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Beijing (Chine), le 22 janvier 2018 Allocution du premier ministre du Québec, Philippe Couillard, à l’occasion du déjeuner-conférence en collaboration avec le Conseil d’affaires Canada-Chine (CACC)

The spoken version takes precedence.

C’est un plaisir pour moi d’être en votre compagnie dans le cadre de cette importante mission que nous menons en Chine.

Je veux vous remercier pour cet accueil chaleureux, mais surtout vous dire que votre présence parmi nous démontre, de manière très concrète, que nous partageons le même objectif : approfondir les relations qui unissent le Québec et la Chine.

Ce qui signifie, outre les relations commerciales, culturelles ou institutionnelles, approfondir l’amitié et la confiance qui nous rapprochent.

Parce que le Québec entretient des liens de longue date avec la Chine.

Nous sommes d’ailleurs la première province canadienne à y avoir établi une représentation officielle.

Nous avons signé de nombreuses ententes de coopération, notamment dans les domaines de l’éducation, de l’enseignement supérieur, de la science et de l’innovation, et avec le gouvernement central ainsi que celui du Shandong ou de la ville de Shanghai.

Les relations commerciales entre les entreprises québécoises et chinoises remontent plus concrètement au début des années 1960, avant même l’établissement de rapports diplomatiques entre le Canada et la Chine.

Le succès des entreprises chinoises au Québec et des entreprises québécoises en Chine n’est pas un mythe, mais une réalité.

Les exportations du Québec en Chine ont triplé en dix ans

Une vingtaine de filiales de compagnies chinoises prospèrent au Québec, particulièrement dans le domaine minier.

Le Québec bénéficie également de la présence à Montréal d’une succursale de la Banque de Chine et d’une autre de l’Industrial and Commercial Bank of China.

À l’inverse, environ 150 entreprises québécoises sont établies en Chine :

  • Bombardier Transport, la filiale ferroviaire de Bombardier Inc., très respectée et présente ici;
  • Bell Helicopter, dont les appareils fabriqués à son usine de Mirabel au Québec sont vendus ici également;
  • De nombreuses PME québécoises : Orkan, qui ouvrira son premier bureau en Chine; Soprema, qui a obtenu le contrat de l’étanchéité du toit du nouvel aéroport international de Qingdao; Bois-Francs DV, qui est très actif dans la construction verte en bois, et Vortex, dans les équipements de parcs d’amusement.

Ce qui nous unit, c’est la confiance.

La confiance que nous avons en nous, d’abord et avant tout.

La confiance que nous avons bâtie entre nous au fil des années.

Et le profond respect qui en découle.

C’est ce qui a motivé notre gouvernement à mettre en place, en 2016, un bureau du Québec à Qingdao, qui vient s’ajouter aux bureaux du Québec à Beijing et à Shanghai, accentuant ainsi la présence québécoise en sol chinois.
C’est sur cette base solide que nous continuerons à faire grandir notre relation.

Lors de ma première visite en Chine en 2014, j’ai eu la chance de présenter le Plan Nord, une stratégie de développement durable qui se déploie au nord du 49e parallèle du territoire québécois sur 1,2 million de kilomètres carrés.

Il offre de nombreuses occasions d’affaires, entre autres dans les secteurs des mines, de l’énergie, de la construction, de la logistique, du transport et du tourisme. Plusieurs entreprises chinoises y sont d’ailleurs actives.

Puisque le transport maritime chinois est d’une grande importance pour l’économie mondiale, j’avais également parlé de notre Stratégie maritime, qui fait du Québec une porte d’entrée sur les grands marchés du nord-est de l’Amérique.

Depuis, le commerce maritime a continué à se développer et la part de ce commerce provenant d’Asie a fortement augmenté.

Il importe de maintenir notre collaboration dans ces domaines.

Cependant, l’économie mondiale se transforme rapidement.

Pensons à la lutte contre les changements climatiques, à la nécessité de développer une économie sobre en carbone pour le bien-être et la santé de nos populations.

Pensons également à la place grandissante des nouvelles technologies et du numérique, à la 4e révolution industrielle, au fait que nos PME sont maintenant en compétition avec celles de partout dans le monde, à la facilité avec laquelle les gens peuvent maintenant échanger et se déplacer aux quatre coins de la planète.
Ces changements ont des impacts sur le Québec comme sur la Chine.

Dans ce contexte, le Québec est en position d’assumer un leadership.

Au cours des dernières années, notre gouvernement a fait une priorité de la saine gestion des finances publiques.

Le résultat est qu’aujourd’hui, nous avons :

  • une économie qui roule à plein régime;
  • une création d’emploi vigoureuse, particulièrement dans le secteur privé;
  • des finances publiques en ordre;
  • une dette sous contrôle.

En somme, nous avons la combinaison qui mène à un « cercle vertueux » d’investissement et de création d’emplois de qualité. Nous avons la confiance des investisseurs, des entrepreneurs, des prêteurs et des consommateurs. Voilà ce qui mène toute société au succès économique.

Nous nous sommes ainsi donné les moyens de mieux soutenir nos entreprises, nos institutions et nos organismes dans leurs projets. 

Nous nous sommes ainsi donné les moyens de mieux soutenir le talent, le savoir-faire et la créativité des Québécoises et des Québécois.
Parce qu’au-delà des matières premières, ce qui nous distingue, l’avantage compétitif principal du Québec, ce sont nos talents.

Nos institutions d’enseignement comptent parmi les plus réputées.

L’éducation est LA grande priorité du Québec et les résultats sont là, nous voulons encore aller plus loin.

Nos élèves sont parmi les meilleurs dans les comparaisons internationales (PISA), particulièrement en mathématiques et en science.

Montréal compte 11 établissements universitaires et plus de 200 000 étudiants. Notre métropole accueille, après Boston, le deuxième plus grand nombre d’étudiants universitaires.

Nos universités régionales sont également actives sur la scène internationale.

Je suis heureux de compter, dans notre délégation, des représentants de l’Université de Montréal, de l’Université de Concordia et de l’Université du Québec à Chicoutimi, au Saguenay–Lac-Saint-Jean, la région que je représente à notre Assemblée nationale.

Le Québec est un partenaire de l’innovation, une force qui est reconnue, mais qui devient de plus en plus incontournable dans un monde en constante transformation.

Au cours des 4 dernières années… 

Nous avons dévoilé une Stratégie québécoise de la recherche et de l’innovation, pour laquelle plus d’un demi-milliard de dollars seront investis au cours des cinq prochaines années. Cette stratégie permettra notamment de dynamiser le transfert et la commercialisation des innovations.

Le Québec a déjà le plus haut niveau d’investissement en recherche et développement en proportion du produit intérieur brut, soit 2,44 %, comparativement à la moyenne canadienne de 1,74 %.
Montréal est le premier pôle de recherche universitaire au Canada et premier au Canada pour le financement de la recherche universitaire.

Notre métropole a aussi le plus grand nombre de chercheurs universitaires au Canada.

Nous avons également élaboré, en collaboration avec les citoyens, les experts, les entreprises et les organismes, la première Stratégie numérique du Québec.

C’est un projet de société qui vise la cohérence de l’ensemble des actions gouvernementales afin d’accélérer l’essor, dans tous les milieux, d’une véritable culture numérique.

Cette stratégie est d’autant plus importante que le Québec est un lieu de convergence des nouveaux médias et des arts.

Centre mondial du jeu vidéo et de l’animation 3D, il a aussi développé une industrie autour du cinéma, des effets spéciaux, du multimédia, de la réalité virtuelle et de la production de spectacles.

Montréal est aussi reconnu comme un des principaux centres mondiaux en intelligence artificielle, domaine hautement stratégique pour le présent et notre avenir commun.

C’est un secteur en pleine effervescence dans notre métropole : près de 9 000 étudiants sont inscrits à un programme universitaire spécialisé en intelligence artificielle et en traitements des données.

On note une masse critique de filiales de multinationales du domaine des TIC sur le territoire québécois, comme IBM, Ericsson, SAP et Fujitsu, pour ne nommer que celles-là.
La grande entreprise québécoise CGI et des PME dynamiques œuvrent également dans ce secteur, particulièrement dans les télécommunications, la microélectronique et l’instrumentation.

La grande entreprise est attirée par l’écosystème d’innovation et de partenariats privé-public du Québec.

Par ailleurs, avec son climat frais, sa situation géographique qui le protège des catastrophes et ses sources d’énergie abondantes et abordables, le Québec constitue un endroit idéal pour l’hébergement de mégadonnées.

Son réseau électrique, le plus vaste en Amérique du Nord, est aussi l’un des plus fiables, des plus autonomes et des plus abordables au monde.

Dans le secteur de l’industrie alimentaire, le Québec offre des produits uniques, sains et de qualité.

L’originalité et l’authenticité des produits que nos agriculteurs, nos éleveurs et nos producteurs offrent sur le marché sont reconnues et déjà très appréciées des Chinois.

Nous exportons cinq fois plus de produits agroalimentaires en Chine depuis 2011.

Dans le contexte où la Chine s’est donné comme objectif d’accélérer le développement de l’industrie du sport en encourageant les investissements étrangers, notre apport en la matière est tout indiqué, plus particulièrement en ce qui concerne l’industrie du sport d’hiver.

Qu’on parle d’équipements de sport, de mode hivernale et d’accessoires, d’activités sportives ou encore de tourisme, l’expertise du Québec dans tous les aspects des activités hivernales est incontestable.

La présentation du Carnaval de l’hiver québécois en Chine ces derniers jours au « Nid d’Oiseau » nous a d’ailleurs permis d’en faire la démonstration.

De plus, il n’y a aucun doute pour nous que la culture du Québec se démarque également à travers le numérique.

Nous en faisons la démonstration actuellement au Musée d’art moderne de Shanghai, à la vitrine culturelle et numérique L’effet Québec, que je vous invite à visiter.

C’est une occasion de prendre connaissance du savoir-faire du Québec, notamment en matière de multimédia et de divertissement.

Le Cirque du Soleil a également un spectacle à Beijing et aura bientôt un théâtre permanent à Hangzhou.

En ce moment, je suis accompagné de la plus importante délégation du secteur de la culture et du divertissement ayant participé à une mission économique du Gouvernement du Québec en Chine.

Finalement, la transition vers une économie plus sobre en carbone représente pour nous un enjeu capital.

Une faible empreinte carbone est devenue un critère d’investissement, un avantage compétitif.

Rappelons-nous que le Québec est le quatrième producteur d’énergie hydroélectrique au monde et que la quasi-totalité de sa production électrique provient de sources renouvelables.

Notons au passage que la décision d’Amazon Web Services de s’implanter à Montréal est liée à la disponibilité d’une source d’énergie propre, renouvelable et carboneutre.

La mise sur pied en Chine d’un marché du carbone inspiré par celui qui nous lie à la Californie et à l’Ontario est un développement majeur.

Bientôt, 60 % du PIB mondial sera généré dans des sociétés dotées d’un tel outil.

Afin de lutter contre les changements climatiques, le Québec a également accéléré sa transition vers l’électrification des transports.

Avec une stratégie ambitieuse et des projets porteurs tels que le Réseau électrique métropolitain, dont la longueur du tracé équivaut au quatrième plus grand réseau de transport automatisé au monde, notre expertise est de plus en plus reconnue. 

Comme ici en Chine, nous avons des objectifs ambitieux en matière d’électrification des transports.

Le Québec est la seule province canadienne à s’être dotée d’une loi sur les véhicules zéro émission dotée d’objectifs précis afin de favoriser les véhicules électriques à batterie ou à hydrogène.

Des entreprises comme Enerkem, qui fabriquent des biocarburants et des produits chimiques verts à partir de déchets, sont représentatives du déploiement de l’effort consacré au développement de technologies autres que celles utilisant des sources fossiles.

Voici la démonstration que le Québec et la Chine ont beaucoup en commun et ont tout avantage à en tirer profit.

L’excellence de la relation qui s’est construite au fil des années entre le Québec et la Chine contribue à nous ouvrir des portes, ainsi qu’à celles et ceux qui nous suivront, pour développer, accroître, intensifier nos échanges et faire croître nos économies respectives.

Le Québec a fait de sa relation bilatérale avec la Chine une priorité et a la ferme intention de l’approfondir davantage.

Les prochaines années devraient en confirmer le caractère fécond.

Je vous invite enfin, toutes et tous, à profiter de ce déjeuner pour en apprendre plus sur les forces du Québec, de même que pour accroître les partenariats d’affaires et de recherche.

Mais surtout pour faire grandir l’amitié et la confiance qui nous unissent.

Xié Xié.


Online as of: January 22, 2018


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