuelle des gouverneurs de la Nouvelle-Angleterre et des premiers ministres de l’Est du Canada, à laquelle le Québec participe depuis maintenant quatre décennies.

Il était également évident, lors du Sommet des gouverneurs et des premiers ministres des Grands Lacs et du Saint-Laurent, que le Québec a eu l’honneur d’accueillir en juin dernier, que nous partageons, plus souvent que jamais, les mêmes intérêts. 

En outre, il est dans l’intérêt commun des deux provinces et des huit États situés en bordure des Grands Lacs et du fleuve Saint-Laurent de protéger l’environnement du bassin des Grands Lacs et du fleuve Saint-Laurent et de mettre au point une approche concertée pour aborder la question du transport maritime international.

De plus, la présence de longue date des bureaux du Gouvernement du Québec à New York, Washington, Los Angeles, Chicago, Boston, Atlanta et, plus récemment, Silicon Valley et Houston, indique très clairement la valeur que le Québec accorde à cette relation privilégiée avec les États-Unis.

Le bureau du Gouvernement du Québec à New York célébrera son 75e anniversaire cette année. Il s’agit de notre tout premier bureau situé à l’étranger. En 1878, le Québec a également été le premier émetteur d’obligations international de Wall Street.

Notre longue présence est un symbole fort de notre collaboration commerciale, politique et culturelle avec les États-Unis. Aujourd’hui plus que jamais, nous avons l’intention de faire évoluer ce partenariat.

En fait, on pourrait aller jusqu’à dire que le Québec est la province canadienne qui investit le plus d’énergie, de temps et de ressources afin de renforcer ses liens avec les États-Unis.

***

Hier, j’ai eu le plaisir de rencontrer le représentant américain au Commerce, Michael Froman. Aujourd’hui, j’envisage avec plaisir de discuter avec vous, avec les gouverneurs américains ainsi qu’avec tous nos amis et partenaires venus ici, à Washington, afin d’assister à la réunion hivernale de l’Association nationale des gouverneurs.

À l’heure actuelle, quelque 4 500 entreprises québécoises mènent régulièrement des activités aux États-Unis, principalement dans les États de New York, du Texas, du Vermont, de la Pennsylvanie et de l’Ohio.

Le Québec est une pépinière d’entreprises innovantes dans un grand nombre de secteurs. Mentionnons, par exemple, les logiciels d’effets spéciaux utilisés dans de nombreuses superproductions cinématographiques, ou encore Moment Factory, un nouveau studio de médias et de divertissement qui a créé des environnements multimédias pour des vedettes rock et la LNF. Et qui n’a jamais entendu parler du Cirque du Soleil? L’industrie culturelle du Québec est un secteur économique important qui présente un fort potentiel de collaboration stratégique.
 
Un grand nombre d’entreprises du Québec sont devenues des acteurs de l’économie américaine. Pour ne citer que quelques exemples, le Groupe Saputo (une entreprise laitière montréalaise) a ouvert dix usines dans neuf États; l’entreprise manufacturière CanAm fabrique des structures métalliques pour plusieurs stades de sport aux États-Unis, y compris pour le Yankee Stadium; la Caisse de dépôt et placement gère un actif total de 35 milliards de dollars aux États-Unis; GardaWorld, un chef de file mondial en solutions de sécurité, subvient aux besoins des Américains en matière de transport d’argent et de sécurité; et finalement, le CN assure le transport de marchandises par train, camion et conteneurs dans l’ensemble de l’Amérique du Nord.

En plus de créer des milliers d’emplois directs aux États-Unis, les chaînes d’approvisionnement des entreprises québécoises soutiennent aussi un réseau local de sous-traitants.

De surcroît, plus de 700 filiales américaines emploient près de 100 000 personnes au Québec. Ces entreprises ont vu tous les avantages dont ils pourraient tirer profit sur le marché local en s’établissant au Québec, notamment un environnement propice aux affaires et un capital humain créatif et unique au Québec. Une fois de plus, les accords commerciaux à l’horizon viendront bonifier ces avantages.

***

En ce qui a trait à la concurrence mondiale, le Québec estime que dans l’ensemble, l’Amérique du Nord recèle encore des sources de prospérité inexploitées.

Bien que le Québec possède une grande expertise dans de nombreux secteurs, sa contribution la plus grande à la prospérité de l’Amérique du Nord pourrait être dans le secteur de l’énergie.

Pour maintenir un avantage concurrentiel, les entreprises des deux côtés de la frontière ont besoin d’un approvisionnement en énergie stable et fiable.

Le Québec a la chance de pouvoir compter sur sa très grande capacité de production d’hydroélectricité en grande partie attribuable à M. Robert Bourassa. Ce dernier a été premier ministre du Québec durant les années 1970. Il avait compris l’immense potentiel hydroélectrique du Québec, qui possède 3 % des réserves mondiales d’eau douce.

À l’heure actuelle, le Québec est le quatrième producteur d’hydroélectricité au monde et le premier en Amérique du Nord, avec une puissance installée hydroélectrique de 36 000 MW.

Puisque l’hydroélectricité est une source d’énergie propre et fiable, elle permet au Québec d’enregistrer le niveau d’émissions de gaz à effet de serre le plus faible par habitant au Canada et lui donne la possibilité d’aider les États voisins à atteindre leurs cibles de réduction d’émissions de GES tout en diminuant leur empreinte carbonique. En ce moment, le Québec fournit environ 10 % de l’électricité consommée par la Nouvelle-Angleterre et 6 % de l’électricité consommée dans l’État de New York et pourrait en fournir encore davantage.

En 2014, les exportations d’électricité du Québec vers les États-Unis ont permis d’éviter l’émission de 6,2 millions de tonnes de CO2, ce qui équivaut à l’émission de 1,6 million de voitures.

Toute industrie qui s’établit au Québec peut compter sur de l’énergie propre et fiable à faible coût, ce qui constitue un avantage concurrentiel considérable.

En fait, Amazon Web Services a choisi Montréal pour établir son premier centre de données au Canada précisément pour qu’il ait une empreinte carbonique neutre et soit alimenté par de l’énergie hydroélectrique propre.

En raison de son énergie propre, de son climat et de sa connectivité, le Québec est l’endroit idéal pour ce type de centres de données et une panoplie d’autres entreprises de services technologiques et infonuagiques.

Ce qui rend le Québec unique est son abondance en énergie et en ressources, sur un territoire de la taille de l’Alaska, qui vont de pair avec l’un des plus hauts taux de diversification économique parmi les provinces du Canada.

Le riche milieu culturel, universitaire et scientifique du Québec en fait un centre de l’innovation favorable à la croissance des industries de haute technologie, notamment dans les secteurs de l’aérospatiale, de l’agroalimentaire, des sciences de la vie, des technologies de l’information et des communications (y compris le divertissement numérique), sans oublier la technologie verte et l’industrie forestière.

Une telle diversification aide l’économie du Québec à surmonter des conditions difficiles.

Le Québec a aussi développé un milieu très favorable aux affaires.

Toute entreprise qui vient s’y installer peut compter sur des taux de taxation concurrentiels et favorables ainsi que sur l’appui d’Investissement Québec, qui travaille à accroître l’investissement partout au Québec. 

De plus, grâce à l’excellente formation offerte au Québec, la main-d’œuvre est instruite et en mesure de s’adapter aux changements technologiques. Rappelons que le Québec est la région nord-américaine qui présente le taux de bilinguisme le plus haut, et de nombreux Québécois maîtrisent plusieurs langues.

Le Québec est une véritable réserve de créativité, notamment grâce à l’intensité de l’activité culturelle, à la concentration de chercheurs provenant de différents milieux culturels et universitaires ainsi qu’à la forte tradition d’innovation.

Montréal occupe la deuxième place en Amérique du Nord au chapitre de la concentration d’étudiants universitaires; seul Boston la surpasse.

De plus, au cours des deux dernières années, le gouvernement a travaillé à créer un environnement propice à la croissance en accordant la priorité au maintien de finances publiques saines et en exerçant un contrôle serré sur les dépenses. L’équilibre budgétaire a été atteint, et la dette publique, contrôlée.

Le Québec est parfaitement positionné pour faire face aux défis de la quatrième révolution industrielle. C’était d’ailleurs le thème principal du dernier Forum de Davos, qui se penchait spécifiquement sur les changements radicaux amenés par la technologie numérique.

Le Québec mène également des projets ambitieux de grande envergure :

Avec le Plan Nord, le Québec projette de développer son territoire nordique au moyen d’une approche intégrée et durable fondée sur l’acceptation sociale, le partenariat, le soutien de la collectivité et l’investissement privé.

Le projet est axé sur le développement planifié et intégré des mines, de l’énergie, des forêts, de l’alimentation biologique et du potentiel touristique, culturel et social de ce territoire d’une étendue de plus de 460 000 miles carrés, soit deux fois la taille du Texas.

Le territoire visé par le Plan Nord recèle un potentiel minier inexploité à ce jour et renferme notamment du lithium, du vanadium, du graphite et des éléments de terres rares. Le Québec entend tirer profit de l’exploitation de ces nouvelles ressources qui servent au développement industriel de produits de technologies de pointe et de produits liés au transport électriques. Une vingtaine de projets miniers sont d’ailleurs à diverses étapes de leur développement.

En étroite coordination avec le secteur privé, le Gouvernement du Québec investit dans les infrastructures telles que les routes, les aéroports, les chemins de fer, l’infrastructure maritime et les projets de télécommunications. D’ici 2035, plus de 50 milliards de dollars en investissements privés et publics auront été consacrés à cette priorité. 

Cette initiative arrive à un moment où le monde entier manifeste son intérêt pour le Nord et les occasions et les défis croissants qui se présentent en Arctique et dans les régions subarctiques. Le développement durable du Nord, en partenariat avec les collectivités qui y vivent, représente un défi collectif dont le Québec fait figure de leader. C’est d’ailleurs pourquoi le Plan Nord repose sur une approche fondée sur la responsabilité sociale et le partenariat.

Chacun des aspects du Plan Nord, de la mise en valeur des ressources naturelles et des collectivités à la protection de l’environnement et de la biodiversité, crée de nombreuses occasions sur les plans de la recherche et de l’innovation. Pour cette raison, il importe pour notre gouvernement de mettre l’accent sur l’importance d’encourager la coopération institutionnelle et internationale concernant le partage, la recherche et l’innovation technologique.

En plus du Nord, le Québec se concentre sur un autre de ses atouts majeurs : le fleuve Saint-Laurent.

Le Saint-Laurent est la plus grande voie navigable de l’Amérique du Nord et assure la liaison entre les ports européens et le cœur industriel du continent nord-américain.

L’entrée en vigueur de l’Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne et du Partenariat transatlantique de commerce et d'investissement entre l’Union européenne et les États-Unis permettra de stimuler le commerce transatlantique.

Par le lancement de la première Stratégie maritime de son histoire, le Gouvernement du Québec a élaboré une vision structurée et intégrée à la hauteur de l’énorme potentiel de son territoire maritime. La Stratégie maritime réunit les trois éléments qui constituent le développement durable en répondant aux préoccupations économiques, environnementales et sociales. 

D’ici 2030, la Stratégie maritime générera des milliards en retombées et mènera à la création de 30 000 emplois directs dans l’ensemble du Québec. Son premier plan d’action comprend un investissement de 2,9 milliards de dollars au cours des cinq années à venir.

Depuis le lancement officiel, en juillet dernier, 41 projets ont été mis en branle et les 95 millions de dollars investis par le gouvernement ont rapporté près de 700 millions de dollars.

Le gouvernement s’affaire à mettre sur pied des pôles logistiques qui visent à améliorer le transport multimodal entre les réseaux portuaires, aériens, routiers et ferroviaires. Plusieurs zones industrialo-portuaires sont également en cours de planification avec la collaboration de partenaires locaux afin d’aider à créer des liens complémentaires et à mettre en place une véritable synergie entre les entreprises qui s’établissent dans ces régions.

Notre gouvernement a également comme priorité de mettre en place un environnement propice au transport électrique. D’ici 2020, le Québec investira 420 millions de dollars afin d’ajouter 100 000 voitures électriques aux cinq millions de voitures qui circulent déjà sur ses routes.

Le Québec a suffisamment d’électricité pour faire rouler un million de véhicules électriques. La différence entre le prix de l’essence et de l’électricité est plus favorable aux véhicules électriques.

À la fin de l’année 2016, 800 bornes de recharge auront été installées, dont 60 seront des bornes de recharge rapide.

Le Québec offrira son soutien à divers projets afin d’attirer des acteurs internationaux du domaine des transports électriques. La position du Québec est enviable, notamment parce grâce à notre chaîne de valeur complète en matière de transport électrique, qui s’étend des mines de lithium aux matériaux légers créés par le secteur aéronautique.

Nous avons déjà des entreprises qui ont pris l’initiative de commencer à fabriquer des batteries et des composants à haute capacité, des moteurs électriques, des matériaux légers et des bornes de recharge. De plus, de petits assembleurs se spécialisent dans les wagons de métro électriques, les autobus hybrides et les véhicules électriques à basse vitesse.

Autobus Lion, une entreprise établie au Québec, est le premier fabricant d’autobus scolaires entièrement électriques de 70 passagers en Amérique du Nord. Un partenariat a été annoncé à Davos avec deux compagnies françaises, Exagon et Peugeot, afin de mener une étude sur la fabrication de composants de voitures électriques. Ce partenariat pourrait amener un constructeur automobile français à mettre sur pied une usine d’assemblage de véhicules au Québec.

Distingués invités,

Les exemples que j’ai donnés aujourd’hui illustrent seulement une infime partie du lien qui nous unit. Je ne saurais trop insister sur la valeur que nous accordons à notre relation avec les États-Unis, autant sur le plan économique, que sur le plan culturel ou encore en matière de recherche, d’innovation et d’éducation. 

Le Québec est une province propice aux affaires, et j’espère que nous continuerons à collaborer sur le plan commercial au cours des années à venir. 

Le Québec continuera à investir pour approfondir ses relations dans les domaines du commerce, de l’investissement, de la recherche et de l’innovation. 

Car aussi importants qu’aient été nos échanges, je reste persuadé que nos relations n’en sont qu’à leur début et qu’elles se développeront davantage au fil du temps. 

Merci de votre attention, et je me réjouis de prendre part aux discussions.


Online as of: Febuary 19, 2016


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